LA LETTRE D'INFORMATION

S'inscrire
Voir les dernières lettres
 

CARTES BLANCHES
TOUS LES ARTICLES IMPRIMER             J'AIME  (580 personnes aiment cet article)
Publié le 24/10/2011.


Michel ARCHIMBAUD
QUESTIONNEMENTS... Malgré la technologie du XXIème siècle, l’écriture théâtrale n’a jamais été aussi vivante qu’aujourd’hui. Certains élèves du Conservatoire National Supérieur d’art dramatique me font vérifier que l’action d’écrire est la plupart du temps, nécessaire....
Vos commentaires
Réagir à cette carte blanche
Questionnements...
par Michel Archimbaud


          Malgré la technologie du XXIème siècle, l’écriture théâtrale n’a jamais été aussi vivante qu’aujourd’hui.
Certains élèves du Conservatoire National Supérieur d’art dramatique me font vérifier que l’action d’écrire est la plupart du temps, nécessaire.

Écrire sur qui ? Sur quoi ? Pour qui ? Pourquoi ?

Là, sont les vraies questions qui ne datent pas d’aujourd’hui mais il est nécessaire qu’ils puissent y répondre afin de préciser leurs actions créatives.

On a souvent parlé de la difficulté de lire chez les jeunes comédiens, cependant certains d’entre eux deviendront de véritables découvreurs de textes dramatiques. De cet intérêt à l’écriture d’un autre, à la lecture, on peut en effet constater que les jeunes comédiens intéressés par les textes auront toutes les chances un jour de s’attacher à la mise en scène…

Bien souvent les enseignants les influencent dans leur choix d’une famille littéraire théâtrale mais ces enseignants échappent-ils eux- même à l’idée des modes ? De voir ressurgir un Maeterlinck, disparaître pour un moment un Durringer, resté  encore un Koltès  et un Wajdi Mouawad  au sommet de sa popularité aujourd’hui mais pour combien de temps, nous donne à constater que la fragilité des auteurs de théâtre est beaucoup plus grande que celle des auteurs de littérature générale.

L’essentiel est la curiosité permanente dont les élèves ne doivent jamais se départir. Qu’ils soient impressionnés à leur âge, au regard d’un spectacle, d’un jeu d’acteur, d’une scénographie et bien évidemment d’une écriture, est tout à fait normal, et même fondamentale. L’identification est de tous les temps. Le plus dur est de construire son libre-arbitre.

Je pense qu’il est de notre rôle d’accompagner ces élèves, de les conseiller selon nos propres acquis, en sachant la grande difficulté de rester, pour nous « passeur », au-dessus de la mêlée, de les respecter, de voir leurs goûts naturels et  d’avoir une palette littéraire théâtrale suffisamment nourrie pour tenter de découvrir avec eux la couleur qui leur convient.

Je ne résiste pas à vous faire lire, ce qui je crois n’est pas hors de propos à ce jour, le texte que m’avait fait parvenir Roland Barthes, un jour de juillet 1975 à Urt.
 
Comme toute image animée, le spectacle est chose éphémère. Je vois, je jouis et puis c’est fini. Aucun moyen, pour la jouissance, de reprendre un spectacle : il est perdu à jamais, aura été vu pour rien, la jouissance n’entre dans aucun compte. Mais voilà que, inattendu et comme indiscret, le livre vient donner à ce rien un supplément (paradoxe : le supplément d’un rien) : celui du souvenir, de l’intelligence, du savoir, de la culture. Ce qui est demandé ici : que la masse énorme et infiniment mobile des livres consacrés au spectacle ne fasse jamais oublier la jouissance dont ils scellent la mort ; que nous lisions dans la résurrection proposée par le savoir, ce jamais plus qui fait de tout spectacle (contrairement au livre) la plus déchirante des fêtes. Roland Barthes

