Augusto BOAL


Le dramaturge brésilien Augusto Boal, fondateur du théâtre de l’Opprimé, est mort à Rio de Janeiro, le 2 mai 2009, à l’âge de 78 ans.

Hommage dans Le Carnet du Monde (12/05/09)

Né à Rio le 16 mars 1931, il avait fait des études de chimie. C’est lors d’un séjour à New York qu’il a découvert le travail de l’Actor’s Studio, inspiré des théories sur l’art dramatique de Stanislavski qui influenceront ses premiers travaux.

De retour au Brésil, il rejoint le Teatro de Arena. Sa première mise en scène, en 1956, est une adaptation d’Of Mice and Men (Des souris et des hommes), de John Steinbeck. Il met en scène également L’Engrenage, de Sartre, La Mandragore, de Machiavel, et Un tramway nommé désir, de Tennessee Williams, avec succès.

Toutefois, c’est dans le sillon de la dramaturgie de Bertold Brecht que le Teatro de Arena et Augusto Boal innovent, avec deux jeunes auteurs et comédiens, Gianfrancesco Guarnieri (Ils ne portent pas de smoking, 1958) et Oduvaldo Vianna Filho (Chapetuba Futebol Club, 1959), qui font souffler un vent de nationalisme radical sur la scène brésilienne. Dans la même veine, Boal écrit Révolution en Amérique du Sud (1961).

Figure charismatique, Boal prend la tête de la résistance culturelle après le coup d’Etat militaire de 1964. Son spectacle musical Opiniao soulève l’enthousiasme en mêlant des artistes traditionnels, comme Zé Keti, et de nouvelles interprètes, comme Maria Bethania, qui fait là ses débuts. Ensuite, Arena conta Bahia présente Gilberto Gil, Caetano Veloso, Gal Costa. Enfin, Arena conta Tiradentes exalte un martyr de l’indépendance et Arena conta Zumbi réhabilite un héros de la lutte contre l’esclavage.

A l’apogée de la dictature, sa réputation ne le met plus à l’abri de la prison. En 1971, Boal s’installe donc en Argentine, puis au Portugal et en France. Les techniques qu’il a mises au point, le “théâtre journal”, le “théâtre forum”, le “théâtre législatif”, “l’arc-en-ciel du désir”, connaissent alors un essor international. Ses ouvrages, Théâtre de l’opprimé et Jeux pour acteurs et non-acteurs, sont traduits dans une vingtaine de langues (en France, à La Découverte).

Refusant la séparation entre acteurs et spectateurs, entre professionnels et amateurs, entre scène et espace public, Boal stimule à la fois l’agit-prop et les prises de parole thérapeutiques, ainsi que les remises en cause de toutes les dominations. Ainsi, le “théâtre invisible” est une performance

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