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Publié le 28/12/2017.


AUTO-ACCUSATION
Du 17 au 27 janvier 2018 à 20h30 Théâtre-Studio d'Alfortville Tarif adhérent ou ami de Rue du Conservatoire: 10€
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           AUTO-ACCUSATION 
Production Compagnie PROCESSES, avec les soutiens du Shakiraï et de Curry VavartLa Girandole, Le Carreau du Temple
La Nef-Manufacture d’utopies 
et Lilas-en-scène
Création La Loge 2015-2016

Labellisé « Rue du Conservatoire » (Association des élèves et des anciens élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique)
Texte Peter Handke
Nouvelle traduction Félicité Chaton et Sarah Blum
Avec Xavier Legrand 
Mise en scène Félicité Chaton 
Collaboration artistique Angèle Peyrade 
Lumières et son Marinette Buchy
 
« Je suis devenu amendable. Je suis devenu domiciliable. Je suis devenu remplaçable.
Je suis devenu imposable. Je suis devenu réquisitionnable. Je suis devenu recrutable.
Je suis devenu scolarisable. Je suis devenu vaccinable. Je suis devenu assistable.
Je suis devenu solvable. Je suis devenu enquêtable. Je suis devenu éducable. Je suis
devenu cautionnable. Je suis devenu assurable. Je suis devenu identifiable. Je suis
devenu recensable. Je suis devenu entretenable. Je suis devenu exécutable. Je suis
devenu témoignable.»
Un homme s’accuse de tous les maux du monde.  
Ludique, féroce, grinçante, c’est une accusation qui se joue d’elle-même.
Ce sont les Confessions d’un contemporain.
C’est une pièce sans action ni décor. 
C’est un théâtre de parole, une traversée dans laquelle acteur et public sont emportés.
« On est pris, on est scié, on rit, on est choqué, et surtout, on s’interroge au bout du compte, sur ce que c’est qu’être un homme. »  
Marie Plantin pour Pariscope.
Le texte original allemand est édité aux éditions Suhrkamp in Publikumsbeschimpfung und andere Sprechstücke.

https://www.facebook.com/Compagnie-Processes-452028474896719/

 

 

             On peut s’accuser de s’être exposé au soleil, de ne pas avoir

             aidé quelqu’un dans le besoin, d’avoir trop mangé et puis on

             peut s’accuser d’avoir participé à un crime… « Je » énonce

             ce qui l’a constitué, ce qui a fait de lui un animal social,

             décline son parcours, ses fautes, les violences qu’il a subit,

             celles qu’il a perpétrées, expose le Bien, le Mal, le langage.

            « Je » tente de se dire, en avançant dans la langue qui l’a

            forgé. « Je » se veut glacial, sans concession, universel.

           « Je » est prosaïque, contradictoire, singulier.




THEATRAL MAGAZINE JANVIER - FEVRIER

AUTO-ACCUSATION Théâtre Studio – Alfortville

Xavier Legrand

Multi-récompensé pour son premier film Jusquà la garde(Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 2017...), Xavier Legrand est avant tout adepte du théâtre. Il était dernièrement Karénine dans l’adaptation d’Anna Karénineface à Golshifteh Farahani et sera Jean dans MademoiselleJulieaux côtés d’Anna Mouglalis à partir du 8 février. Mais avant, on le retrouvera dans Auto-accusation traduit d’Introspection (1966) de Peter Handke. Dans ce solo, un homme dresse la liste chronologique de ce qu’il a appris et désappris à faire, depuis sa naissance jusqu’à sa mort.

Théâtral magazine : C'est un texte que vous aviez déjà tra- vaillé lorsque vous étiez au Conservatoire.

Xavier Legrand : Effectivement, je l’avais travaillé dans le cadre de cartes blanches au Conservatoire et Félicité Chaton me dirigeait déjà. Le texte avait pour titre In- trospection. Auto-accusation est exactement le même texte sauf qu'on l’a retraduit. On s'est aperçu que le titre original, en allemand, signifiait "auto-accusation" et non "introspection". Dans la version française de 1968 le traducteur avait un petit peu négocié avec le texte ou essayé de trouver des sy- nonymes pour éviter certaines ré- pétitions. Cela pouvait donner des contresens comme "Dieu m'a ou- blié, le monde m'a oublié" au lieu de"j'aiétéoublieuxdeDieu,j'ai été oublieux du monde". En fait c’est toujours "je" qui s’exprime. Comment le texte résonne-t-il dans sa nouvelle traduction ? Quand c'était Introspection, j'étais assis les yeux fermés et j’invitais les gens à participer à mon intros-

pection. Avec Auto-accusation, je m'expose, je viens parler aux gens et je leur dis ce dont je m'accuse. C’est comme si j’étais le dernier à entrer dans cette salle après le pu- blic et que je me présentais face à lui. Et puis j’ai 10 ans de plus. Je vois les choses différemment au- jourd’hui et je découvre aussi de nouveaux aspects du texte. Cette “auto-accusation” ne concerne pas qu’une personne, mais chacun d'entre nous.

Oui. C’est tout ce qu'un homme a appris, l'homme naturel qui est de- venul'hommesocial,obligéd’agir selon des règles, mais qu’il peut aussi transgresser. Comme on fait tous partie de ce monde-là, on se reconnaît ; c’est une sorte de mi- roir tendu au spectateur qui donne le vertige.

Cette liste de tout ce qu’un hu-

main traverse depuis sa nais- sance jusqu’à sa mort, ne risque- t-elle pas de ronronner au bout d’un moment ?

