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Publié le 24/12/2017.


Pierre Debauche
Pierre fit de nous des acteurs et des êtres humains, Notre émotion est immense et nous vous suggérons de nous faire part de vos réactions et témoignages sur info@rueduconservatoire.fr ou sur le réseau social Facebook rue du conservatoire afin de lui rendre l'hommage qu'il mérite.
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Voici quelques documents aussi émouvants qu'édifiants. Reconnaissance à celles et ceux qui nous les ont transmis.

Les débuts du Théâtre des Amandiers à Nanterre, avec Pierre Debauche

Les Francophonies en Limousin

Colloque Culture et Démocratie - Pierre Debauche - MCH

Pierre Debauche, le pélerin du théâtre, est mort


J’avais le désir de partager cette photo de Pierre en René Descartes dans la pièce "Le Sourire d'Averroès » où il cotoyait Socrate et Averroès ainsi qu’une petite fille accompagnée d’un âne très intelligent. Les ânes ont toujours eu une grande place dans son imaginaire.  Ce spectacle a tourné au Maroc, en Tunisie, en Belgique et en France avec des acteurs de ces pays qui intervenaient au milieu du spectacle. C’était extraordinaire d’émotions et d’intelligence!
Sylvie Thienot

La photo est de Pierre Ferry


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Commentaire laissé le 27/12/2017 à 22:24
C'était un bonheur de travailler avec lui !
Un homme hors du commun !

Brigitte Dunski



Commentaire laissé le 27/12/2017 à 22:22
Pierre Debauche n'est pas doué pour la mort. Elle ne lui va pas bien.
Disons même qu'il y a incompatibilité entre la mort et lui. Parce que Pierre était un vivant comme on n'en fait plus.
Il avait toujours 10 000 histoires mais des histoires édifiantes éclairantes morales. J'aurais dû tout enregistrer. C'était une mitraillette à mots, il pensait si vite que sa bouche avait du mal à suivre.
C'était un immense philosophe pragmatique , il faisait , il entreprenait, il était toujours en route, il était insatiable, et il aimait les gens , fondamentalement, alors les autorités se méfiaient de lui, il avait provoqué le ministère de la culture en duel : il figurait sur les listes noires.
Il n'était d'aucune mode, indépendant, adolescent aux 1000 poésies , il composait des chansons, excessif Indomptable , insupportable, l'inimitié des médiocres ne lui faisait pas peur.
En résumé , pas doué pour la mort .

Jacques Lvchine



Commentaire laissé le 26/12/2017 à 22:25
Mon anecdote est un souvenir intense. En tout cas pour moi.

Je préparais mon concert « Concerto pour Rap en solo » un répertoire piano-Voix De Rap dont la direction scénique était assurée par mon ami, mon complice mon frère François Kergourlay.

Tout était prêt pour la première aux Sentiers des Halles… Hormis ma tenue, mon look, mon costume de scène.

J’angoissais.

Kergourlay décide de me proposer d’aller aux Puces de Clignancourt.

Arrivée à côté de cette vieille friperie que vous connaissez tous. Qui voit-on? Pierre Debauche et une amie complice. Comme moi, IL cherchait son costume de scène, car il préparait un concert-cabaret. A l’époque, j’avais trouvé ça GENIAL, tellement IN et JEUNE. Audacieux.

C'était en 2007.

Ce qu’il me dit, convaincu : « la première chose que l’on doit trouver ce sont NOS CHAUSSURES ». J’étais bien d’accord avec lui.

Cela m’a aidée et rassurée.

Nous voilà à 40 ans de différence d’âge à chercher nos pompes. C’était hilarant, mais nous prenions les choses à coeur. Nos passions s’entremêlaient.

Puis, nous avons bu un café et discuté théâtre. Parler. Il a alors sorti un nez de clown pour m’amuser. Et j’ai explosé de rire. Il m’avait débloquée quelque part.

Cette dérision… Cette simplicité. Cette humilité.

Nous nous en sommes allés ensuite chacun cherchant les dernières trouvailles et libertés pour notre tour de chant.

De mon côté , j’ai pu ce jour-là me construire ce look que j’adore pour mon concert et suis rentrée habillée en costume de scène dans le XVIII sème où tout le monde me faisait classe ou OK. Et les voitures klaxonnaient. J’avais trouvé.

Je sais que François avait beaucoup de grands souvenirs de travail avec lui.

Moi j’ai eu celui-ci, intergenérationnel, atemporel, de clown à clown , de chanteur à chanteuse…

Désespérément et passionnément pour l’Art de la scène.

