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Richard Fontana (Classe Antoine Vitez)

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Né le 1er juin 1951 à Saint-Pardoux-Isaac (47)
Décédé le 26 juin 1992 à Paris


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MORT D’UN PRINCE
Jacques Lassalle, administrateur général de la Comédie-Française, et les comédiens-français ont annoncé hier, dans un communiqué, la disparition du comédien sociétaire Richard Fontana, à l’âge de quarante ans. La maladie dont il souffrait l’avait empêché de faire partie de la distribution de « Bal masqué », de Lermontov, dans la mise en scène de Vassiliev, ainsi que de celle de la reprise du « Mariage de Figaro » dans la régie d’Antoine Vitez. Il n’avait déjà pas pu reprendre son rôle au théâtre de La Colline, dans « Greek » de Bercoff, sous la direction de Lavelli.

Le Français en particulier et notre théâtre en général perdent un jeune premier d’élection. La nature n’avait pas été avare avec lui : un visage aux traits délicats et néanmoins fermement dessinés, viril sans mièvrerie, idéal pour les princes de Racine (je le revois dans « Bérénice », montée par Klaus Mickael Grüber ou « Britannicus » - rôle de Néron - par Jean-Luc Boutté), une morphologie de gymnaste admirablement proportionnée (souffle et taille d’Arlequin, de Figaro, de Sganarelle), une diction mélodieuse enfin, découpée dans une voix de riche métal. Bref, de la race d’un Gérard Philipe d’aujourd’hui, n’était que l’époque à changer.

De 1973 à 1976, c’est au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, alors en proie à l’emportement magique insufflé par Vitez, que Richard fit ses classes, avant de devenir d’Antoine l’interprète favori (rappelez-vous la tétralogie Molière dans laquelle il faisait feu des quatre fers, ou l’« Hamlet » de Chaillot !). Entré au Français, il se plia volontiers, sans caprice, à la dure discipline du travail de troupe, amenant sur le plateau une liberté grande, tant soit peu électrique, un charme fou. Excellent dans le registre tragique, irrésistible dans la farce, troublant dans la demi-teinte, Richard Fontana a été ce superbe athlète affectif traînant joyeusement après lui le coeur battant du public. Ceux qui l’ont vu en scène, fût-ce une seule fois, portent aujourd’hui le deuil secret de ce bel et bon jeune homme, gravé dans notre mémoire, paré de toutes les vertus de son art, et que nous ne verrons pas vieillir.

 Jean-Pierre Léonardini dans L'humanité (27 juin 1992)


PROMOTION 1977

RICHARD FONTANA



PROFESSEUR


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conception : Emmanuel de Sabletdesign : Vattiksréalisation : ReMember Systemphoto du théâtre : Max Armengaud