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dans "Ondine" de Giraudoux. Msc : Raymond Rouleau (1974)

dans "Le rêve d'Icare" réalisé par Georges Kerchbron (1982)

dans "Chez les Titch" de Louis Calaferte. Msc : Jean-Pierre Miquel (1982)

dans "Feu Don Juan" réalisé par Régis Milcent (1981)

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Né le 1er septembre 1947 à Lyon
décédé le 26 février 1995 à Colombes
Pensionnaire à la Comédie-Française en 1971
Il est nommé Sociétaire en 1975


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Né à Lyon, en 1947, Jean-Luc Boutté manifeste très tôt sa passion pour le théâtre en donnant des spectacles de marionnettes dans sa famille ou à l’école. Dès sa seconde année au conservatoire de Lyon, où il suit des cours d’art dramatique, il est engagé comme figurant par Roger Planchon pour jouer Shakespeare (Henri IV, Falstaff).

Marcel Maréchal lui confie son premier rôle dans les Chaises d’Eugène Ionesco. Il monte à Paris et entre à l’école de la rue Blanche. En 1968, il est reçu au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. À sa sortie, Pierre Dux l’engage comme pensionnaire à la Comédie-Française. Jugeant les règles et l’organisation sociale de cette institution contraignantes, il cherche à en modifier l’esprit ; la Comédie-Française ne doit pas être selon lui un musée mais un lieu de réflexion.

Il s’impose très vite dans les grands rôles classiques (Néron, Tartuffe, Shylock) comme dans les seconds rôles comiques (Corignon dans la Dame de chez Maxim de Georges Feydeau, Trissotin dans les Femmes savantes de Molière).

Nommé sociétaire en 1975, il monte et joue le Misanthrope de Molière, dans une relecture subversive. Suivent les Acteurs de bonne foi (1977) et la Double Inconstance (1977) de Marivaux, Dom Juan (1979), le Bourgeois gentilhomme (1986) et les Précieuses ridicules (1993) de Molière, Marie Tudor (1982), Le roi s’amuse (1991) et Lucrèce Borgia (1994) de Victor Hugo, l’Impresario de Smyrne de Carlo Goldoni (1985). Osées et denses, soulignées parfois d’un humour incisif, toutes ses mises en scène reposent sur une lecture minutieuse et dérangeante du texte.

Hormis une expérience lyrique décevante à l’Opéra de Paris (il Tabarro de Puccini, 1982), il connaît le succès sur d’autres scènes, avec notamment les Chaises d’Ionesco au Théâtre de la Colline en 1988, la Volupté de l’honneur de Luigi Pirandello en 1993 et Maître de Thomas Bernhard en 1995 au Théâtre Hébertot.

Jean Luc Boutté s’est éteint en 1995, victime d’une longue maladie. Il repose dans la 13e division du cimetière du Père Lachaise à Paris.

Jean Luc BOUTTÉ met en scène "Britannicus" à la Comédie Française (JT ANT21974)

 

Mort de Jean-Luc Boutté
par Jean-Pierre Léonardini dans L'Humanité ( 27 février 1995 )

Jean-Luc Boutté,comédien et metteur en scène dont la quasi-totalité de la carrière s’effectua à la Comédie-Française, où il était sociétaire depuis 1975, s’est éteint hier à Paris des suites de la maladie dite de Hodgkin. Il avait quarante-sept ans. L’affection dont il souffrait, qui le priva progressivement de l’usage de ses jambes, s’était déclarée au début des années quatre-vingt. Entré il y a quelques jours à l’hôpital pour une visite de contrôle, Jean-Luc Boutté était brutalement tombé dans le coma le week-end dernier.
 

Quel crève-coeur ! Nous l’avons vu, jour après jour, lutter pied à pied. Il a joué jusqu’au bout de ses forces. Ce fut d’abord à l’aide de cannes. La dernière fois, au printemps dernier, pour « la Glycine », de Rezvani, au Vieux-Colombier, c’était dans un fauteuil roulant.

Etre et acteur de caractère, plutôt taiseux à la ville, Jean-Luc Boutté a été sans conteste une figure marquante du Français. Il était d’une rare beauté ombrageuse ; un casque bouclé de cheveux noirs, l’oeil vert expressif, le profil grec, sur le tard émacié, devenu sensiblement aquilin. Parfait masque de chair pour la tragédie. On put en juger dans « Père » de Strindberg, en Shylock du « Marchand de Venise » ou dans l’Alceste du « Misanthrope », pour ne parler que d’interprétations relativement récentes. Le metteur en scène, en lui, apparut empreint de rigueur, sans écrasant parti pris esthétique, surtout attentif à la mise en jeu des interprètes. Rappelons-nous sa « Lucrèce Borgia » d’Hugo. Ce soir, à Hébertot, c’est la « générale » de presse de « Maître », de Thomas Bernhard, pièce à laquelle il venait de mettre la dernière main. Le Français perd quelqu’un qui fit beaucoup pour sa dignité. Et comment ne pas songer du coup à la perte, pas si lointaine, de Richard Fontana, qui fut son ami ?



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conception : Emmanuel de Sabletdesign : Vattiksréalisation : ReMember Systemphoto du théâtre : Max Armengaud