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Publié le 21/01/2016.


LE TUMULTE NOIR - JOSÉPHINE BAKER, présenté par Jade Herbulot
Du 12 au 14 février 2016, au Hall de la Chanson, reprise de cette pétulante conférence chantée, LABEL qui a fait un tabac le 2 octobre dernier
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vendredi 12 février à 20h30
samedi 13 février à 20h30
dimanche 14 février à 16h30
Au Hall de la chanson – Laboratoire du patrimoine


TUMULTE NOIR – Joséphine Baker

Jade Herbulot fait sa conférence

Piano/arrangements Grégoire Letouvet
Mise en scène Serge Hureau & Olivier Hussenet


Dans la famille des emplois du Café-concert et du Music-Hall, je demande le n°2 : la Chanteuse exotique !

 

Jade Herbulot (promo 2014), comédienne, metteur-en-scène, chargée de cours à l'université, vient au Hall de la chanson donner une conférence-spectacle sur la grande vedette des années 1920, à l’occasion des 90 ans de la Revue nègre au Théâtre des Champs Elysées (le 2 octobre 1925). Mais la conférencière et son sujet étant hors-normes, gageons que le moment sera inoubliable.

Joséphine Baker débarque à Paris en 1925, elle est l’une des danseuses du très ordonné corps de ballet de la Revue Nègre. Mais à l’avant-première, le tout-Paris s’émeut de ce spectacle réglé, si peu conforme aux représentations que les Parisiens ont des « noirs ». Alors Joséphine Baker se laisse convaincre d’apparaître nue (avec juste quelques plumes : la célèbre ceinture de bananes ne sera conçue qu’en 1926) dans un duo dansé tranchant sur le reste du spectacle : la danse sauvage, plus en accord avec les préjugés coloniaux et raciaux français (en 1931 aura lieu la dernière Exposition Coloniale…).

L’avant-garde artistique comme le grand public s’enflamme pour Joséphine Baker, qui devient en quelques mois la coqueluche de Paris. Devenue citoyenne française par son mariage en 1937, elle s’engage dans la Résistance et la France Libre – à ce titre, elle fit partie, en 2015, des candidates au Panthéon.


Extrait du texte de Yann Apperry

[…] sur le plateau sombre, Jade Herbulot invoque Josephine Baker – Banda, Pain, Gagnin Loa, Gran Maitre, Massissi, Wanga, Ogoun, Erzulie – grâce à une litanie vaudou, apocryphe bien sûr, tout comme était créée de toutes pièces l’authenticité sauvage, sexuellement débridée de la danseuse au chapelet de bananes, un fantasme, oui, pour remplir les caisses du théâtre des Champs-Elysées, mais une image aussitôt récupérée, affirmée par son interprète, et retournée en arme de guerre. Et voilà que flottent, sous les cintres, les premières plumes d’autruche, immatérielles, et qu’une coupe noire, à la garçonne, fait comme une entaille dans l’espace ; elle paraît, et son incantatrice l’interroge, mais on ne sait plus, tout de suite, qui parle et qui répond, et qui se tait, et qui chante. Ce que l’on pressent, c’est qu’il est encore question de bestialité et de bêtes : on veut faire de moi un animal, qu’à cela ne tienne ! Et la métisse de Saint Louis, métisse d’origines, métisses en ses amours, à moins que déjà ce ne soit Jade Herbulot, attrape le taureau blanc et cousu d’or par les cornes.
Yann Apperry
Auteur en résidence au Hall de la chanson en 2015
Avec le soutien de la Région Ile de France

 
Renseignements :
01 53 72 43 01

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