CORRESPONDANCE AVEC LA MOUETTE d’après ANTON TCHEKHOV & LIKA MIZINOVA | mise en scène NICOLAS STRUVE


CORRESPONDANCE AVEC LA MOUETTE

d’après                                   ANTON TCHEKHOV & LIKA MIZINOVA

 mise en scène NICOLAS STRUVE

GÉNÉRIQUE

D’après la correspondance entre Anton Tchekhov et Lika Mizinova

Traduction, adaptation, mise en scène Nicolas Struve
Geste scénographique Georges Vafias
Lumières Antoine Duris

Chorégraphie Sophie Mayer
Jeu David Gouhier, Stéphanie Schwartzbrod

Coréalisation La Reine Blanche – Les Déchargeurs & Cie l’Oubli Des Cerisers
Production Cie l’Oubli des cerisiers
Avec le soutien du théâtre de l’Abbaye (St Maur Des Fossés) et RAV!V (réseau des Arts Vivants en Île de France)

Création

LES DÉCHARGEURS – PARIS
4 au 29 février 2020

mardi au samedi à 19h

Durée 1h20

À PROPOS DE LA  PIÈCE

Anton Tchekhov, Lika Mizinova, 10 ans de correspondance. Ils se plaisent, se désirent, se titillent, s’agacent, se manquent. Elle se verra figurer dans la Mouette sous les traits de Nina.

UN TEXTE

Il existe 64 lettres de Tchekhov à Mizinova et 98 d’elle à lui.
Les lettres de Mizinova n’avaient jamais été traduites en français. Je m’y suis attelé, comme à celles de Tchekhov. J’ai traduit tout ce qu’il m’a été possible de trouver. À ce jour, la totalité des lettres de Tchekhov et d’une quarantaine de celles de Mizinova et des extraits de plus d’une quarantaine d’autres. Extraits trouvés dans diverses publications biographiques et scientifiques.
Le texte sera une adaptation de fragments de cette correspondance, comme de fragments de la Mouette (traduction personnelle).

UNE HISTOIRE

1889- 1900.
Anton, Lika. Il est célèbre, elle, d’une beauté qu’on dit sublime.
Elle a 19 ans, lui 29.
Lui, c’est Anton Tchekhov, elle, c’est Lika Mizinova.
Ils se plaisent, se désirent, se titillent, s’agacent, se manquent. Sans doute s’aiment-ils…
Il lui écrit : « C’est avec plaisir que je vous ébouillanterais… », elle lui dit : « Je vous donnerais une bonne ta- louche ! ». Quelque chose les rapproche, une certaine distance intérieure, une mélancolie débordante de vitalité… Tchekhov fait un pas en avant, deux pas en arrière. L’âme d’Anton serait-elle « un piano fermé à triple tour et dont on a perdu la clef » (Les Trois Sœurs) ?
Mizinova tente à plusieurs reprises de le rendre jaloux ; puis la voilà « définitivement amoureuse » d’Ignaty Potapenko, lui aussi écrivain, lui aussi célèbre… « Vous vous débrouillez toujours pour vous débarrasser de moi et me jeter dans les bras d’un autre », écrit-elle à Tchekhov. Elle part à Paris, y prend des cours de chant, y a un enfant de Potapenko, y est abandonnée de tous (et même un peu de Tchekhov…)
Elle rentre en Russie pour se voir aimée et abandonnée à nouveau sous les traits de Nina dans La Mouette. L’enfant meurt, elle attend un engagement pour Berditchev… Ils ne sont plus amoureux, une amitié tendre persiste. Puis ils ne se verront plus.

NOTE DE MISE  EN SCÈNE

Rien de patrimonial ou de révérencieux dans le spectacle à venir, plutôt un “petit récit“ d’art et de morale éphémères où passeront les fantômes d’un enfant mort, de la littérature telle qu’elle se fait et qu’elle nous défait, et cette « promesse de bonheur » que Stendhal avait cru voir dans les œuvres.
Mizinova fut un des « amours » de Tchekhov. On les maria presque. Si Tchekhov est bien dans cette correspondance l’écrivain prodigieux et drôle que l’on connait, le ton de Mizinova nous retient : irrévérencieux, espiègle… singulièrement moderne.

Traduisant Tchekhov et Mizinova, je suis tombé, à la façon de Roland Barthes, amoureux de leurs phrases, amoureux aussi de leur amour – joyeux et raté -, comme se doivent de l’être les amours.

