H.N
ou LES ARAIGNEES NE SONT PAS NECROPHAGES
dialogues d'Emmanuel de Sablet
lus par Michel Albertini, Gabrielle Forest, Alexandre Zambeaux et Kevin Lelannier (élève en 2ème année au CNSAD)
EXTRAIT
RAPHAËL
Moi, j’veux vivre… J’veux pas passer à côté d’ma vie.
JEAN
De ta vie… De quelle vie ? Celle du commun des mortels ? Tu rêves maint’nant d’une petite vie bourgeoise, bien rangée et sans surprise ? Ce sont les courses en famille du samedi après-midi, à l’hypermarché du coin, qui t’manquent ? De quoi tu parles ? On n'fait pas marche arrière, Raphaël. Quand on a vu le loup, on sait qu’il existe ! Il faut faire avec.
RAPHAËL
Envers et contre tous, n’est-ce pas ?
JEAN
Ne crois pas ça. Nous sommes bien plus nombreux que tu n’l’imagines mais nous sommes muselés, contraints à la clandestinité. Difficile de s’reconnaître dans le brouillard de la clandestinité.
RAPHAËL
En attendant, Fiona est partie…
JEAN
Parc’qu’elle a vu l’loup justement ! Elle croit qu’le loup mange les p’tites filles mais le loup… il a peur des hommes. Et même des femmes ! Il ne chasse que pour survivre et ne s’attaque qu’aux animaux malades ou chétifs. Fiona est forte, elle ne risque rien !
RAPHAËL
Nous n’sommes pas des prédateurs.
JEAN
Nous sommes des monstres, Raphaël… Des monstres ! [...]
