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Publié le 27/02/2019.


LA RÉVOLTE
Mise en scène de SALOMÉ BROUSSKY Théâtre LES DÉCHARGEURS du 12 MARS au 6 AVRIL Tarif adhérents RdC 12 euros, et accompagnants 18 euros
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«  LA RÉVOLTE » 

de VILLIERS DE L’ISLE-ADAM

Mise en scène SALOMÉ BROUSSKY (recréation)

Jeu  Timothée Lepeltier ( promo 2014) , Sarah-Jane Sauvegrain (promo 2014)

Scénographie et lumières Dominique Borrini

- Recréation - Durée 1H10 - 

12/03 au 06/04 - du mardi au samedi - 19h30 

Théâtre Les Déchargeurs 3 rue des Déchargeurs 75001 PARIS  Métro Châtelet ou les Halles

Tarifs: 12€ pour les adhérents Rue du Conservatoire / 18€ pour les accompagnants 

Réservations  avec le code :  RDC

Par téléphone :  01 42 36 00 50 du lundi au samedi de 16h à 23h

 Sur internet 24/7

 www.lesdechargeurs.fr 

Production La Reine Blanche - Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion 

Mot de la metteure en scène

 La Révolte. Deuxième. Ce n’est pas la reprise d’un spectacle créé en 2017, c’est une nouvelle version.

L’essentiel a changé : les acteurs. Il était impossible pour moi de leur demander de s’engager sur un chemin balisé et parcouru par d’autres. Commencer ailleurs. Décaler la vision. Il fallait aller plus loin. Dévoiler 

de nouvelles perspectives à partir de contraintes, conserver la scénographie. Quoi de plus exaltant pour mettre en lumière de nouvelles facettes et résonnances du texte de Villiers de l’Isle-Adam ? Faire une 

traversée neuve, avec une certaine innocence. Et toujours faire entendre forte et haute la voix dérangeante et poétique, acérée et humaniste, désenchantée et candide, de ce couple aux prises avec la réalité à 365 jours par an. 

 Ils sont jeunes, beaux, et riches. Élisabeth est idéaliste. Félix est banquier. Elle est son comptable depuis plus de quatre ans. Il est son mari. Ayant triplé dans l’ombre la fortune de son mari, cette jeune femme, étonnamment moderne, ne supporte plus l’homme auquel elle est légalement soumise. En une nuit, elle solde les comptes de son mariage. Selon elle, le capitalisme a ruiné leur mariage, a forcé leur couple à déposer le bilan. En osant quitter mari et enfant, elle va enfin être elle-même !

 Devant le flot de vérités qu’Élisabeth assène, Félix reste stupéfait et défait.

Pourtant quatre heures plus tard, elle revient. En une nuit, celle, qui voulait « juste » vivre selon ses principes, est vaincue. Elle subit ce que Villiers appelle « la torture par l’espérance » dans un des Contes Cruels.

 En une nuit, la bêtise du libéralisme et sa violence aveugle lui ont démontré l’impossible rébellion : le poison a pénétré, goutte à goutte, indolore et insidieux en elle-même, détruisant ses plus intimes convictions. Sa soif d’idéal s’est cognée à l’obsession de la rentabilité à outrance.

Face à celle qui revendiquait sa différence, Félix se révèle aussi. Il n’est pas uniquement un banquier 

caricatural, il est aussi une victime consentante de ce capitalisme qu’il nourrit et qui le nourrit. En une nuit, contraint par les circonstances qu’il ne peut pas maitriser (pour une fois !), cet homme se découvre, plus 

humain, plus fragile, dans un moment de beauté lucide et douloureuse. Cependant sa bonne foi, pour autant touchante qu’elle soit, ne suffit pas à contrebalancer ses frustrations profondes et son penchant certain pour la domination. L’amour - sans doute intéressé mais il ne sait pas aimer autrement -, qu’il porte à sa femme ne suffit pas.