Effectivement, il n’y a pas d’his- toire, donc tout le travail consiste à amener tout le temps du sens dans cette accumulation de mots. Pour cela j’ai un micro qui me per- met de varier du chuchotement au hurlement. Il faut éviter le ronron bien sûr mais que le public soit ca- pable aussi d’écouter jusqu'au dé- rangement cette langue qui n'en finit jamais.

Propos recueillis par Hélène Chevrier

Théâtral magazine Janvier - Février 2018

La diversité du langage

Le film Une aventure théâtrale retrace l’histoire de la décentralisation. Tandis qu’au Théâtre-Studio, Xavier Legrand et Félicité Chaton mettent en scène la parole complexe de Peter Handke.

Le théâtre public a toujours besoin de regarder devant lui. Mais aussi derrière lui ! Car les pre-

mières décennies de la décentra- lisation ont été exemplaires. Un film permet de les reconsidérer : Une aventure théâtrale, de Daniel Cling, qui donne à voir la période 1947-1981. Cling a exploré de nombreuses archives, dont il a extrait un certain nombre de documents (plus des prises de parole et des séquences d’actua- lités que des moments de repré- sentation), et a fait interviewer par Philippe Mercier un certain nombre de personnalités.

Depuis l’inauguration de la première Maison de la culture, à Bourges, par Malraux et de Gaulle, jusqu’aux mutations de l’après-68, le tableau est ample et complexe. Sur une longue durée, des pionniers sont allés apporter le théâtre là où il n’existait pas, dans la ferveur et le désintérêt. Des professionnels comme Jean

Dasté, Maurice Sarrazin, Hubert Gignoux ou Jean Vilar s’expri- ment sur des images d’archives, tandis que Jack Ralite, Robert Abirached, Christian Schiaretti, Gabriel Garran, Arlette Téphany et Isabelle Sadoyan ont été inter- rogés récemment. Au-delà du message même de ce beau film – il faudrait revenir à plus de partage et d’éthique –, certains propos sont bouleversants, comme ceux d’Hélène Vincent regrettant l’époque héroïque et parlant même de trahison de l’esprit fondateur.

À présent, certaines petites structures doublent utilement, et modestement, l’activité des gros théâtres nationaux. C’est le cas du Théâtre-Studio, que dirige Chris- tian Benedetti, à Alfortville. On y assiste en ce moment à la recréa- tion d’une pièce de Peter Handke, Auto-accusation, par une jeune équipe. Le spectacle – si l’on peut employer ce mot, tant c’est peu spectaculaire : on est dans le mini- mal – revoit un texte ancien de

l’auteur autrichien, publié et joué en 1966 sous le titre Introspection. Xavier Legrand, qu’on connaît surtout comme cinéaste (son film Jusqu’à la garde a obtenu le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise, l’an dernier), a eu envie de jouer ce monologue et d’être mis en scène par Félicité Chaton. Tous deux ont senti que la traduction manquait de fidélité, que le propos de Handke avait été légèrement gauchi. D’où l’écriture d’un nouveau texte français par Félicité Chaton et Sarah Blum.

Un homme seul remet le comp- teur de sa vie à zéro ; comme tout le monde, il a appris les gestes de la mobilité humaine et de l’action sociale. Il a fait bouger ses mains et ses jambes, il s’est habillé cor- rectement et a respecté les conve- nances. Mais, ensuite, il n’a pas suivi « la marche de l’histoire ». Il ne s’est pas préoccupé des autres. Il n’a pas respecté les préceptes religieux ni les obligations répu- blicaines, qui consistent à placer

les détritus à tel endroit ou à ne rien jeter par la fenêtre d’un train. Il avoue tout cela : rien que de petits crimes mais des mots qui définissent un être à part, égoïste, en rupture.

Auto-accusation s’entend à plusieurs niveaux : c’est en même temps un défi lancé à la morale sociale, un cri contre l’uniformi- sation de l’individu, la parole lar- gement mensongère d’un homme qui s’accroche à un discours trop simpliste pour être vraiment le sien. La mise en scène de Félicité Chaton déplace le personnage sur la scène et dans les hauteurs du théâtre, jusqu’à parfois le faire dis- paraître derrière une cloison : cet homme est trop péremptoire pour être en accord avec ce qu’il dit. Xavier Legrand joue subtilement un être banal, un cadre d’allure sportive dont la diction s’accélère et se trouble. Ce court instant – à peine une heure – est troublant, dérangeant, fascinant, sous sa forme de doux électrochoc.

Gilles Costaz

Politis 1487 25/01/2018

 

 

 

       

         Texte : Peter HANDKE

         Nouvelle traduction : Félicité CHATON et Sarah BLUM

         Avec Xavier LEGRAND

         Mise en scène : Félicité CHATON
         Collaboration artistique : Angèle PEYRADE
         Lumière et son : Marinette BUCHY

         Production : Cie Processes
         Soutiens : La Loge, Shakiraï, Curry Vavart, La Giradole,

         Le Carreau du Temple, La Nef et Lilas-En-Scène.


              
     
   

            Plein tarif : 20 €

            Tarif réduit : 15 €
             (étudiants, demandeurs d’emplois, seniors, intermittents)

            Tarif réduit ++ : 10 €
             (moins de 16 ans, bénéficiaires du RSA/RMI, habitants   
             d'Alfortville, adhérent ou ami de Rue du Conservatoire).
               

            Durée : 1h10


 


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