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DÉCÈS
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Publié le 30/06/2014.


René JAUNEAU
Robin Renucci et toute l'équipe de l'ARIA ont le regret de nous annoncer le décès de René Jauneau. Ses obsèques auront lieu le vendredi 4 juillet 2014 à 10h30 au crématorium du Père Lachaise.
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 Instructeur de l’éducation populaire à partir de 1953, René Jauneau faisait partie des pionniers. On lui doit la création des Rencontres de Valréas, où s’est notamment formé Robin Renucci.
Il a dirigé deux maisons de la culture, à Thonon et à Reims. Fidèle intervenant aux Rencontres de l’ARIA, il aurait dû les rejoindre à Olmi-Capella cet été,

Retrouvée dans les archives de www.lestroixcoups.com cette interview de René Jauneau, il y a 5 ans.

 Rencontre avec René Jauneau

Les Trois Coups
. — Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous dire en quoi il est intimement lié à l’initiative de l’A.R.I.A. ?

René Jauneau. — Je suis un enfant de l’éducation populaire. J’étais instituteur en 1946, et on m’a proposé de faire un stage d’éducation populaire, je l’ai fait, et ça m’a emballé. J’étais instituteur, je n’avais pas de poste, et l’inspecteur d’académie nous avait dit : « Si vous faites un stage d’éducation populaire, vous aurez un poste ». C’était par hasard que j’ai découvert l’éducation populaire. Ensuite, il y avait un instructeur qui nous faisait faire du théâtre et qui m’a proposé de faire des stages avec lui. Cet instructeur d’art dramatique (qui n’était autre que Jean Rouvet (2) m’a séduit et encouragé à continuer le théâtre. J’ai été ensuite son assistant pendant quelques années, puis j’ai rejoint Hubert Gignoux (3) au Centre national dramatique de Strabourg (devenu le Théâtre national de Strasbourg), où j’ai été comédien, metteur en scène et professeur. Puis j’ai été nommé instructeur national d’art dramatique en 1953. Tout cela est dû au hasard et à ma faiblesse de caractère qui fait que je les ai suivis. La faiblesse à quelquefois du bon. Je dis ça, c’est relatif [sourires].

Toute l’année, je travaillais à Strasbourg avec Hubert Gignoux sauf les vacances scolaires. Et, pendant les vacances, j’organisais mes propres stages. J’en ai fait d’abord d’une manière itinérante, à Douviers, à Épinal… On changeait de ville chaque année. Et puis un jour j’en ai eu marre, j’ai décidé de trouver un lieu. Je suis allé voir les inspecteurs de la région, qui m’ont désigné Valréas dans la Drôme où on est resté trente ans. C’est de ma propre initiative avec l’aide de Jeunesse et Sport. Le principe de base était l’éducation populaire par le théâtre. C’était l’occasion de faire un lien formidable entre les deux. On travaillait ensemble avec, entre autres, Pierre Vial et Jean Marquis, que j’ai rencontrés lors de mon tout premier stage d’éducation populaire en 1946. Au bout de trente ans, j’ai cédé la direction des stages de réalisation théâtrale de Valréas (Les Nuits théâtrales de l’enclave) à Albert Simond (4) et je suis parti fonder d’autres choses à Villeneuve-lès-Avignon pendant quelques années.

Parmi les stagiaires de Valréas, nous avons eu Robin Renucci. Il avait 16 ans.

Les Trois Coups. — Quel était le contenu de ces stages ?

René Jauneau. — On avait des cours d’enseignement mental, des discussions et comparaisons d’articles de journaux ; on regardait comment on nous « pompait » l’esprit. Parce que l’éducation populaire, c’est rendre les gens libres. De même, on recevait des enseignements de danse folklorique, de chant choral, et de théâtre. Il y avait un mélange entre professionnels et amateurs tout comme à l’A.R.I.A. aujourd’hui.

Les Trois Coups. — Mais, au fond, l’éducation populaire, c’est quoi exactement, et comment se manifeste-t-elle ?

René Jauneau. — L’éducation populaire, c’est de rendre les gens libres, c’est de lutter contre la bêtise et contre tous ceux qui veulent se saisir de la pensée profonde de l’individu. J’englobe dans tout ça certains maîtres de conscience, certaines religions même et certains hommes politiques. Moi, je crois à l’autoéducation et à l’autoformation. Ce qui a été mon cas. Parce que j’ai fait des rencontres culturelles importantes, sur d’autres points que le théâtre notamment. Je crois beaucoup aux rencontres pour former les gens.

Et, dans cet esprit, l’A.R.I.A. est une continuité de Valréas. Mais l’A.R.I.A. propose plus de spectacles. J’ai beaucoup de respect pour cette aventure et pour celui qui l’a fondé ici en Corse, Robin.