 Au petit matin, la vie conjugale comme les affaires reprennent, et plus rien ne sera « vraiment » comme avant. Ce jeune couple, à jamais enchaîné à jamais l’un à l’autre, est dévasté malgré la réussite sociale

qu’il affiche. La victoire de Félix est un trompe-l’œil cruel, même si Élisabeth découvert qu’elle est une femme ordinaire. Les rapports de force reviennent au point de départ.

 Dénonçant l’esprit bourgeois et le conformisme libéral, La Révolte

demeure une pièce violente, grinçante, féministe au propos toujours contemporain : n’oublions pas que jusque récemment les femmes n’avaient pas le droit d’avoir de compte en banque… et, aujourd’hui combien restent dans un mariage désastreux pour des raisons économiques ? 

 Salomé Broussky

 

La pièce

 Élisabeth, femme du banquier Félix, tient les comptes depuis plus de quatre ans. Un soir, celle qui a triplé dans l’ombre la fortune de son mari lui crie sa révolte, pour la première et la dernière fois. Elle quitte son  mari, le laissant stupéfait d’être abandonné. Elle part vivre enfin selon ses principes. Pourtant, quatre heures plus tard, elle revient, anéantie par l’impossibilité de suivre l’idéal auquel elle croyait.

Mot de l’auteur

 Aujourd’hui, le Théâtre aux règles posées par des hommes amusants (et qui nous encombre de sa Morale

d’arrière-boutique, de ses « Ficelles » et de sa « Charpente », pour me servir des expressions de ses 

Maîtres) tombe de lui-même dans ses propres ruines, et nous n’aurons malheureusement pas grands 

efforts à déployer pour achever son paisible écroulement dans l’ignominie et dans l’oubli. (…) Eh bien ! – et 

c’est pour cela que j’écris ces lignes, – puissé-je garder cette illusion légitime de penser que La Révolte (si 

restreintes que soient les proportions de ce drame) est la première tentative, le premier essai, risqués sur 

la scène française, pour briser ces soi-disant règles déshonorantes ! 

 Villiers de l’Isle-Adam, préface de La Révolte (1870)


Parcours 

 VILLIERS DE L’ISLE-ADAM / auteur

 

Villiers de l’Isle-Adam a accompli une oeuvre passionnée, flamboyante, souvent d’une ironie incisive.

 

Né en 1838 à Saint-Brieuc, il fait des études mouvementées entre Rennes, Laval et sa ville natale. Entre 1855 et 1858, Villiers de l’Isle-Adam fait de nombreux séjours à Paris où il fréquente les cafés, les théâtres 

et les montreurs de marionnettes. En juillet 1858, il débute en littérature en publiant deux essais de poésie. 

Un an plus tard, il s’installe à Paris et collabore à diverses feuilles et petits journaux, ce qui marque son entrée dans le journalisme. Il se lie avec Catulle Mendès en 1860, puis avec Charles Baudelaire et Charles-Marie Leconte de Lisle. En 1864, grâce à son ami Catulle, il rencontre Stéphane Mallarmé et Gustave Flaubert. En 1867, il publie Claire Lenoir et L’Intersigne avant de partir en voyage en Allemagne où il rencontre Richard Wagner, et en Suisse. Alors que la guerre entre la France et la Prusse est déclarée, il séjourne à Avignon chez Stéphane Mallarmé. En 1870, grâce à l’intervention d’Alexandre Dumas fils, La Révolte est créée au Vaudeville et n’aura que cinq représentations tant son propos fait scandale. À la fin de cette même année, il prend le commandement des Éclaireurs du 147e bataillon de la Garde nationale de Paris, puis, en 1881, il se présente comme candidat légitimiste dans le XVIIe arrondissement au Conseil de Paris et écrit Le Prétendant, pièce qui est refusée par la Comédie-Française. Sans se décourager, en 1883, il fait publier Des contes cruels et collabore au Figaro. L’année suivante, il se lie d’amitié avec Joris-Karl Huysmans et Léon Bloy. Cette même année, il achève son drame, Axel. De 1885 à 1888, il fait paraître en feuilleton dans La Vie moderne de l’Eve future, il donne des conférences en Belgique et voit la publication d’Histoires insolites et de ses Nouveaux contes cruels. Il décède un an après d’un cancer des voies digestives. Ses exécuteurs testamentaires sont Joris-Karl Huysmans et Stéphane Mallarmé.

