Doris LESSING


La grande dame nous a quitté, le 17 novembre 2013 à l’âge de 94 ans, mais elle restera cette femme aussi bienveillante qu’en colère contre un monde absurde qu’elle critique avec humour et un redoutable esprit caustique. Qui d’entre-nous sait qu’elle a aussi écrit des pièces de théâtre ?

Il n’est guère de genre auquel Doris Lessing, l’un des écrivains les plus prolifiques de Grande-Bretagne dans la seconde moitié du xxe siècle, ne se soit essayée : sa curiosité intellectuelle, l’étendue et la nature de ses préoccupations la poussent à explorer constamment des formes et des thèmes différents ; d’un roman-document, d’une étude politique écrite de la façon la plus réaliste, elle passe au domaine de l’imaginaire, spécule sur l’avenir du monde et s’aventure dans l’univers de la folie vue comme un état où nous sont livrées les bribes d’une connaissance essentielle.
En 2007, le prix Nobel de littérature a couronné « la conteuse épique de l’expérience féminine qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée ».
Une description bien tiède pour cette battante, cette insolente radicale qui pensait rejoindre le bataillon des très grands écrivains n’ayant pas eu le Nobel pour n’être pas assez politiquement correct, elle qui, justement, jugeait le politiquement correct comme “la plus puissante tyrannie des esprits dans ce qu’on appelle le monde libre.”
Son œuvre protéiforme compte une vingtaine de romans (dont deux séries de cinq volumes), de nombreux recueils de nouvelles, des pièces de théâtre, de multiples adaptations pour la télévision, sans compter une plaquette de poèmes et des essais divers. On a comparé cette construction ample et complexe à une cathédrale qu’il faudrait aborder par la nef centrale : Le Carnet d’or.
Ses pièces de théâtre, dont Play with a Tiger créée à Londres en 1962, n’ont jamais été éditées en français. Peut-être sa disparition va-t-elle susciter l’intérêt d’un traducteur pour ces oeuvres que nous aimerions voir sur scène.

Sources : Christine Jordis, in Encyclopædia Universalis

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