Martine VANDEVILLE
LA RIMB, le destin secret d’Arthur Rimbaud, d’après le texte de Xavier GRALL, au Lucernaire, du 29 février au 21 avril 2012. TARIF à 10 euros pour les adhérents à Rue du Conservatoire. (Vidéo)
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La Cie Eclats Rémanence présente :
LA RIMB
Le destin secret d’Arthur Rimbaud
d’après le texte de Xavier GRALL
Mise en scène Jean-Noël Dahan
Jeu Martine Vandeville (promo 1978)
Scénographie / Création lumières Julien Peissel
Création sonore Jean-Marc Istria
Production Cie Eclats Rémanence,
Spectacle LABEL « Rue du Conservatoire »
Avec le soutien du Théâtre Nanterre-Amandiers, des Célestins - Théâtre de Lyon et d’ARCADI dans le cadre des Plateaux Solidaires
Théâtre du Lucernaire – Salle « Le Paradis »du 29 février au 21 avril 2012, du mardi au samedi à 19h
53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris - Tél : 01 42 22 26 50
TARIF à 10 euros pour les adhérents à Rue du Conservatoire.
(Merci d'adresser un mail à
Célestins, Théâtre de Lyon – Salle « Célestine »
du 24 avril 2012 au 5 mai 2012, du mardi au samedi à 20h30
et le dimanche à 16h30. Relâches les lundi 30 avril et mardi 1er mai.
4 rue Charles Dullin 69002 Lyon – Tél : 04.72.77.40.00
L’auteur
Né en 1930 à Landivisiau, dans le Finistère, Xavier Grall est diplômé du Centre de Formation des Journalistes. Après son service militaire, en pleine guerre d’Algérie - qui ternit à jamais l’image très haute qu’il s’était formée de la France - il rentre à Paris, devient rédacteur en chef de la Vie catholique, puis collabore aux Nouvelles littéraires, au journal Le Monde… Animé par une foi profonde et un désir de rébellion, il consacre des livres à Bernanos, Mauriac et Rimbaud, mais aussi à James Dean et à La génération du Djebel. Poète avant tout, revendiquant son identité bretonne, il quitte Paris et se retire en 1973 à Botzulan, aux environs de Pont-Aven, avec sa femme et ses cinq filles, pour se consacrer à son oeuvre, ardente, singulière et ancrée dans sa terre natale. Il meurt de maladie à Quimperlé en 1981, à l’âge de 51 ans.
Résumé
La Rimb de Xavier Grall est à l’origine une pièce radiophonique, un soliloque de Vitalie Rimbaud - la mère du poète Arthur Rimbaud, surnommée «la Rimb» par son fils.
Propriétaire terrienne, veuve, seule dans sa ferme des Ardennes autour de l’an 1900, elle revient sur sa relation à Arthur, mort depuis quelques années. Elle clame que le «vrai» Rimbaud n’est pas le «poète maudit» idolâtré par les littérateurs parisiens, mais celui qui, revenu de ses errements poétiques et adolescents, s’est enrichi en Afrique et a retrouvé la religion. Taraudée par le doute, questionnant l’effet de sa rigidité sur le destin d’Arthur, elle veut cependant, jusque dans la tombe, protéger une mémoire selon elle plus «respectable» de son fils.
Note d’intention
La Rimb fait une sorte d’O.P.A. sur la mémoire de son fils - Offre Publique d’Amour...
L’évocation des «deux Rimbaud» s’incarne dans cette pièce à travers l’ambivalence de la parole de la Rimb - aimante et tyrannique... En deçà du personnage rigide, rancunier, voué à son devoir et à la norme sociale, on discerne une femme aimante, passionnée, accessible au doute, que la vie a endurcie. C’est notamment cette dualité inhérente au personnage que nous souhaitons approfondir.
Rapidement quittée par son mari, Vitalie doit diriger seule sa famille et sa ferme à une époque de grand machisme - ce qui peut expliquer la dureté de son caractère. Le texte de Grall en dit ainsi beaucoup sur la condition des femmes, et trouve des échos dans leur difficulté actuelle à concilier vies personnelle, amoureuse, maternelle et professionnelle.
Refoulant ses illusions de jeunesse, elle a voulu s’identifier à une «figure» de propriétaire respectable et pratiquante, dont tous les espoirs ont reposé sur Arthur. On peut soupçonner que cette folie vengeresse ait pu inciter Rimbaud à la révolte poétique, mais aussi anticipé sa mort symbolique - l’arrêt de l’écriture - puis sa mort réelle - à travers la fuite dans le travail au détriment de sa santé. Défendant la mémoire du marchand et du chrétien, La Rimb doit ici affronter et dépasser la culpabilité d’avoir provoqué le destin tragique de son fils. Il fallait que la poète meurt, et donc Arthur, pour que les valeurs de la famille soient préservées...