 

SALOMÉ BROUSSKY / metteure en scène 

 

Diplômée de l’Institut d’Études politiques de Paris et docteure en philosophie esthétique, elle consacre un livre à la Comédie-Française (collection Idées Reçues, éditions du Cavalier Bleu, 2001).

 Elle assiste Dominique Rozan, sociétaire de la Comédie-Française sur les salons de Poésie de Saint-John Perse, L’œil écoute de Paul Claudel (Salle Richelieu). Elle est son dramaturge sur les mises en scène Pygmalion de Jean-Jacques Rousseau, Histoire du soldat de Charles Ferdinand Ramuz et Igor Stravinski, Histoire de Babar de Jean de Brunhoff et Francis Poulenc à l’Auditorium du Louvre. Ils conçoivent et dirigent ensemble un spectacle musical, En visite chez Francis Poulenc (Maison de la Culture de Tours, 1999). Elle est la collaboratrice artistique de Jean-Claude Berutti au Centre dramatique national de Saint-Etienne (2003-2011), puis sa dramaturge sur Je pense à Yu de Carole Fréchette (Artistic-Athévains, Paris, 2013).

 En tant qu’auteure, ses pièces Un monde en or, inspiré des Contes Cruels de Villiers de l’Isle-Adam, mise en scène de Michel Favory (Théâtre du Vieux-Colombier,1996) et Mademoiselle Il (Salle Richelieu, 2010) sont jouées à la Comédie-Française.

 Au Théâtre Marigny (Paris) Tête-à-tête ou Eichmann, un criminel de bureau est mis en espace par Dominique Rozan (2001). Elle adapte Ruzante d’après Angelo Beolco, que met en scène Jean-Claude Cerutti (Centre dramatique national de Saint-Etienne, 2004). Sa pièce Occupations (Centre dramatique national de Saint-Etienne, 2005), ensuite reprise en 2012 à la Scène nationale de Martigues, a été mise en scène par Jean-Claude Berutti. Elle met en espace sa pièce, La Beauté du crime à l’Atelier 22 (Marathon des écritures féminines, Bruxelles, 2013). Après avoir créé une première version scénique de La Révolte en 2017 au théâtre les Déchargeurs, elle décide de pousser plus loin le travail au plateau de cette œuvre dans une nouvelle interprétation.

 En parallèle, elle est également directrice de création en arts graphiques.

 

SARAH-JANE SAUVEGRAIN / interprète

 

Talent Cannes ADAMI – 2016

 Sarah-Jane Sauvegrain a été formée au jeu par Bruno Wacrenier (Conservatoire du 5ème arrondissement, Paris, 2009-2011), Blanche Salant (Acting in english, Paris, 2012)  Jean Damien Barbin et Nada Strancar (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Paris, 2011-2014).

 Elle est titulaire d’une licence en Lettres et Arts (Paris 7 Diderot, 2009) et d’une licence en Arts du spectacle (Paris 8, 2014).