Allégresse, férocité, joie, tragédie, bavardages, ouverture sur l’atelier de l’écrivain, voici ce qu’on trouve dans cette correspondance qui jette sur La Mouette comme sur son auteur une lumière sous laquelle la pièce – sans rien perdre de sa complexité ni de son mystère, gagne quelque chose d’infiniment concret.
Cette lumière, j’ai eu envie de la donner à voir. Une adaptation est née. Naîtra, je l’espère, un théâtre de corps, de désirs, de pensées…

Il m’est ainsi arrivé de penser à la réaction des personnages de la pièce lorsque, au quatrième acte, Treplev fait le récit de la vie tragique de Nina et que nul ne semble s’en émouvoir. Et il m’a semblé qu’il y avait là quelque chose du secret de la poétique tchekhovienne, une vérité dure et vécue.

Il m’est arrivé de penser aussi au baiser qu’échangent les personnages de Nina et Trigorine à la fin du 2ème acte, rare et fugace moment de désir heureux dans sa dramaturgie, à chaque représentation recommencé…

Tout y sera au plus simple, au plus proche, sans tralala d’époque, sous des lumières presque crues. Il y aura un homme et une femme, attirés l’un l’autre et se repoussant l’un l’autre. L’un des deux y figurera l’écrivain Tchekhov metteur en scène parfois de l’existence des autres.

Une scène : un atelier, des bandes de papiers tombant des murs sur lesquelles les acteurs pourront au be- soin écrire, où apparaîtront deux ou trois images : des limbes, comme celles de la littérature. On y esquis- sera quelques pas de danse sur du Arturo Marquez, du Franck Zappa, une vidéo de Galina Vichnievskaia.

Nicolas Struve

CORRESPONDANCE  AVEC LA  MOUETTE ET LA
CIE L’OUBlI DES CERISIERS  (O.D.C.)

Dans son essai, L’Homme sans contenu, le philosophe italien Giorgio Agamben écrit : « ce qui est en jeu (pour l’artiste) ne semble être en aucune façon la production d’une belle œuvre, mais la vie ou la mort de l’auteur ou, du moins, son salut spirituel ».

Depuis son origine, la Cie l’Oubli Des Cerisiers (ODC) s’attache à porter sur scène des mots inattendus. À la fois les œuvres mais aussi ce qui les précède, les accompagne, les entoure et, parfois même les ignore !

Correspondances de poètes et poèmes (De la montagne et de la fin, Correspondance avec la Mouette), paroles de petites gens (Ensorcelés par la mort), propos de membres de la « classe moyenne » aux prises avec la nécessité de « créer » (À nos enfants – train fantôme), comme s’il s’agissait de questionner le « pri- vilège » que notre monde accorde à l’œuvre d’art et de la faire chuter du piédestal sur laquelle experts et marché l’élèvent pour la ramener à sa dimension existentielle ou vitale.

La lecture de la correspondance entre Anton Tchekhov et Lika Mizinova m’a donné ce même sentiment et m’a confirmé ce qu’écrivait en 1896 Anatoli F. Koni au dramaturge après avoir assisté à une représentation de La Mouette : « C’est, sur scène, la vie même, avec ses unions tragiques, son inanité bavarde et ses souf- frances muettes, – la vie ordinaire, à la portée de tous, et, de tous ou presque, incomprise en sa profonde iro- nie, – une vie si proche de nous, si accessible qu’on en oublie aussitôt que l’on est assis dans un théâtre (…) »Correspondance avec la Mouette est le quatrième texte « russe » que Nicolas Struve adapte et met en scène, le troisième traduit par ses soins pour la compagnie.

PARCOURS

NICOLAS STRUVE / TRADUCTION, ADAPTATION, MISE EN SCÈNE
Mention spéciale prix russophonie, traduction – Lettre de la montagne et de la fin (2008)

Prix de la mise en scène, Les souffleurs – Ensorcelés par la mort (2010)
Nicolas Struve a été formé par Claude Buchvald et Michel Vinaver (Université Paris VIII, Saint Denis, 1975-1980). Il a enseigné à l’EDT 91, l’ERAC-AMU Aix-Marseille, en lycée et en collège.

Au théâtre, il joue notamment dans Le Repas de Valère Novarina, mise en scène de Claude Buchvald (Festival d’Automne, Paris, 1996), L’Opérette imaginaire de Valère Novarina, mise en scène de Claude Buchvald (Festival d’Automne, Paris, 1998), La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils et René de Ceccatty, mise en scène d’Alfredo Arias (Théâtre Marigny, Paris, 2000), Bobby Fisher vit à Passadena de Lars Noren, mise en scène de Claude Bacqué (Théâtre de l’Opprimé, Paris, 2002), La Gelée d’arbre d’Hervé Blutch, mise en scène de Benoit Lambert (Espace des Arts, Scène nationale de Chalon-sur-Saône, 2004), Eaux dormantes de Lars Noren, mise en scène de Claude Bacqué (Théâtre de l’Athénée, Paris, 2006), La Dame de la mer d’Henrik Ibsen, mise en scène de Claude Bacqué (Théâtre des Bouffes du nord, Paris, 2012), A la mémoire d’Anna Politkovskaia de et mise en scène de Lars Noren (Théâtre national de Bruxelles, 2013), Ils ne sont pas encore tous là d’après Anton Tchekhov, mise en scène de Chantal Morel (Théâtre du Soleil, Vincennes, 2015) ou On purge bébé de Georges Feydeau, mise en scène de Frédéric Jessua (Lucernaire, Paris, 2018).

