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DÉCÈS
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Publié le 13/09/2018.


CHANTAL BRONNER (promo 75)
13 septembre 2018
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C'est avec une grande tristesse que nous faisons part du décès de notre amie Chantal Bronner.
La cérémonie aura lieu le jeudi 20 septembre à 15h45 au Cimetière du Père Lachaise, salle Maumejean..


Décès de Chantal Bronner, la grâce du jeu




  • Par  Armelle Héliot  

  • Publié le 14/09/2018 à 16h56

  • lefigaro.fr culture


     

    DISPARITION - Comédienne au théâtre comme au cinéma, metteur en scène, pédagogue, elle s'est éteinte jeudi 13 septembre des suites d'une maladie. Elle était la veuve de l'écrivain Nicolas Bréhal.

    Allégresse, alacrité, élégance, ce sont les mots qui viennent, même en ce moment très triste où il faut saluer Chantal Bronner, une artiste merveilleusement faite pour la vie, mais qui s'est éteinte jeudi 13 septembre, vaincue par la maladie.

    Chantal Bronner ne faisait jamais peser sur les autres ses chagrins ou ses doutes. Elle avait de la classe. Quelque chose de très aristocratique s'imposait en elle. Mais sans distance. Elle était sensible, grand cœur, à l'écoute des autres. Au moment de rappeler son beau parcours, c'est à ses deux enfants que l'on pense, Charlotte, qui bientôt sera maman à son tour, et Anton, artiste dans l'âme, auteur et cinéaste. On pense à Nicolas Bréhal, disparu prématurément en 1999, écrivain très fin et sensible, d'origine russe, l'époux de Chantal Bronner.

    Ils ne pouvaient que s'entendre, elle était un peu d'Amérique du Sud! Son père était parti s'installer au Costa-Rica dans les années 50 pour monter une entreprise de parfums. Il rencontra là-bas une femme particulièrement belle, qui, elle, venait du Nicaragua. Ils se marièrent à New York en 1954 et Chantal naquit quelque temps plus tard.

    C'est dans la région de Cannes que Chantal Bronner a grandi et, plus tard, à l'adolescence elle est inscrite dans une école très chic de Neuilly. Le goût du théâtre, de la théâtralité de la vie, était dans la famille. Elle se souvenait de sa grand-mère qui faisait tourner les tables et du grand tempérament de sa mère!

    La jeune fille écrit ses premiers textes, monte des spectacles avec ses copines. Mais elle a le goût de l'excellence et de l'aventure et part pour New York où elle suit les cours de Strasberg avant de revenir en France et de se présenter au concours du conservatoire national supérieur d'art dramatique. Elle est dès cet instant très remarquée avec le rôle-titre des Caprices de Marianne de Musset. Elle sera de la promotion 1975, avec un professeur marquant, Antoine Vitez, non sans avoir connu une parenthèse enchantée.

    Le conservatoire, ce n'était que de très bons moments. Elle s'en souvenait toujours avec émotion: au moment des résultats, quelqu'un lui avait posé la main sur l'épaule en lui disant: «Vous l'avez!». C'était Pierre Romans, qui plus tard allait diriger l'école des comédiens de Nanterre-Amandiers. C'était Pierre Romans qui ferait beaucoup travailler Chantal, comme le ferait Patrice Chéreau.

    À peine entrée au conservatoire, Chantal Bronner avait époustouflé tout le monde en incarnant la fougueuse Alarica d'Audiberti dans Le Mal court. Pas même un an d'école et elle partait en tournée des pays de l'est à l'Afrique du Nord. Ensuite, seulement, elle avait rejoint la classe de Vitez! 

    Au sortir de la 3ème année, elle avait monté Le Bel été d'après l'Italien Cesare Pavese. Elle était chef de troupe et metteur en scène: Isabelle Huppert, Catherine Gandois, Bruno Raffaelli, Pierre Romans étaient de l'entreprise qui avait beaucoup plu. Ils étaient tous partis pour Avignon. Le off n'avait que quelques années,, il était vivable.