Il n’est pas question pour nous de faire un spectacle «historique». Au-delà de l’existence réelle de Rimbaud et de sa mère, de toute la rigueur historique exigible, c’est la problématique de leur relation telle qu’elle est relatée par Grall qui attire notre attention. Cette relation traverse des réalités toujours actuelles, inactuelles, archaïques : la relation mère/fils, la condition de la femme, la guerre, l’impact de l’inconscient maternel sur le destin du fils, en l’occurrence poète, la place du poète et de la poésie dans la société... Le fait que Rimbaud soit un auteur très étudié au lycée au moins en France rend simplement ce soliloque plus savoureux, et progresse en écho de l’image que nous avons déjà de lui.
La parole de la Rimb n’est jamais strictement répétitive; elle agit plutôt suivant le principe de la «musique répétitive», par décalages progressifs et incessants. Des thèmes, des expressions sont repris, marquant le désir de Vitalie de s’imposer à elle-même un personnage qu’elle n’était pas à l’origine mais auquel elle veut s’identifier à tout prix, même au prix de la mort de son fils. Sous l’apparente logorrhée, c’est un texte à la construction fuguée, contrapuntique qui progresse finement par séquences narratives.
L’ensemble du texte nous paraît structuré autour de la confrontation de la mémoire à la culpabilité. Culpabilité que la Rimb évite (par ses silences, ses emportements...), qui la taraude (par sa sciatique aux interventions «signifiantes» - elle somatise...), qu’elle exprime de plus en plus, contre laquelle elle argumente, plaisante, et qu’elle dépasse finalement dans cette dernière image, chiffrée, ambivalente - «stabat mater» grinçant - de son union avec Rimbaud alors qu’il meurt. Il faut qu’elle enterre «le poète» honorablement et très chrétiennement - au prix de la mort de son fils - pour qu’elle puisse se réconcilier avec lui et avec «sa» mémoire. Ultime sacrifice.
La Compagnie Eclats Rémanence
La compagnie Eclats Rémanence est née à Paris en 2003 à l’initiative de Jean-Noël Dahan, à l’occasion de sa première mise en scène, un spectacle issu du texte de Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton. Subventionné par l’Université Paris Ouest, ce spectacle, abordant les rapports entre le désir et l’économie marchande, est représenté au sein de l’Université ainsi qu’aux Arènes de Nanterre. A l’occasion du Festival «Théâtrales Charles Dullin» en 2004, la compagnie s’interroge sur le devenir de l’Europe et l’inscription des nouveaux Etats membres, en montant Centre commercial de Shain Sinaria. Le mode de travail s’oriente ensuite peu à peu vers l’écriture de plateau : c’est Work in Congress (spectacle de théâtre invisible, co-produit par les Hôpitaux de Toulouse en 2004), La Rumeur (spectacle consacré au thème des rumeurs et légendes urbaines, à l’occasion du Festival «Nous n’irons pas à Avignon» de Gare-au-Théâtre en 2005) et Chute en hauteur (spectacle consacré au thème du dépassement de l’échec, et représenté à Gare-au-Théâtre et au Théâtre Nanterre-Amandiers en 2008 ainsi qu’au Théâtre de l’Opprimé en 2010). La compagnie tisse à partir de 2010 un partenariat avec le Conseil Général du Tarn. Celui-ci co-produit alors Le Cahier Vert (Maurice de Guérin) - un spectacle label «Rue du Conservatoire», représenté au Château-Musée du Cayla en 2010 et à l’Atelier du Plateau (Paris) en 2011 - ainsi que Le Centaure (Maurice de Guérin), spectacle représenté au Château-Musée du Cayla en 2011. La compagnie prépare actuellement une adaptation de La ferme des Animaux de Georges Orwell, en partenariat avec Cyril Casmèze et Jade Duviquet, acteurs-zoomorphes de la Compagnie du Singe Debout.
La Rimb s’inscrit dans la ligne artistique de la compagnie par de multiples biais. Il est l’adaptation d’un texte non-théâtral, radiophonique, fondamentalement poétique. La densité et l’intelligence propres au poème méritent d’être revendiqués sur scène. Par ailleurs, ce spectacle poursuit notre pratique de l’écriture de plateau en l’inversant : écrire
à partir d’improvisations, c’est souvent exprimer une émotion très personnelle, intime, contemporaine à travers un soliloque (même si ce n’est qu’un matériau de travail) qui prétend peu à peu à l’universel. Ce processus nous a fait redécouvrir le monologue classique et nous a donné l’envie de nous y confronter directement, forts des impulsions captées dans l’écriture de plateau.
Compagnie Eclats Rémanence
N° licence(2): 1028631
N° Siret: 484 619 572 00015
Siège: Paris 20e
Contact: Jean-Noël Dahan
06 77 11 80 02 - eclatsremanence@gmail.com
En Votre Compagnie
Contact administration: Laurence Santini
01 46 77 91 61 – 06 83 46 07 06
administration@envotrecompagnie.fr
Contact diffusion: Olivier Talpaert
06 77 32 50 50 – oliviertalpaert@envotrecompagnie.fr