IDENTIFIEZ-VOUS :oublié ?

  
 

ACTUALITÉS DES ADHÉRENTS
TOUS LES ARTICLESIMPRIMER      Partager      J'AIME  (117 personnes aiment cet article)
Publié le 25/08/2011.

Laurent D'OLCE
répète et joue TOKYO BAR de Tennessee Williams au théâtre des Treize-vents à Montpellier du 28 septembre au 14 octobre 2011
Réagir à cet article


TOKYO BAR
de TENNESSEE WILLIAMS

adaptation française : Jean-Marie Besset
mise en scène : Gilbert Désveaux
Avec : Christine Boisson, Robert Plagnol, Laurent d’Olce, Mathieu Lee avec la participation de Farida Remadna.

DU 28 SEPTEMBRE AU 14 OCTOBRE 11

 au THÉÂTRE DE GRAMMONT

Dans un bar d’hôtel à Tokyo, Miriam tente de séduire le barman, tandis que Mark, son mari, peintre new-yorkais d'avant-garde, puise l'inspiration créatrice dans la drogue. Il dérive vers la folie et Miriam veut le réexpédier aux Etats-Unis pour le faire interner.
Pour l'aider à accomplir son dessein, elle fait venir Leonard, le marchand d'art qui a lancé Mark. Mais l'état de Mark empire, et Leonard manque de complaisance…


Un couple américain échoue dans un bar d’hôtel à Tokyo…
Attention. Ici, chaque mot compte. Échoue. C’est à dire “est échoué”, comme un bateau sur une rive inconnue après une tempête. Mais aussi “est un échec”, celui d’une vie et celui d’un amour.
Quel cadre plus approprié à cet échec, à cet exil, à cette délitescence d’un amour qu’un bar d’hôtel sur un sol étranger : lieu neutre, lieu impersonnel, comble du no man’s land à force d’être traversé par des passants indifférents, par des inconnus qui ne font que passer, et jamais par des personnes qui s’attardent.
Toute l’ambition de l’artiste Williams, en titubant et trébuchant comme l’artiste Mark dans sa pièce, c’est d’essayer de faire pousser d’humaines racines dans la dureté vernissée de ce lieu implacable.
Jean-Marie Besset

Tennessee Williams publie Tokyo Bar en 1969. C'est la première fois, à ma connaissance, qu’il se représente sous les traits d'un artiste. Alors que jusque-là ses fragiles héros étaient incapables d'explorer leurs propres failles et angoisses pour produire une oeuvre, Mark est un grand peintre reconnu. Mais c'est aussi un artiste qui a le meilleur de son oeuvre derrière lui. Comme Tennessee Williams dans les années soixante, blessé et isolé. A l’instar de Mark, Tennessee refuse d'abdiquer et garde ses dernières forces pour chercher et créer.
Et si le peintre est un miroir de l'auteur, la femme du peintre incarne la vie sentimentale de l’auteur, vorace et volage. Miriam, la femme de Mark, joue à “la roulette russe amoureuse”, comme si sa vie dépendait du succès de sa drague. Il n'y aura pas de miracle à Tokyo. Le couple infernal ne survivra pas à ce voyage au Japon. C'est dans une langue fracturée qu'essayent de communiquer, une ultime fois, les deux moitiés séparées d’un même fruit, le grand artiste et celle qui fut la femme de sa vie.
Gilbert Désveaux

adaptation française Jean-Marie Besset
assistante à la mise en scène Mama Prassinos
scénographie Annabel Vergne
costumes Annabel Vergne et Marie Delphin
lumières Martine André
images et son Serge Monségu
production Théâtre des 13 vents


© Rue du Conservatoire, 2 bis rue du conservatoire, 75009 ParisNous écrireMentions légales

conception : Emmanuel de Sabletdesign : Vattiksréalisation : ReMember Systemphoto du théâtre : Max Armengaud