Bruno SERMONNE


Bruno Sermonne s’est éteint samedi 16 novembre 2013 à Paris. Il avait 72 ans. Ses obsèques seront célébrées le mercredi 20 novembre à 10h30 en la Cathédrale Saint-Irénée.

Bruno Sermonne, un grand caractère

Comédien à la longue et exigeante carrière, de Jean Gillibert à Olivier Py en passant par Ariane Mnouchkine, Antoine Vitez et Alain Ollivier, Bruno Sermonne s’est éteint samedi à Paris. Il avait 72 ans. Ses obsèques seront célébrées le mercredi 20 novembre à 10h30 en la Cathédrale Saint-Irénée.

Bruno Sermonne, c’était un timbre de voix impressionnant qui, irrésistiblement, évoquait celui d’Alain Cuny. Il ne l’imitait en rien, mais il y avait une rencontre d’esprit.

Dès les années soixante, Bruno Sermonne, naît le 29 avril 1941 à Biarritz, joue sous la direction de Jean Gillibert. Il est jeune et fait partie de cette troupe informelle et brillante dans laquelle on croise Maria Casarès, Josette Boulva et dans laquelle Jean Gillibert joue parfois.

Ci dessous ce que Bruno Sermonne disait de Gillibert, lors de l’hommage élaboré par Michèle Venard.

“C’est un phénomène atmosphérique qui sait par sa profonde expérience de la tragédie grecque que le poétique et le politique ne font qu’un. Et quand il cherche avec le “hiéroglyphe d’un souffle“, à nous raccorder à cette insituable petite fibre rouge d’espérance spirituelle de la chair, c’est pour que le verbe retrouve dans la communauté humaine sa puissance salvatrice en notre temps de détresse.”

De Roméo et Juliette à Phèdre de Racine, des Perses d’Eschyle au Gardien du tombeau d’après Kafka, le jeune comédien grandit auprès d’un Gillibert qui puise au plus profond de la littérature dramatique. Ils vont du festival du Marais à celui de Châteauvallon en passant par Nancy.

Le long chemin avec Jean Gillibert, le conduit naturellement à Henri Ronse : il le dirige dans Une Saison en enfer en 69, puis dans Le Pélican d’August Strindberg. Un auteur que Bruno Sermonne aura beaucoup joué.

Inferno en 71 avec Henri Ronse, Père avec Otomar Krejca à Chaillot en 82,

Dans ces années, il avait travaillé aussi avec Ariane Mnouchkine, notamment dansMéphisto de Klaus Mann. Il avait repris un rôle et s’était très bien intégré à la troupe.

En 1984, il entame un parcours sous le regard d’Antoine Vitez qui aimait beaucoup cette personnalité forte, cet homme profondément épris de littérature, cet homme humble aussi, n’aimant rien tant que partager des aventures.

Les pièces La Mouette de Tchekhov et Le Héron de Vassili Axionov sont montées en miroir.Plus tard, Bruno Sermonne va travailler avec des proches d’Antoine Vitez : Yannis Kokkos pour La Princesse blanche de Rilke, Christian Benedetti pour Oncle Vania de Tchekhov.

Sa personnalité, sa présence, son regard, sa voix donc, imposent un comédien que de nombreux metteur en scène veulent faire travailler. Olivier Py lui a été fidèle, des Aventures de Paco Goliard, en 92, aux Enfants de Saturne en 2009 en passant par Le Soulier de satin en 2003 (et reprise en 2009), en passant par Les Vainqueurs et Le Visage d’Orphée.

Fidèle aussi Philippe Faure et beaucoup d’autres, tel Alain Ollivier qui mit en scèneLes Félins m’aiment bien d’Olivia Rosenthal et Le Cid. Une production qui des Nuits de Fourvière en 2007, connut une belle destinée en reprises et tournées.

On citera ici aussi l’hommage construit et conduit par Michèle Venard autour de Jean Gillibert. C’était en 2004, à la Maison des Métallos : un grand moment de haut théâtre et de fidélité, “Quelques pages arrachées à La Folie Pont-aux-Dames”.

Enumérer des titres ne dit rien de la personne, évidemment. Un caractère ombrageux mais chaleureux en même temps, quelque chose de mystérieux, de rétif, mais très discipliné pourtant. On pense aux siens, à sa fille Claire Sermonne, comédienne elle aussi et qui fut distribuée dans Le Cid , pour le plus grand bonheur d’un père admiratif.

Son article sur wikipedia.org
Ses spectacles sur lesarchivesduspectacle.net
Sa filmographie sur ImdB.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *