Eric EMO


Il a photographié nombre d’entre nous. Il a été emporté ce lundi 6 avril par un cancer foudroyant à 61 ans. Obsèques ce vendredi 10 avril à 10h au Père-Lachaise.

 


Pendant plus de 20 ans, Eric a été de ceux qui faisaient nos photos professionnelles. Parallèllement, il continuait sans relâche ses recherches artistiques qui l’ont menées, il y a deux ans, au prix Arcimboldo. Il était un pédagogue généreux et patient avec les adolescents, un scénographe inventif et il était loin d’avoir épuisé son talent quand la maladie l’a emporté en moins de deux mois.

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Voici quelques liens qui permettent de mieux appréhender son infatiguable quête d’artiste :

  Eric Emo “Comme des corps”

  Eric Emo, virtuose de l’émotion silencieuse

Ce n’est plus de la photographie, pas encore de la peinture. Indéfinissable, le travail d’Éric Emo oscille entre présence et absence, vie et mort, ombre et lumière, rêve et réalité. De formation traditionnelle, il découvre l’alchimie de la photographie argentique à Central Color, où il côtoie Helmut Newton, Jeanloup Sieff, Bernard Plossu ou Jacques Henri Lartigue…Pour « Connaissance des Arts » à la fin des années 1980, il pénètre l’univers des musées et des collections et se livre ensuite au musée Rodin à une recherche sur l’envers de la sculpture, révélant un monde insoupçonné. S’amorce alors, avec la plasticité de la photographie numérique, un parcours très personnel, où il questionne les crucifix dans les cimetières, les visages diaphanes et flous de la statuaire mortuaire ou de Pompéi, animant la sculpture de manière saisissante et s’interrogeant sur lui-même. « Le fil conducteur, c’est le corps. Je suis devenu mon propre sujet : mon corps. »

Se livrant à une forme de performance photographiée, il travaille sur « l’extase et la crucifixion » et la perception de tension musculaire, avec des plans rapprochés quasi abstraits laissant percevoir le sentiment d’une mise en danger. Passionné de peinture, des primitifs flamands à l’art contemporain, il met en scène ses vanités et compose ses photos comme des tableaux. La série Mascarades confirme cette approche picturale, avec un jeu sur les images de sites Internet, où les personnes se montrent nues mais masquent leur visage… Avec les Dédales, c’est un travail très construit, où la couleur saturée transfigure la réalité et joue avec l’architecture. L’homme y affronte son destin, dans toute la vulnérabilité de son corps incarné.
Valérie de maulmin – connaissancedesarts.com

  “Mascarade”, Eric Emo en quête d’identité

    Eric Emo – Playing on the other side

  “Eric Emo”  Le jeu des formes, au Musée Bourdelle, Paris

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