Les Trois Coups. — Comment voyez-vous l’avenir de cette aventure ?

René Jauneau. — On a beaucoup essaimé, il y a d’autres stages, en Moselle, en Creuse notamment. Cela continue aussi à Valréas, et surtout cela continue ici. J’espère que dans tous les stagiaires d’ici il y en aura d’autres qui créeront quelque chose de similaire dans leur village. Et ils nous appelleront pour qu’on les aide. On ira leur donner un coup de main pour convaincre les élus locaux.

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Commentaire laissé le 05/12/2016 à 22:56
Bonjour Anne Angelo,
j'ai aussi dans ces années-là participé à un stage avec André Steiger, René Jauneau, Jacqueline Martin.
Étienne, c'était je pense Étienne Catalan.
Pour ma part, c'était en 1967.
Nous avons dû nous croiser...

Christian Lavarenne



Commentaire laissé le 15/10/2016 à 21:49
J'ai été une très jeune stagiaire à Valréas au milieu des années 1970 et je recherche, en vain pour l'instant, la liste des spectacles joués aux Nuits de l'Enclave, et surtout de leurs interprètes. Je me souviens d'un « Badine », d'un « Dom Juan », peut-être d'un Ruzzante... Merveilleuses mises en scène sous la nuit chaude...
Je me souviens de José Lemius, de Nicole Gros, de Prosper Diss, de Jacqueline Martin (extraordinaire professeur de danse de caractère). J'ai peur de confondre les noms, j'ai aussi des images de visages sans noms...
Je me souviens bien sûr de René Jauneau et de Danielle Gauthier, d'Étienne (mais quel était son nom?)
Je n'étais pas vraiment consciente que c'était du très important et beau et noble théâtre qui se faisait là, alors, mais l'impression ineffaçable que cela m'a laissée en est, un peu, la preuve. Théâtre populaire...
Un grand bonhomme, M. Jauneau.
Anne Angelo



Commentaire laissé le 23/09/2016 à 17:12
René Jauneau, l'un des hommes qui m'ont initié à l'éducation populaire par le théâtre, c'était à Epinal et c'était en 1960. je n'ai jamais oublié les leçons de René et Danielle.
René Gaudy



Commentaire laissé le 27/10/2015 à 18:16
Je viens d'apprendre tout à fait par hasard en voguant sur la toile la mort de René Jauneau que j'ai rencontré à plusieurs reprises et notamment au cours d'un long stage qu'il avait organisé à La Réunion puis lorsqu'il m'avait acceptée comme comédienne stagiaire au festival de Valréas. Je l'ai perdu de vue avec le tourbillon de la vie mais son sourire, sa bonté, ses coups de gueule qui n'en étaient pas vraiment, son efficacité, son goût pour la transmission et son ÉNERGIE restent définitivement gravés et m'habitent encore aujourd'hui. René, de là haut, d'où tu es... toutes mes pensées affectueuses...
Frédérique CHEYNET




Commentaire laissé le 23/04/2015 à 22:38
Je viens d'apprendre, bien tard, le décès de mon ami, René ! je l'appelle ami, j'étais un de ses stagiaires, et j'ai joué aux Nuits de l'Enclave. Robin a fait Don Juan cette année-là; Braunn nous a entrainés dans une locomotive folle, et Pastu, toujours amoureux de son Synge, en qui il voulait voir Giono, m'a fait jouer le vieux berger dans l'ombre de la ravine.
Tu nous as fait sentir comment les choses simples peuvent être révolutionnaires.... tout simplement. DO IT fais-le nous, disais-tu.... J'ai fait, puis un peu moins... avec des hauts et des bas. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui je suis triste, et de penser à Étienne encore plus ! J'aurais dû te voir plus souvent (je n'étais pas loin); j'aurais dû. Je n'ai rien lâché et comme la plupart de tes nombreux enfants du théâtre, éclairés par Robin, je continuerai et je ne suis pas le seul.
Marcel Reynier



Commentaire laissé le 30/11/2014 à 14:11
Depuis quelque temps installé à Vienne/Autriche et, venant sur votre site, j'apprends le départ de René Jauneau: une figure tutélaire, généreuse, fraternelle, qui a marqué dès les origines mon engagement dans la vie du théâtre. A Valréas en 1965, grâce à Maurice Massuelles (Dijon), avec Jacques Debary, Pierre Vial, Alain Mergnat, André Bénichou, comme mentors, j'ai eu le sentiment d'être aux meilleures sources du théâtre d'alors. Ensuite je suis rentré chez Jacques Fornier, à Beaune, nourri de l'esprit de la décentralisation. Et aujourd'hui, je mets en scène en Autriche et beaucoup en Europe. La décentralisation mène sur bien des chemins..
Un grand salut à René!
Patrick Guinand



Commentaire laissé le 11/07/2014 à 18:40
Je me souviens de mon premier rdv avec René, chez lui. Chaleureux et ferme.
Et il m'a embarquée pour trois années de suite au Festival de Valréas.
Trois étés merveilleux remplis de théâtre et d'amitié.
J'ai joué grâce à lui de très beaux rôles sous les étoiles.
Populaire, ça l'était !

