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Publié le 08/09/2019.


Chloé CHEVALIER
joue dans MOLLY au théâtre Les Déchargeurs du 1er au 19 octobre.
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Copyright Sébastien Marchal

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"Le lecteur français veut savoir si la nouvelle traduction d'Ulysse de James Joyce était nécessaire, et si elle est préférable à l'ancienne. La réponse, à quelques détails près, est oui. Le texte est plus précis, plus dru, plus cru. Cela dit, la curiosité du lecteur va-t-elle plus loin ? On aimerait le penser mais, malheureusement, il est de plus en plus difficile de rencontrer quelqu'un qui a lu le livre. Toute personne cultivée a entendu parler de Joyce, mais sur le fond, à part les redites des commentaires universitaires, on reste dans le brouillard. Joyce n'aurait certainement pas accepté d'être identifié au seul Léopold Bloom. Il est Bloom, c'est entendu, mais aussi Stephen Dedalus, Homère, Hamlet, Dieu, Shakespeare, Aristote, un certain nombre de théologiens, d'ivrognes, de prostituées, et puis Molly, et puis n'importe qui. Le jour de Joyce est le plus long de toute l'histoire humaine. Nation, famille, raison bornée, religion, tout vole en éclats du matin au soir, et on entre ainsi, pour la première fois, dans une réalité entièrement libre, comique, lyrique, intime, cosmique. Sans parler d'une obscénité naturelle, d'autant plus mystérieuse et détachée qu'elle n'a rien à voir avec la pornographie. On a beaucoup répété qu'Ulysse était illisible. "Joyce a voulu dérégler le langage", entend-on. Mais pas du tout : il a voulu au contraire le régler autrement, à la mesure d'un monde en plein dérèglement (ça continue de plus belle). Il y avait quelque chose de pourri du côté de la civilisation occidentale, de la métaphysique, de l'espace, du temps, de la religion, des objets, des hommes, des femmes. Joyce a simplement voulu faire le ménage dans ce foutoir. Le résultat est explosif, mais toujours très clair." Philippe Sollers (extrait de l'article paru dans Le Monde Des Livres en juin 2004 lors de la première publication de la nouvelle traduction d'Ulysse)

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