Il joue également dans plusieurs pièces écrites et mises en scène par Valère Novarina : Le Vrai Sang (Théâtre de l’Odéon, Paris, 2011), L’Atelier volant (Théâtre du Rond-Point, Paris, 2012), Le Vivier des noms (Cloître des Carmes, Festival In, Avignon, 2015) et L’Animal imaginaire (Théâtre de la Colline, Paris, 2019)

Il joue également sous la direction de Alfredo Arias, Gilles Bouillon, Richard Brunel, Richard Demarcy, Jean- Louis Martinelli, Chantal Morel, Christophe Perton, Lisa Wurmser ou Maria Zachenska.

En tant que metteur en scène, il créé notamment Une aventure de Marina Tsétaieva (Rencontre interna- tionale de théâtre, Dijon, 2000), Ensorcelés par la mort de Svetlana Alexievitch (Studio théâtre de Vitry, 2009-2011), A nos enfants (Train fantôme), écriture collective (Théâtre Gérard Philippe, Centre dramatique national, Saint-Denis, 2017) et participe à la mise en scène de Sacré Sucré Salé de Stéphanie Schwartzbrod (NEST, Centre dramatique nationale, Thionville, 2012) ou Rêves et motifs sur des textes d’Alexandre Grothen- diek (L’Estive, Scène nationale de Foix, 2016).

Il traduit plusieurs ouvrages du russe au français dont L’Analyse-Action de Maria Knebel (Actes-Sud 2007) et une dizaine de pièces d’Olga Moukhina, Anton Tchekhov, Nicolas Erdmann, des frères Presniakov et de Mari- na Tsetaeva dont il a traduit Lettre de la montagne et de la fin, d’après la correspondance avec Konstantin Rodzevitch (Clémence Hiver, 2007).

STÉPHANIE SCHWARTZBROD / INTERPRÈTE

Après avoir suivi les cours d’Antoine Vitez (Ecole du Théâtre National de Chaillot, 1986-1988), Stéphanie Schwartzbrod a été formé au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique (Paris, 1988-1991).

Au théâtre, elle joue dans près d’une quarantaine de spectacles. Elle a notamment travaillé avec Michel Didym et Charles Berling, elle a joué Fiodor Dostoïevski avec Alain Ollivier et Maria Zachenska, Copi avec Alfredo Arias, Jean Giraudoux avec François Rancillac, Pasolini avec Stanislas Nordey, Marivaux avec Gilbert Rouvière, William Shakespeare avec Bernard Sobel et Stuart Seide, Ivan Tourgueniev avec Yves Beaunesne, Paul Claudel, Oriza Hirata et René Char avec Frédéric Fisbach, Henrik Ibsen avec Olivier Werner, Odon Von Horvath et Svetlana Alexievitch avec Jacques Nichet, Molière avec Arthur Nauzyciel, Bernard-Marie Koltès avec Elisabeth Chailloux et Laurent Vacher, Fernando Pessoa avec Philippe Eustachon, Sarah Kane avec Daniel Jeanneteau, Svetlana Alexievitch et Marina Tsvétaéva avec Nicolas Struve, Molière et Alexandre Kousnevski avec Jean Boillot, Hans Christian Andersen avec Claude Brozzoni, Hanoch Levin avec Laurent Gutmann, Virginia Woolf avec Lisa Wurmser, Molière avec Claude Buchwald, Gérard Watkins avec Jean-Paul Rouvrais. Elle a participé à la dernière création de la Cie l’Oubli des cerisiers : A nos enfants (Train fantôme),mise en scène de Nicolas Struve.

Elle a écrit, mis en scène (avec Nicolas Struve) et joué seule en scène, le spectacle Sacré sucré salé (Théâtre de l’Aquarium, Centre dramatique national de Thionville, Nice, Lille, 85 dates), d’après son livre Saveurs sa- crées (Actes-Sud). Elle a écrit par ailleurs plusieurs livres de cuisine. Elle a fait paraître en avril 2019 son livreLa cuisine de l’exil (Actes-sud), qui sera le sujet de son prochain spectacle.

