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dans "...à la campagne" de Manuel Poirier (1995)

dans "...à la campagne" de Manuel Poirier (1995)

dans "Bunker Palace Hôtel" d'Enki Bilal (1989)



dans "Subway" de Luc Besson (1985)

avec Christine Pascal et Fabrice Eberhard dans "Tran d'enfer" de Roger Hanin (1985)

avec Juliette Binoche dans "Bleu" de Krzysztof Kieslowski (1993)

avec Judith Henry dans "...à la campagne" de Manuel Poirier (1995)

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Né le 19 août 1953 à Nantes
Décédé le 22 octobre 1994 à Schaffhouse (Suisse) d'une rupture d'anévrisme.


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Né le 19 août 1953 à Nantes (Loire-Atlantique), Benoît Régent suit le cours Périmony avant d'être admis au conservatoire supérieur d'art dramatique de Paris, où il bénéficie de l'enseignement d'Antoine Vitez. Il débute sur scène en 1970 dans «Tête d'or» de Paul Claudel, mis en scène par Denis Llorca, et interprète par la suite «Dommage qu'elle soit une putain», de Marlowe. Avec Philippe Fretun, il est l'auteur et l'interprète d'un spectacle burlesque : «Gerbe de blé». En 1981, Patrice Chéreau le dirige au théâtre dans «Peer Gynt» de Henrik Ibsen, puis dans «Les paravents» de Jean Genet où, dans le rôle d'un gendarme, il se montre à la fois détaché et inquiétant, deux facettes de sa personnalité que les metteurs en scène de théâtre et de cinéma exploiteront avec bonheur au long de sa courte carrière. Des années durant, les cinéastes le cantonnent dans les emplois de rôdeurs louches et de crapules au regard allumé.

On l'aperçoit, gracieux et secret, en tueur raciste (TRAIN D'ENFER), trafiquant de drogue (LA JAVA DES OMBRES), magouilleur (ROUGE GORGE) ou meurtrier (BUNKER PALACE HÔTEL). Ses personnages ne sont pas sans évoquer les héros tourmentés voire hallucinés de l'oeuvre de Dostoievski. Magali Clément en fait l'étranger sans attache et sans passé s'immisçant silencieusement dans l'univers agité de LA MAISON DE JEANNE. Deux contre-emplois viennent bousculer cette galerie d'individus mystérieux souvent mal intentionnés : le peintre pacifique de BLEU COMME L'ENFER et le journaliste d'UNE FLAMME DANS MON CŒUR, trop absorbé par son métier pour satisfaire les exigences sentimentales et sexuelles de sa compagne. Jacques Rivette est le premier à lui confier un rôle à sa mesure dans LA BANDE DES QUATRE. Sous de multiples identités, il y campe une fois de plus l'intrus semeur de trouble mais avec une sérénité nouvelle empreinte de séduction et de fausse indifférence. Peu après, Philippe Garrel l'introduit dans son univers paroxystique grâce à J'ENTENDS PLUS LA GUITARE, où l'acteur devient le double du cinéaste.

Compositeur dans TROIS COULEURS-BLEU de Kieslowski, il est secrètement amoureux de Juliette Binoche, la veuve de son meilleur ami et réapparaît quelques secondes, aux côtés de celle qu'il aime, rescapé du naufrage d'un ferry-boat dans TROIS COULEURS-ROUGE. Autre cinéaste tourmenté, Jacques Doillon l'engage pour jouer l'inconstant Benjamin Constant opposé à Germaine de Staël (Anne Brochet) dans DU FOND DU CŒUR. Côté théâtre, il participe aux spectacles de Jean-François Peyret et Jean Jourdheuil qui le dirigent dans «La route des chars» et «Le cas Müller», de Müller et «La nature des choses», de Lucrèce. Il interprète également «La compagnie des hommes», d'Edward Bond, mis en scène par Alain Françon, «Théâtre Feuilleton», de Peyret et Loucachevsky et «Le commis Lear», avec le clown Demuyinck. Benoît Régent est mort prématurément à Schaffhouse (Suisse) le 22 octobre 1994, d'une rupture d'anévrisme. La veille, il achevait le tournage de NOIR COMME LE SOUVENIR. Il n'avait que 41 ans.

Texte issu de la série nº de la collection des fiches de Monsieur Cinéma (278/34) 



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conception : Emmanuel de Sabletdesign : Vattiksréalisation : ReMember Systemphoto du théâtre : Max Armengaud