Parti en tournée...René...
isabelle Hurtin



Commentaire laissé le 08/07/2014 à 10:48
En parcourant le site ici, je découvre le départ de René !!
Bien triste nouvelle ... souvenir d'un Roméo et Juliette mémorable à Valréas ... toute une bande de jeunes comédiens en devenir et lui , vieux routier devant nos conneries de jeunes acteurs ... t'embrasse là-haut René !
Jean-Bernard Feitussi



Commentaire laissé le 07/07/2014 à 15:30
En mai 1972, la toute nouvelle promotion des inspecteurs de la jeunesse et des sports (dont j'étais) a reçu, au cours de son stage de formation à l'INEP de Marly-le-Roi, René Jauneau, CTP, venu nous parler de son métier.
J'en fus éblouie et je me souviens d'avoir pensé : « je ne me suis pas trompée : c'est bien dans la «maison» jeunesse et sports que je voulais travailler, dans la démarche de l'éducation populaire.» 40 ans plus tard, je suis sûre que le ministère l'a oubliée, comme il a fait mourir les stages de réalisation dont René fut un artisan hors pair.
Je me le rappelle aussi, venu me voir avec Robin Renucci (en 1996 ou 97) avec le projet de mener des stages en Haute-Corse dans cet esprit de l'éducation populaire. Je les ai vus tous les deux dans la «pianura» et au «collège» à Olmi-Capella, dans la magie de la nuit corse.
J'avais le projet, avec le comité d'histoire du MJS, de recueillir son témoignage... et nous avons trop tardé. Il reste les actes du colloque tenu en Avignon en 1996 pour le 50ème anniversaire du festival au cours duquel René est intervenu...
René : il y a encore des fous pour se souvenir des stages de réalisation et de l'éducation populaire. On ne peut pas t'oublier !
Denise Barriolade.



Commentaire laissé le 05/07/2014 à 14:12
René a beaucoup essaimé. Et aimé.
Le Théâtre du Rond Point à Valréas en est l'évident témoignage.
Nous sommes orphelins, aujourd'hui de celui qui nous a mis au monde, en nous transmettant bien plus que la passion du théâtre. Une manière de travailler en artisan amoureux du travail bien fait, du respect du public, une manière de travailler en équipe, en famille, une manière d'être.
Albert s'en est allé. Aujourd'hui, c'est René qui quitte la scène.
Et pourtant il ne se passe pas une journée dans la ruche du théâtre sans que l'un ou l'autre ne soit évoqué.
Ce que René nous a enseigné, ce qu'Albert nous a transmis, ce que nous passons à notre tour aux plus jeunes, ces belles valeurs humanistes qui nous sont chères, sont les braises d'un foyer allumé il y a cinquante ans et sur lesquelles nous n'aurons de cesse de souffler.
Merci à lui. Merci à tous.
Monique Ben Simond




Commentaire laissé le 04/07/2014 à 23:30
J'ai eu la chance de travailler avec René Jauneau, lors de son festival. Il y régnait une convivialité et une chaleur qui restent encore dans ma mémoire. Il nous réunissait autour d'une passion commune, le théâtre et les amitiés nouées, au cours de ce festival et ces rencontres restent à jamais gravées.
Merci à René et merci à Robin de continuer cet état d'esprit!
Je ne pourrai pas être des vôtres, vendredi, physiquement, mais en pensée très certainement!!
Je vous embrasse ainsi que la famille de René.
Sophie Fontaine



Commentaire laissé le 04/07/2014 à 14:04
En réunion de bénévoles au Festival des Nuits de l'Enclave,je viens d'apprendre le décès de celui qui en était le moteur ...Bien sûr, dans cet interview il place Valréas dans la Drôme alors que le nom même de « son » festival souligne l'appartenance de Valréas au Vaucluse....
Bien sûr, il est parti pour Villeneuve et ce fût une épreuve pour Valréas mais ,oui, René Jauneau nous a fait vivre une aventure magnifique ! MERCI !
à la toute nouvelle équipe (3ème année) de lui rendre hommage pour la 49ème édition qui débute mardi .
Pour ta dernière scène, René, ultimes BRAVO ...
Anne-Marie Coste
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