 Au théâtre, elle joue notamment dans Slogans de Maria Soudaievna, mise en scène de Bérangère Bonvoisin (La Colline, Paris, 2005), Le Premier qui tombe de Franck Magloire, mise en scène de Catherine Gandois (Maison des métallos, Paris, 2008), Majestic louche palace de François Baune, mise en scène du collectif Ildi!Eldi! (Les Subsistances, Lyon, 2009), Grands et petits de Botho Strauss, mise en scène de Juliette Séjourné (Théâtre ENS, Paris, 2013), Fantasia d’après Alfred de Musset, mise en scène de Sophy Clair David (Théâtre Monfort, Paris, 2014), Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset, mise en scène de Frédéric Bélier Garcia (Nouveau Théâtre d’Angers, 2015 repris au Théâtre de la Tempête), Jimmy Savile de et mise en scène de Pierre-Marie Baudoin (Théâtre Monfort, Paris, 2016), L’Héritier du village de Marivaux, mise en scène de Sandrine Anglade (Théâtre Montansier, Versailles, Paris, 2016), Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière, mise en scène de Macha Makeïeff (2017) ou Never never never de Dorothée Zumstein, mise en scène de Marie-Christine Mazzola (Théâtre Alfortville, 2017), Le Cid mise en scène par Sandrine Anglade elle est l’Infante de Castille (2019). Dans le cadre de ses études au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, elle joue sous la direction de Jean-Damien Barbin dans Bleuissantes éjaculations de Maurice Maeterlinck (2012), Tatiana Spivakova dans Dans les bas-fonds de Maxim Gorky (2013), Vincent Goethals dans Les Sacrifiées de Laurent Gaudé ou Nada Strancar dans L’Illusion comique de Pierre Corneille et Ce soir on improvise de Luigi Pirandello (2014).

 Pour le cinéma, elle est dirigée notamment par Sophie Letourneur dans La Vie du ranch (2008), Jean-Emmanuel Godart dans The big house (2016) ou Guy Marignane dans Les Mélancolies de Sade (2019) et joue dans plusieurs courts métrages dont Le Chat du blis réalisé par Juliette Seydoux (2011) ou La Caverne réalisé par Joann Sfar (2016).

 A la télévision, elle joue dans plusieurs téléfilms et séries tels que Le Temps des égarés réalisé par Virginie Sauveur (2018), Ainsi soient-ils réalisé par Rodolphe Tissot (2011-2013), Paris réalisé par Gilles Bannier (2015), Kaboul Kitchen (2017). Prochainement, elle sera dans la série Osmosis réalisée par Pierre Aknine et Philippe Larue pour Netflix.
 

 TIMOTHÉE LEPELTIER / interprète

Timothée Lepeltier a été formé au jeu par Bruno Wacrenier (Conservatoire du Vème arrondissement, Paris, 2007-2014) et par Daniel Mesguich, Sandi Ouvrier, Nada Strancar et Robin Renucci (Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, Paris, 2011-2014). Il suit également un stage de doublage avec Laura Koffler (2014).

 Au théâtre, il joue dans A tout ceux qui de Noëlle Renaude, mise en scène Léna Paugam (C3B, Paris, 2008), L’Ordalie des petites gens de Julien Guyomard, mise en scène de Bruno Wacrenier (Auditorium  Saint-Germain, 2009), La Nuit des rois de William Shakespeare, mise en scène de la Compagnie des  passeurs (Théâtre de Clermont-Ferrand, 2010), Naissance de et mise en scène de Julien Guyomard (Festival de Villeréal, 2011), Berliner Mauer, Vestiges, mise en scène de Jade Herbulot et Julie Bertin (Théâtre Gérard Philipe, Saint-Denis, 2015), Polyeucte de Pierre Corneille, mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman (Théâtre de la Ville, Paris, 2016), Le Voyage de Benjamin de Gérard Wajcman, mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman (Théâtre de la Ville, Paris, 2017), Caligula d’Albert Camus, mise en scène de Romain Picquoart (Théâtre national de Toulouse, 2017), Dans les ruines d’Athènes de et mise en scène de Jade Herbulot et Julie Bertin (Gymnase Paul Giéra, Festival IN, Avignon, 2017) et Mémoires of Sarajevo, mise en scène de Jade Herbulot et Julie Bertin (Gymnase Paul Giéra, Festival IN, Avignon, 2017).

 Au cinéma, il joue dans Marito, réalisé par Sarah-Jane Sauvegrain (2011), Tu seras un homme mon fils, réalisé par Benoit Cohen (2013) et Anton Tchekhov 1890, réalisé par René Feret (2014).

 Pour France Culture, il participe à deux fictions radiophoniques réalisées par Jean-Matthieu Zahnd: Mamie Rotie de Yvan Corbineau (2014) et La Princesse ou le procès de la belle au bois dormant de Sonia Ristic (2014).


Teaser de La Révolte : https://vimeo.com/325187507

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