Au cinéma elle a travaillé avec Jacques Rivette, Lorraine Groleau, Bruno Gantillon et Luc Pagès. Elle mène depuis près de quinze ans de nombreux ateliers en milieux scolaire ou carcéral.

DAVID GOUHIER / INTERPRÈTE

Sorti de l’école du Théâtre national de Strabsourg en 1995, il a travaillé avec Jean-Pierre Vincent dans Karl Marx théâtre inédit, Le jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, Tartuffe de Molière, Homme pour Hommede Brecht, Lorenzaccio de Musset, L’École des femmes de Molière, Les acteurs de bonne foi de Marivaux ; avec Elisabeth Chailloux dans Sallinger de Koltès, La fausse suivante de Marivaux, Le baladin du monde occidental de Sing ; Laurent Gutmann dans Splendid’s de Jean Genet, dans Le petit poucet adaptation de Laurent Gutmann ; Claude Buchvald dans Tête d’or de Claudel. Il travaille également sous la direction de Jean Louis Benoît dans La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni et Gérard Watkins dans ses textesScènes de violences conjugales et Ysteria

Il anime depuis de nombreuses années de multiples ateliers en milieu scolaire.

GEORGES VAFIAS / SCÉNOGRAPHIE

Après des études d’architecture en Grèce, de philosophie de l’art et de la culture, Georges Vafias a suivi des études de scénographie à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs.

Il travaille à la fois comme scénographe et comme architecte en France, en Grèce, en République Tchèque, en Slovaquie, en Chine, en Corée du Sud. Il a travaillé avec les metteurs en scène tels que Jean-René Lemoine, Maria Zachenska, Stéphane Olivier-Bisson, Regina Martino, Jean Louis Cordina, Maria Gyparaki, Bruno Cochet, Nabil El Azan, Gil Bourasseau, Nicolas Struve, Dimitris Ntaskas, Helene Cinque, Juraj Bielik ou Martin Cicvak.

Il signe les décors et les costumes pour le théâtre, l’opéra ou la danse contemporaine à la Ferme de Buisson, au Théatre du Rond-Point, au Théâtre de la Tempête, au petit Odéon, au Théâtre Toursky, au Théâtre Gérard Philippe, à Chaillot, au Tarmac de la Villette, à la Maison de la Poésie, au théâtre de l’Athénée, au Théâtre Liberté, à Nanterre, au Théatre du Soleil, à l’Opera d’Athènes, au Théâtre national de Bratislava ou encore au Théâtre national de Brno.

SOPHIE MAYER / CHORÉGPAHE

Danseuse pendant 20 ans, elle a été l’interprète de nombreux chorégraphes, metteurs en scène et réali- sateurs (J. Russillo, Fr. Guilbard, M. Dhallu, Chr. De Rougemont, J. Moussy, C. Marcadé, Jean-Luc Boutté, A. Françon, J. Savary, J-P Goude, James Ivory…). Chorégraphe sans compagnie permanente, elle développe son travail lors d’évènements urbains et exceptionnels. Elle met en scène L’œil du monde de Philippe Minella en 2001 puis Alif le grand de M-F Saint Dizier en 2014. Chorégraphe et/ou collaboratrice artistique à la mise en scène depuis 1994, elle travaille avec de nombreux metteurs en scène au théâtre et à l’opéra : Benoit La- vigne, Philippe Adrien, Brigitte Jaques-Wajeman, Laurence Renn- Penel, Stéphane Valensi, Georges Werler, Gilles Bouillon, Andrzej Seweryn, Xavier Gallais, Agathe Alexis, D. Klockenbring, Justine Heynemann, Marcel Bozonet, Claude Stratz (Comédie Française), Anne Bourgeois, Bruno Wolkowitch, Elisabeth Chailloux … Ainsi qu’au cinéma et à la télévision (films réalisés par Éric Caravaca, Christine Laurent, Sylvain Monod, Laurent Jaoui…). Professeure de danse contemporaine, diplômée d’état, elle enseigne depuis 1983 en direction de différents publics, amateurs et professionnels : École du cirque A. Fratellini, CDN de Savoie, de Nancy, CDR de Tours, animations en milieu scolaire, Cours Florent, …. Elle anime des Stages Afdas (« Comédie Musicale » avec Chr. Legrand, M. Dussarat et I. Gomez, « Théâtre Classique – Danse Actuelle « avec G. Gleizes, « Scènes d’amour dans le théâtre de Tchekhov et Shakespeare » avec Benoit Lavigne, « Atelier de Création » avec C. Marcadé, Y-J Collin et M. Bouhada). Elle enseigne au Conservatoire national supérieur d’Art drama- tique de Paris de 2014 à 2016.

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