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avec Maria de Medeiros, Philippe Clévenot et Eric Vigner dans " Elvire-Jouvet 40 " mis en scène par Brigitte Jaques.

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Acteur, auteur et scénariste.
Né en 1959
Décédé le 9 janvier 1992 à Paris


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Vincent a été reçu au Conservatoire en septembre 1982.

Il a écrit son premier livre « les petites sirènes » (Editions Grasset 1978) à l’âge de 17 ans et a été le plus jeune invité de Jacques Chancel à l’émission Radioscopie, puis celui de Bernard Pivot pour « Apostrophes »*, il a été également élève du cours Simon et a joué dans les films de ces années-là « Le bahut va craquer », « Les mal-partis », « Rue du bac » etc..

Il a continué à écrire : « La chambre d’ami » (1984) et puis « La maison d’Esther » (1991) qu’il a terminé contre la maladie, et c’est sans Vincent, Yves Dangerfield que le livre a été présenté (adapté par Patricia Mazuy et sorti au cinéma en 2000, voir article )

Tous ses livres ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il a également co-écrit avec Francis Girod alors professeur au Conservatoire pour la classe caméra, (créée par Jean-Pierre Miquel) « l’enfance de l’art  » qui relate le parcours des jeunes élèves du conservatoire national d’art dramatique, et dans le film tiré du roman, on retrouve beaucoup d’élèves de l’époque,  Clotilde Debayser, Yves Lambrecht, Marie-Armelle Deguy etc…

Vincent a été l’élève passionné de Michel Bouquet et de Claude Régy, sa soif d’apprendre, sa curiosité, son humilité malgré ses succès littéraires et ses nombreux engagements au cinéma et à la télévision, lui ont valu pendant ses années d’études au Conservatoire qu’il mettait au-dessus de tout - je me souviens de son admiration pour ses professeurs et ses camarades - de faire fructifier beaucoup de rencontres, assistant à la mise en scène, co-scénariste, acteur enfin grâce au JTN, il a rejoint l’équipe d' « Elvire Jouvet 40 » en 1986, dans une mise en scène de Brigitte Jacques avec Philipe Clevenot (Molière 87 pour le rôle de Louis Jouvet) à l’Athénée, filmée par Benoit Jacquot.

Le jour de son enterrement, le 9 janvier 1992, l’église était pleine à craquer, depuis, chaque année à cette date, ses amis fidèles lui rendent hommage, je n’ai pour ma part jamais manqué cet anniversaire, Vincent était une personne d’une générosité rare, il nous manque toujours.

Le 6 janvier 2012, à l'occasion des 20 ans de sa disparition,
Odile Roire (promo 1984)  Lui écrire

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Le 7 avril 1978, Bernard Pivot recevait Yves Dangerfield, dans son émission "Apostrophes", à l'occasion de la sortie de son livre "Les petites sirènes". (interview de 51' à 57')


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« Vendredi soir, Bernard Rapp devait accueillir, dans un numéro de «Caractères» Yves Dangerfield, pour «La Maison d'Esther». Mais on ne verra plus celui-ci sur un plateau de télévision: il est mort dans la nuit de jeudi à vendredi, des suites du sida. Il avait trente-deux ans et avait entamé sa carrière très jeune: son premier roman, «Les Petites Sirènes», était paru alors qu'il avait dix-huit ans, puis porté à l'écran deux ans plus tard. Yves Dangerfield allait dès lors mener de front une carrière de romancier, de scénariste et même de comédien - on a pu le voir, samedi soir, sur FR 3, dans «Elvire Jouvet» - sous son véritable nom, Vincent Vallier.

Son troisième roman personnel, après «La Chambre d'ami» et en oubliant «L'Enfance de l'art», coécrit avec Francis Girod, venait d'arriver en librairie. Il nous fait découvrir un axe nouveau dans l'oeuvre interrompue d'Yves Dangerfield qui abordait le roman historique avec une grande maîtrise.

«La Maison d'Esther» est consacrée à l'École de Saint-Cyr, fondée en 1686 par Madame de Maintenon avec le soutien de Louis XIV. Le projet partait d'un bon sentiment: des familles nobles avaient été ruinées par leur participation aux guerres et n'étaient pas en état de s'occuper de l'éducation des filles. Il s'agissait donc de créer, pour deux cent cinquante parmi celles-ci, un établissement destiné à les former. À la fin du XVIIe siècle, l'idée est révolutionnaire. Les maîtresses des jeunes filles ont conscience de participer à une aventure exceptionnelle non seulement par son objet mais même par les méthodes adoptées: Dans ces expérimentations d'un mode d'enseignement inusité, Mme de Binon, triomphante, se dit chaque fois que leur institut est en train d'inventer, d'établir des principes d'éducation qui, peut-être, feront date.

La réussite semble telle que le roi chargera Racine d'écrire, à l'intention de ses protégées, «Esther». Et c'est là que tout bascule: mises en contact avec la Cour et ses intrigues, les pensionnaires perdent la tête et montrent qu'elles ont peut-être appris surtout à paraître dans le monde, ce qui constitue une totale dérive par rapport aux idéaux des débuts. Le sommet de la gloire pour l'École de Saint-Cyr est aussi le début de la fin... C'est une véritable tragédie qu'avait écrite là Yves Dangerfield: un roman visiblement très documenté (la biliographie, en fin de volume, rend justice à ses sources) mais où les données historiques sous-tendent une entreprise humaine qui porte à l'exaltation puis à la déception; bref, qui émeut profondément. »


Pierre Maury (www.lesoir.be)


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