Dario FO


Bateleur, peintre, acteur, dramaturge, metteur en scène et perpétuel provocateur, ce prix Nobel de littérature 1997, nous a quitté jeudi dernier


Lu sur Telerama.fr
L’hommage de Fabienne Pascaud

Dario Fo, mort d’un agitateur généreux

Un prix Nobel de littérature atypique chasse l’autre. Le clown Dario Fo (Nobel 1997) disparaît à 90 ans, le jour même où les jurés de Stockholm récompensent le barde Dylan. Autant de poètes et magiciens de la scène. Mais Dylan consacrera-t-il l’intégralité du chèque offert (un million d’euros) à la création d’une fondation pour handicapés comme le fit Dario Fo ?

Avec sa haute dégaine distinguée à la Tati, ses immenses yeux bleus curieux et son verbe intarissable, le bateleur, peintre, acteur, dramaturge, metteur en scène et perpétuel provocateur était d’une générosité exemplaire. Un des derniers grands artistes européens à avoir constamment créé et milité pour les pauvres et les humiliés. Avec eux, même, souvent, devant ou dans les usines en grève. Et toujours avec cette insolence conviviale, rabelaisienne, ce rire iconoclaste, cette allégresse bouffonne.

Nourris par les farces médiévales, la commedia dell’arte comme par Bertolt Brecht, maniant l’improvisation, le masque, cultivant le grotesque et l’agit-prop dès la fin des années 1960, le gauchiste auteur de Mystère Bouffe, Faut pas payer ou Mort accidentelle d’un anarchiste, s’engagea jusqu’à la fin. Se présentant à la mairie de Milan en 2006 ou soutenant le Mouvement 5 étoiles récemment. Au risque tout au long de sa carrière d’avoir essuyé la censure médiatique, les foudres du pape et même la prison. Mais sa diablesse d’épouse et muse, sa géniale complice artistique et militante, la très féministe Franca Rame le soutint jusqu’à sa mort, en 2013. Il est parti retrouver celle qui l’accompagna soixante ans durant, l’inspirant si fort qu’il avait officiellement voulu partager avec elle son Nobel. Est-ce fréquent ?

Fabienne Pascaud


En 1976, Antoine Vitez avait invité Dario Fo au Conservatoire pour ce qui ne s’appelait pas à l’époque une “Master Class”, mais une conférence, pendant laquelle ce génial créateur avait présenté sa vision du jeu de l’acteur et du théâtre. Ceux qui ont eu la chance d’y assister s’en souviennent encore. 

Sceneweb, en la personne de Stéphane Capron, nous propose une sélection de ses pièces disponibles dans des éditions françaises :
Mort accidentelle d’un anarchiste
(Ed Arche)
Faut pas payer !
Mystère bouffe (Mistero buffo, 1969)
(Ed Arche)
Histoire du tigre et autres histoires
(Ed Arche)
Récits de femmes et autres histoires (avec Franca Rame)
(Ed Arche)
Premières farces.
Klaxon et trompettes… et pétarades.
Le Gai Savoir de l’acteur
(Ed Arche)
Johan Padan à la découverte des Amériques
(Ed Arche)
Le Pays de Mezaràt, mes sept premières années et un peu plus
(Plon, 2004).
Le Monde selon Fo
(Fayard)
Amour et dérision
(Fayard)
    L’apocalypse différée ou à nous la catastrophe
(Fayard 2010)
Une réflexion écologique.
La Fille du Pape
(Grasset, 2015)


Voir l’article paru sur lemonde.fr

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