A Rome LE TEATRO VALLE OCCUPÉ DEVENU BIEN COMMUN


Témoignage d’Elodie Chanut (promo 1991) à son retour de Rome…

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ENTREZ C’EST OCCUPÉ !

Arrivée à Rome, valise à la main, je demande le chemin du Teatro Valle, un homme me répond « il est occupé le Teatro valle, allez voir le Teatro Argentina juste à côté.

– Non moi c’est le théâtre occupé qui me préoccupe et j’y ai rendez vous pour suivre leur travail.

– La deuxième à la sinistra vous tomberez sur le Teatro Valle » me répond il dune voix sinistre.

J’arrive devant le théâtre, mais si il est ouvert et grand ouvert le théâtre Monsieur!

J’entre, des gens me saluent me sourient, dans le hall tout le monde parle, des spectateurs sont déjà assis dans la salle, des acteurs sont sur le plateau (magnifique) d’autres acteurs arrivent. Fausto entre, il me présente aux autres acteurs, nous montons sur le plateau de ce théâtre magnifique et le travail commence. «  Crisi 6 » c’est le laboratoire mené par Fausto Paravidino qu’il m’a invité à venir suivre ici au Teatro valle occupato.

« Soit les informations te servent à faire du théâtre, soit le théâtre te sert à donner des informations mais pour moi ce n’est plus du théâtre » dit Fausto après un scène fraichement écrite par une des participantes : chacun se questionne et le travail reprend dans le calme , l’écoute, l’échange. Toute la journée des spectateurs entrent, se saluent, prennent parfois des notes, ressortent. C’est comme ca qu’on travaille dans ce théâtre occupé à retisser les liens entre les citoyens et les artistes. À faire un théâtre ouvert qui se plonge dans la place où il est, capable de rester attentif à la réalité qui l’entoure, un théâtre curieux qui veut se relier aux autres.

Admirablement géré et entretenu par les occupants, qui font vivre le théâtre par des dons du public, Faisant du Valle occupé et autogéré le laboratoire de leur utopie, ils expérimentent au quotidien leurs principes. Toutes les décisions se prennent en assemblée générale. Ici, chacun œuvre pour reconstruire une vision de la culture comme un bien commun et un outil de formation citoyenne.

Le théâtre est ouvert à tous chaque jour, du matin au soir. On peut y suivre des cours d’écriture, de danse ou de décoration. Le prix des billets des spectacles qui s’y jouent presque chaque soir (artistes et troupes invités) est laissé à l’appréciation du public. Une banderole résume leur état d’esprit : « La prudence est triste ». Le Teatro Valle, fréquenté en moyenne par 400 personnes par jour, s’est transformé en agora de créativité et de réflexion, très discrètement surveillée par les forces de l’ordre.

L’article 43 de la constitution Italienne dit qu’une communauté de travailleurs, de citoyens, peut prendre un lieu le diriger et le tenir en état si la vocation de ce lieu est menacée.

Mais comment c’est arrivé cette occupation qui dure depuis deux ans maintenant ?

En 2008, un petit groupe de travailleurs du spectacle, décide de se réunir pour commencer à parler entre eux et aussi pour se recenser et se faire reconnaître. Ils financent une étude sur les travailleurs du spectacle, investissent les scènes lisant le statut européen des artistes du 7 juillet 2007, interviennent dans les congrès, comme celui des états généraux de la culture à Naples, parlent avec le ministre, multiplient les flash mob.

En 2010 ils manifestent aux côtés des étudiants en tant que « travailleurs du spectacle » et se lient avec des chercheurs, journalistes, des éditeurs, des pofesseurs, autres travailleurs de l’immatériel cette classe que personne ne connait bien et qui, au siècle de la technologie, remplace en nombre la classe ouvrière.

Le 14 juin 2011 ils décident d’entrer et d’occuper le Teatro Valle un des plus anciens théâtre de Rome qui vient de finir sa saison.

Ici commence la lutte politique et artistique du Teatro Valle occupato devenu bien commun. « La culture c’est comme l’eau ça doit rester publique ».

Ils rencontrent les grands juristes Ugo Mattei et Stéfano Rodota aujourd’hui douze juristes les plus grands d’Italie travaillent avec eux sur la constitution de bien commun.

Rejetant les modèles existants, ils travaillent la constitution d’une fondation inédite, qui dans ses statuts intégrerait la notion du théâtre et de la culture en général comme « un bien commun » inaliénable, à disposition des citoyens et géré par eux. 

Le bien commun c’est construire, inventer un autre droit politique : Il y a le droit public, le droit privé et le droit commun. Ces douze juristes font régulièrement des assemblées au Teatro Valle (la prochaine se tiendra le 20 juin) ils travaillent à résoudre les problèmes rencontrés lors de leur déplacements dans les places où des citoyens luttent contre des décisions politiques.  « Nous sommes en train de construire quelque chose qui n’existe pas. » Ce statut devrait ensuite servir de modèle à tous les théâtres pour garantir une gestion transparente et le détachement entre pouvoir politique et direction artistique.

Aujourd’hui ils continuent à lutter et à faire fonctionner le Teatro Valle bien commun. Ils ont besoin d en cliquant sur les liens ci dessous : 

http://sostieni.teatrovalleoccupato.it/
http://www.teatrovalleoccupato.it/category/fondazione

Et surtout si vous allez à Rome, n’hésitez pas à y entrer, c’est occupé !

Elodie Chanut et Alessandro Riceci

e soutien, d’échanges avec d’autres pays et de ponts avec d’autres théâtres qui pourraient par exemple accueillir leurs productions. ..

Vous pouvez également les soutenir en adhérant pour 10, 20 euros ou plus et vous informer plus avant

 

 

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