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| Laurent Terzieff © Marmara/Le Figaro |
"Si le théâtre se faisait homme, écrivait le critique Pierre Marcabru, il s'appellerait Laurent Terzieff. Il en est l'esprit incarné, l'âme, ce qui est au-delà de l'apparence et de la forme." Pourtant, attablé au café de Flore devant un verre de chablis, le comédien est bel et bien là, en chair et plus encore en os, tout au plaisir de la note acidulée du vin frais. Puis, baissant sa belle tête sculptée, il regarde en lui-même afin de répondre au plus juste. Flottant dans sa chemise blanche et dans l'air lourd d'un mois de juillet à Paris, il évoque ses convictions, sa vie, son prochain rôle (à partir du 24 septembre). Celui de Philoctète, personnage souffrant de Sophocle, retracé à l'attention du siècle sous la plume du poète Jean-Pierre Siméon et mis en scène par Christian Schiaretti à l'Odéon. Rencontrer Laurent Terzieff est une expérience forte, et l'on entend battre son coeur blessé derrière la peau si fine.
Cinquante ans après Tête d'or, de Paul Claudel, vous retrouvez le théâtre de l'Odéon, dans la peau du vieux Philoctète imaginé par Sophocle. Une boucle est bouclée. Qu'attendiez-vous de la vie à 17 ans?
Un dépassement de moi-même, y compris par l'amour. Une vie abondante. D'autant plus douloureuse, d'ailleurs, qu'elle serait abondante. Une expérimentation la plus riche possible de ce que la vie peut offrir. Vivre, c'est repousser sans cesse ses limites vers un avenir qui est le sien et qui mourra avec soi. Vivre, c'est choisir dans l'ignorance. On est tout simplement ce que l'on fait.
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