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DÉCÈS
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Publié le 14/12/2010.


Henri RONSE
Le metteur en scène belge est mort à son domicile, en France, dimanche 12 décembre 2010, au matin, à l’âge de 64 ans. Ses obsèques ont eu lieu le 17 décembre au cimetière des ifs à Saran (45770)
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"La sonate des spectres" d'August Strindberg (1975 - Théâtre de l'Odéon)

"Cléopâtre captive" d'Etienne Jodelle (Festival du Marais - 1972, Théâtre de la Cité Internationale, Théâtre Oblique - 1975)

"Rodogune" de Pierre Corneille (Théâtre de l'Odéon puis Théâtre Oblique - 1975)

"Les aveugles" de Maurice Maeterlinck (Théâtre Oblique 1974/75, puis Chapelle des Brigittines à Bruxelles -1980)

"À Memphis, il y a un homme d'une force prodigieuse" de Jean Audureau (Théâtre de l'Odéon - 1981)



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Communiqué de ses proches

Henri RONSE nous a quittés le 12 décembre 2010. Metteur en scène de théâtre et d'opéra, écrivain (Miettes de mémoire, éditions du Nil), créateur du théâtre Oblique à Paris et de la Revue Obliques avec Roger Borderie, il avait fondé, il y a une dizaine d'années, la Caravane des Poètes en région Centre en compagnie de la comédienne Marie Poumarat.

C'est lui aussi qui avait initié le Salon international de l'édition - et de la revue - de poésie qui avait lieu chaque année début juin, à Nohant, dans les jardins de la maison de George Sand.

Il préparait l'ouverture de la Maison européenne de la Poésie en pays de George Sand au Prieuré du Magny, dans l'Indre, à laquelle il a consacré ses dernières forces.

« On est tous éphémères, mais je le suis un peu plus que les autres », a-t-il dit deux jours avant de mourir et c'est sans doute cette conscience-là qui lui a permis jusqu'à la dernière minute, de conduire des projets au-delà de lui-même.

Un salut final lui sera rendu vendredi 17 décembre 2010 à 14 heures au cimetière des ifs - centre funéraire de l'agglO d'Orléans - 1251, rue Pimelin à 45770 Saran.
 

Le dernier exil de Henri Ronse
Hommage de Philip Tirard sur la Libre Belgique (14/12/10)

Un grand artiste a quitté ce monde. Exilé, Henri Ronse l’était par vocation. Né en 1946 à Ostende, francophone de Flandre, il faisait partie de ces artistes belges qui cultivent un imaginaire germanique dans une forme latine. Exilé dans le temps, aussi : dandysme baudelairien, profond intérêt pour le symbolisme, esthétique baroque. Exilé de l’intérieur, il était plus moderne que les modernes, c’est-à-dire viscéralement anti-moderne.

Depuis treize ans, il vivait en France. Chez nous, on n’avait plus entendu parler de lui que dans la chronique judiciaire, au gré des rebondissements de son procès pour mauvaise utilisation des fonds publics dans la gestion du Nouveau Théâtre de Belgique. L’homme qu’une crise cardiaque a terrassé dimanche matin aimait les listes (lire ses "Miettes de mémoire" parues en 1998 chez NiL Éditions). Celle de ses mises en scène affiche près de cent entrées et donne le vertige. Sophocle, Jodelle, Corneille, Racine, Molière, Büchner, Wedekind, Strindberg, Maeterlinck, Yeats, Synge, Kafka, Crommelynck, Artaud, Beckett, Butor, Hallier, Willems, Audureau, Bernhard, Ritsos, Cavafy, Seferis, Tabori, Enquist, Noren, etc. : autant de stations d’un chemin de théâtre exemplaire mené dans une fièvre créatrice qui le prit vers 1971 et ne désarma jamais pendant plus de trois décennies.

Et on ne compte pas ses réalisations radiophoniques. Car c’est par de brillantes émissions philosophiques et littéraires pour le troisième programme de la RTB qu’il avait débuté, en 1965.

À 19 ans, il est à Paris où le producteur Alain Trutat l’a invité à mettre en ondes pour l’Atelier de Création Radiophonique à France-Culture. Roger Blin l’encourage à poursuivre dans la voie du théâtre. Il fonde avec Roger Borderie une revue littéraire prestigieuse, "Obliques", qui consacre ses numéros à Strindberg, Kafka, Sade.

Le théâtre, qu’il considère comme un art de la transe, le happe définitivement et il fonde sa propre compagnie, le Théâtre Oblique. La "Rodogune" de Pierre Corneille qu’il met en scène en 1975 fait le tour du monde : "un océan de splendeur à l’horizon duquel les reptiles du subconscient se débattent comme des noyés", écrit Michel Cournot dans "Le Monde".

L’opéra lui fait les yeux doux, tandis que Jacques Huisman l’invite à mettre en scène "Pelléas et Mélisande" de Maurice Maeterlinck au Théâtre National de Belgique (TNB).

Quatre ans plus tard, en 1980, Ronse quitte Paris et la direction artistique du Festival d’Anjou pour fonder à Bruxelles le Nouveau Théâtre de Belgique (NTB). Installé rue du Viaduc à Ixelles, il propose un abondant répertoire moderne et contemporain de haut niveau. A l’étroit dans ses murs, il investit les anciens Magasins Waucquez (futur Musée de la BD) avec un spectacle aussi inclassable qu’inoubliable, "Une musique de cuivres aux fenêtres des incurables" d’après Maeterlinck. Il monte "Le Rôdeur" d’Enzo Cormann avec Guy Pion, dans un cinéma ravagé par un incendie sur la place des Martyrs. Il rêve d’en faire une salle adaptée à ses besoins. Rêve concrétisé dix ans plus tard mais dont il ne jouira jamais : quelques semaines avant de l’inaugurer avec "L’Échange" de Paul Claudel, avec René Hainaux, Catherine Badie, Julien Roy et Marie Poumarat, Henri Ronse est mis en détention provisoire. La faillite du NTB sera prononcée peu de temps après.

Dans "Œdipe à Colone" de Sophocle, créé pour huit représentations dans la salle de bal du Casino de Spa en 1997, nous verrions volontiers son testament artistique. Recouvert de quelques tombereaux de terre, le parquet de la salle avait disparu : René Hainaux, alors âgé de 80 ans !, foulait le sol de la Grèce immémoriale pour un émouvant et fascinant voyage aux confins de l’humanité. Un acte de théâtre essentiel : tel était ce spectacle, tel fut le destin de Henri Ronse.


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