    Elle aime les classiques. Elle est Mara auprès de Catherine Gandois, dans La Jeune fille Violaine de Paul Claudel. Elle est Antigone dans La Thébaïde de Racine, montée par Jean-Claude Fall, Philippe Adrien lui offre le rôle d'Armande Béjart dans Le Défi de Molière, qu'il a écrit. Jean-Pierre Miquel la conduit jusque dans la cour d'Honneur d'Avignon pour La Malédiction d'après Sophocle. Elle est Ismène, cela lui va bien.

    Pierre Romans adapte le magnifique roman de Thomas Mann Tonio Kröger et confie le rôle-titre à Didier Sandre. Chantal est de l'aventure, comme elle sera de l'aventure de Peer Gynt avec Patrice Chéreau qui la réengagera pour Les Paravents. Tous aiment ce beau visage aux traits fins, sa voix claire se voilant parfois jusqu'au rauque, la vivacité de son débit, sa silhouette superbe.

    Un grand caractère

    Dès ses débuts, elle tourne, et notamment avec Nelly Kaplan, en 1976, Néa, un film un peu chaud dans lequel on ne perd rien de sa plastique de déesse. Ingrid Caven, Françoise Brion, Micheline PresleSami Frey, des grands acteurs pour un film inspiré d'une nouvelle d'Emmanuelle Arsan.

    Elle en tourna beaucoup d'autres, évidemment. Plus sages. Mais elle ne pouvait qu'être aimée de Nelly Kaplan qui n'apprécie que les grands caractères. Elle participe à des séries télévisées, à des films de Tonie Marshall, Raoul Ruiz, Olivier Dahan.

    Ses enfants grandissaient, elle s'en occupait, mais on ne l'oubliait pas au théâtre: Catherine Gandois avait monté en 2006 un hommage à la regretté Ivane Daoudi. Elle avait mis en scène Un si joli petit voyage et réuni Christophe Odent, Élisabeth Catroux, sa chère Chantal Bronner et elle-même.

    Clément Poirée avait engagé Chantal Bronner pour Kroum l'ectoplasme avec Scali Delpeyrat. Oliviet Balazuc lui avait offert le très beau rôle dans sa première pièce Le Génie des bois en 2007. Il y a quelques saisons à peine, elle avait repris son rôle de Bonjour Maîtresse que Nicolas Bréhal avait écrit vingt ans auparavant pour elle, et pour l'Odéon. Cela se passait au Poche Montparnasse. Olivier Balazuc signait la mise en scène. Elle était toujours aussi belle, enjouée, courageuse. Incroyable.

    Car la vie d'une comédienne n'est pas toujours facile. Lorsqu'elle n'avait plus d'engagements, il arrivait à Chantal Bronner de travailler dans une boutique, Galerie Vivienne. Elle prenait cet emploi avec élégance, charme, bonne humeur. Elle était d'une dignité profonde. Et rieuse avec cela! Il aura fallu la maladie pour arrêter ce bel élan.

    Elle avait un regret au cœur. De ne pas avoir pu reprendre une très belle pièce de Nicolas Bréhal, La légèreté française. Une pièce mettant en scène Marie-Antoinette et Madame Vigée-Lebrun. Avec sa sœur de cœur, Catherine Gandois, elle l'avait lue au Rond-Point. Cela avait été superbe. 

    ● La légèreté française de Nicolas Bréhal, mise en scène de Chantal Bronner

    ● Néa en 1976 de Nelly Kaplan avec Sami Frey, Françoise Brion, Micheline Presle, Chantal Bronner...



     


     

     


 


par Christiane MILLET,

Présidente de Rue du Conservatoire.

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Commentaire laissé le 14/09/2018 à 11:55
nous avons été très proches à un moment, Chantal était quelqu'un que j'aimais beaucoup, je pense à ces enfants : Charlotte et Anton,
je suis très triste ....
que c'est-il passe ?
Marie-josé Hubert ( Promo 78)



Commentaire laissé le 13/09/2018 à 23:35
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