Sylvie Laporte



Commentaire laissé le 26/12/2017 à 15:21
Qui sait pourquoi on est choisie? Il m'avait vue dans un travail de Pierre Vial (alors mon professeur) sur "les paravents"de Genet... je jouais un soldat, un rôle muet je crois... Et j'ai eu le bonheur de jouer Blanche dans Mariage blanc de Tadeusz Rozewicz, avec Daniel Znyck, Hélène Lapiower... Voilà qu'il les a rejoints. J'aimerais tant le croire. Il ne se privait jamais de dessert... il aimait que les acteurs soient heureux... il avait des tortues d'eaux dans sa baignoire...on a chanté du Boby Lapointe à l'inauguration du CDN de Limoges... Un jour, bien plus tard, nous nous sommes croisés dans un train. J'accompagnais mon amoureux, sur un tournage, ils se connaissaient de Nanterre, il y avait tant d'épisodes, tant de richesse dans sa vie, avec cette manie de transmettre qui nous a tant comblés, les uns et les autres... quand je croisais un acteur qui l'avait eu comme professeur au conservatoire ou à Agen, en évoquant Debauche, une flamme: le bonheur, la reconnaissance se lisait toujours dans ses yeux. Oui, il y avait des théories, des discours, des références, une culture immense... mais le plaisir de jouer, c'est ce qu'il nous apprenait en un clin d'oeil.
Pierre, j'avais un peu peur de toi depuis ma planète "jeune-fille"... tu avais beau dire que tu étais une lesbienne belge... tu m'impressionnais et tu es resté "un personnage" à mes yeux. Les personnages ne meurent pas pour de vrai, il deviennent des légendes parfois. J'espère que tu avais fini ou commencé quelque chose... Tous tes élèves chercheront la suite de l'histoire... une histoire sans queue ni tête avec beaucoup de dubble tecks.

Odile Roire



Commentaire laissé le 24/12/2017 à 19:26
Hommage à Pierre Debauche
Par François Kergourlay

Pierre Debauche a joué un rôle déterminant dans mes choix professionnels. Je n’ai pas dix-huit ans lorsque j’assiste à une répétition de Arturo Ui, à Rennes, qui me déclenche dans ma décision de faire de la mise en scène. Je tente le concours du conservatoire de Paris avec la ferme intention d’entrer dans sa classe. Je suis reçu mais il ne revient pas y enseigner après l’année sabbatique qu’il venait pourtant de prendre. C’est une déception. Mes trois années de formation passées au conservatoire me laissent néanmoins le souvenir d’un bonheur extraordinaire, plein, entier.
A la fin du dernier cours de ma troisième et ultime année, Monsieur Pierre Debauche lui-même entre dans notre classe. Je crois être victime d’une hallucination. Je l’aperçois et je constate que c’est bien lui, qu’il est bien là, et j’en tremble. Nous sommes salle Jouvet. Il s’adresse à Richard Fontana, qui nous faisait cours. Je n’entends pas ce qu’ils se disent, ils sont trop loin, près de la porte d’entrée. Je suis à l’autre bout de la salle. Je les épie. J’essaie de savoir ce qu’ils se disent. Ils parlent. Brutalement, ensemble, en chœur, de concert, de conserve, comme mus par une mécanique parfaitement huilée, ils se tournent vers moi et me regardent. Ils échangent un regard, puis, lentement, Richard tend vers moi un doigt droit et impératif au bout d’un bras également droit et non moins impératif. Pierre Debauche, qui semble avoir compris l’indication (Ah bon ?) le remercie et se dirige vers moi. Mon idole, mon Dieu, mon Ineffable s’approche. Il approche, ce géant, ce tant espéré, ce « devant qui tout mot est inutile », il approche. Les murs s’éloignent, le monde s’évanouit, le reste est silence. Je n’entends plus rien des conversations de mes camarades qui se préparent à quitter la salle. Le réalisateur déclenche le ralenti, nous sommes dans un Dreyer, un Murnau, un Frères Taviani. Le temps est suspendu.
« François Kergourlay ? »
« Heu…oui. »
« On va prendre un café ? »
« Heu…oui. »
Je sortais du conservatoire où j’avais été si heureux et j’allais être encore plus heureux : Pierre me proposait Pyrrhus. Début des répétitions début août, avec, à la clef, un an de travail au sein du Centre Dramatique National du Limousin, région de France impériale car, entre autres, toute récente terre d’accueil des langues françaises du monde entier.
Directeur du théâtre Firmin Gémier à Antony, j’y ai accueilli mon maître et le Théâtre du Jour à plusieurs reprises. Je lui suis redevable de mon sentiment qu’au théâtre, la poésie dirige tout. Plus tard, j’ai compris qu’il nous fallait rester obsédés par la question de la beauté, que ce soit au niveau du jeu, de la mise en scène et de tout ce qui participe à l’élaboration d’un spectacle de théâtre.
Et puis, au-delà de cette question fondamentale, j’ai finalement compris que Pierre Debauche ne parlait, en fait, que d’amour. Au début, je l’ai compris sans le comprendre, puis je l’ai oublié, et aujourd’hui, je le sais enfin, à nouveau.
Merci, Pierre Debauche, avec amour.
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