Michel Archimbaud
Michel Archimbaud est éditeur, enseignant, dramaturge. Il est également l’auteur d’entretiens avec le peintre Francis Bacon, le compositeur Pierre Boulez publié chez Gallimard et le metteur en scène polonais Krystian Lupa.
Outre ses activités d’éditeur (Éditions du Seuil, Belles Lettres…) et d’enseignant (CNDC d’Angers, Sciences Politiques, Universités des Arts du Spectacle de Rennes et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique), Michel Archimbaud accompagne les créateurs, metteurs en scène et chorégraphes tels Michael Lonsdale à l’Opéra de Paris, Pierre Boulez, Marie-Claude Pietragala, etc.
Il a publié des ouvrages de Didier Anzieu, Daniel Auteuil, Pierre Charras, Pierre Etaix, Brigitte Fontaine, Francis Huster, Philippe Grimbert, Denis Podalydès, François Rivière, Jean-Jacques Sempé, etc.

Réactions
  1. 25/10/2011 Je dois avouer que je ne comprends pas les propos de Mr Archimbault qui nous dit une chose et son contraire tout le long de ses "questionnements"...
    D'abord: les technologies du XXIème siècle me sembleraient plutôt faciliter l'écriture, théâtrale ou pas. En effet, le traitement de texte et internet permettent d'écrire et de corriger plus rapidement, et d'avoir accès à des encyclopédies et des dictionnaires en un clic.
    Mr Archimbault nous affirme que "ON" a beaucoup parlé de la difficulté à lire des "jeunes comédiens". Qui? Quand? Où?
    Personnellement, je suis entrée au conservatoire en venant du music-hall...c'est au conservatoire que j'ai appris à lire et à analyser des textes de théâtre. C'est au conservatoire, que j'ai lu pour la première fois (avec émerveillement) des auteurs allant de Shakespeare à Jean Marsan, pour travailler des rôles les plus variés possible...Car - oui, Mr Archimbault - nous lisons toute la pièce pour n'en travailler qu'une ou deux scènes...C'est au conservatoire que Mr Bernard Dort, et Mr Bernardy m'ont fait lire et réfléchir sur différents auteurs.Même si ces deux là n'enseignent plus, je ne vois pas où il a pris que les "jeunes comédiens" ne lisent pas !
    Après quoi Mr Archimbault nous expliquent que "certains deviendront des découvreurs de textes"... Il me semble que pour découvrir un texte, il faut...le lire.
    D'autre part, pourrait-on en finir avec ce terme de "jeune comédien?" Il y a des comédiens jeunes, et des moins jeunes. le métier de comédien est un apprentissage permanent, et on peut "se rater" dans un rôle à 20 ans comme à 80...
    Quand à la fragilité des auteurs de théâtre, je ne vois vraiment pas en quoi elle est plus grande que celle des auteurs littéraires. Elles le sont tout autant l'une que l'autre...nous vivons une époque ou l'on "zappe" plus vite que son ombre, rien n'échappe à se traitement, les auteurs de théâtre pas plus que les auteurs d'oeuvres littéraire, les acteurs, les artistes plasticiens etc.
    Quant à la curiosité indispensable à la formation des "jeunes comédiens", merci mr Archimbault pour la leçon... mais nous le savions. D'ailleurs, pour tout artiste, la curiosité, l'ouverture d'esprit sont indispensables à la souplesse de sa pratique. Et je ne pense pas, une fois encore, que les élèves des écoles d'art dramatiques manquent particulièrement de curiosité...Que les enseignants les influencent est inévitable et pas du tout malsain, toute pratique artistique commence par l'imitation.
    En conclusion, je ne vois dans ces "questionnements", ni pertinence, ni intérêt...
    Zaïra Benbadis (promo 1985) lui écrire

par Martine LOGIER,

Responsable des cartes blanches.

Lire les commentaires

Réagir à cet article
Votre adresse e-mail
(ne sera pas visible par les utilisateurs)
Commentaire
VÉRIFICATION CONTRE LE SPAM


Votre commentaire sera affiché après validation par le webmaster


© Rue du Conservatoire, 2 bis rue du conservatoire, 75009 ParisNous écrireMentions légales

conception : Emmanuel de Sabletdesign : Vattiksréalisation : ReMember Systemphoto du théâtre : Max Armengaud