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PROJETS LABEL
Publié le 08/06/2009.

Diptyque : 325 000 FRANCS et LA TRUITE présenté par Catherine Gandois

" JE VEUX VIVRE AUJOURD'HUI "

Introduction
“En décembre 2007, à l’occasion du centenaire de la naissance de Roger Vailland, avec ma compagnie Vertiges, j’ai proposé trois soirées à la Maison des Métallos à Paris consacrées à cet écrivain inclassable, cet homme de conviction peu orthodoxe, communiste et libertin.
Le public est venu, nombreux. J’ai senti que la ferveur de mes jeunes acteurs à dire cet auteur, que certains d’entre eux ignoraient auparavant, était partagée par les spectateurs, toutes générations confondues. à l’évidence, l’écriture élégante et cinglante de Vailland, prix Goncourt 1957 avec La Loi, est en prise avec le monde d’aujourd’hui.
 
La première soirée était consacrée, à travers ses Ecrits intimes, au personnage Vailland.
Les deux autres à la mise en espace de deux romans adaptés pour l’occasion : 325 000 Francs et La Truite.
Ce fut un  événement lumineux et très réjouissant.
Aujourd’hui, il me semble nécessaire de transformer ce ballon d’essai en un diptyque sur la réalité du monde.” 
 
Pourquoi Vailland ?
Vailland il faut le prendre en bloc. Comment cerner l’identité d’un homme qui a passé sa vie à se transformer en cherchant à transformer le monde ? Il a été acteur du Grand jeu (avec Roger Gilbert-Lecompte et René Daumal), grand reporter, journaliste à Paris soir, et écrivain engagé, tout en faisant l’éloge du cardinal de Bernis, tout en tenant un  journal intime qui ne cache rien de son libertinage et de ses désespoirs. Il a été résistant, militant, drogué, alcoolique, stalinien, il aimait les bordels et les grosses voitures de sport. C’était un homme d’excès et de rigueur. Un homme extrêmement moderne.
La force du diptyque est d’embrasser la nature multiple de Vailland, avec deux spectacles, 325 000 Francs et La Truite, dans un dispositif commun.
Le travail d’adaptation des deux romans, conduit par Didier Sauvegrain, Julien Sarfati et moi-même, a été ébauché en relation étroite avec les acteurs et le plateau où les propositions essentielles ont été validées lors du travail préparatoire et des représentations de ces journées Vailland de 2007. C’est la base de notre travail d’aujourd’hui.

325 000 Francs
C’est une tragi-comédie sociale possédant l’âpreté de Il Bidone de Fellini ou des Raisins de la colère de Steinbeck-Ford. Étrangement les dialogues résonnent fort à nos oreilles à l’heure des valeurs exaltées par le pouvoir actuel. La force de Vailland est de savoir parler de ces valeurs, sans jamais être moralisateur, à travers des situations concrètes et des êtres à la forte personnalité.
325 000 Francs c’est aussi une histoire d’amour qui sent la sueur,  la matière plastique de l’usine, le parfum fleuri de Marie-Jeanne, et le rouge à lèvres de Juliette Doucet.
On entend les dérailleurs des vélos de Busard et du Bressan et le halètement des coureurs, le chuintement de la presse à injecter, le sermon du vieux syndicaliste, le tic-tac de l’horloge de Marie-Jeanne, et les échos des pactes scellés après quelques
pichets de mâcon... Tout ce monde déborde d’envie de vivre et d’avoir sa part de
bonheur… 

La Truite
Qui est La Truite ? C’est peut-être Frédérique, jeune et belle arnaqueuse que trois amis, trois hommes profondément différents, vont tenter de posséder en mettant en avant leur réussite sociale et financière… La femme symbole du désir capitaliste. Dans la réalité, Frédérique était une prostituée que Vailland avait connue à Lyon, négociant son corps. Dans le roman, le trait constitutif du personnage de Frédérique, son bien négociable, est sa virginité. La Truite n’a pas de fin parce que la course de Frédérique n’en a pas.
La Truite est le dernier roman de Vailland. C’est une œuvre au  style foudroyant où ’écrivain, qui se met en scène, pose sur le monde réel « son regard froid de vrai libertin ».
C’est aussi la représentation lucide de l’avènement du capitalisme mondialisé et le fonctionnement des jeux de la finance. C’est encore un voyage entre Paris, Monaco et Los Angeles. L’argent passe de mains en mains, les femmes sont pathétiques ou complices de la lâcheté des hommes, La Truite reste insaisissable. Mais pour quoi faire ? 
 
Dispositif / Prix de vente
Mise en scène : Catherine Gandois / Adaptation : Didier Sauvegrain, Julien Sarfati
Scénographie : Loïc Thienot  / Mise en mouvement :  Chriss Gandois
Vidéo : Aurélia Vartanian  / Lumière : Yann Loric  / Son : Karim Berraf

Le diptyque est joué par 9 comédiens (distribution en cours).
Au commencement du diptyque, le plateau doit être nu comme la page blanche de l’écrivain, dont le personnage sera incarné  tout au long du spectacle, à la fois narrateur et acteur de ce qu’il nous invite à partager.
Progressivement, les comédiens dessineront l’espace de jeu au fur et à mesure des entrées et des interventions de leurs personnages. Une fois l’espace déterminé, même quand ils
n’interviennent pas, les acteurs resteront présents, assis sur des chaises, spectateurs de leur propre histoire. Tous les changements se font à vue. Les créateurs lumière/son et musique seront en permanence présents sur le plateau.
Pas de décor fixe mais un concept qui propose, dans une économie de moyens, aux acteurs, des outils ayant des qualités plastiques singulières, pour la plus part directement pris dans l’univers du théâtre : Perches, fly-cases, gamelles, poulies, chaises… Toutefois seule leur utilisation par les comédiens, leur pertinence au plateau et leur correspondance avec le spectacle détermineront leur présence finale.
L’univers coloré des images projetées d’Aurélia Vartanian, n’est pas là pour illustrer mais participe à la scénographie en léger décalage, et aiguillonnent l’imaginaire du spectateur…

Cette configuration légère nous permet de proposer aux théâtres de jouer  " JE VEUX VIVRE AUJOURD'HUI "en 2h45 avec 20 minutes de pause. 

1 représentation : 8 500 €
Tarifs dégressifs hors frais annexes, fiche technique et droits d’auteur.

Contact :  la compagnie VERTIGES   06 15 40 69 01
 



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conception : Emmanuel de Sabletdesign : Vattiksréalisation : ReMember Systemphoto du théâtre : Max Armengaud