Félicien MARCEAU


L’écrivain français, académicien, romancier, auteur de théâtre, d’origine belge, Félicien Marceau est mort, mercredi 7 mars 2012, à l’âge de 98 ans

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Pour saluer Félicien Marceau, auteur dramatique et traducteur

Académicien, romancier, auteur de nouvelle délicates, de fables, c’est par le théâtre qu’il connut la plus belle des notoriétés. Il est l’auteur de L’Oeuf, de La Bonne Soupe et de Madame Princesse, entre autres. Mais aussi le traducteur scrupuleux de Luigi Pirandello et de Goldoni. C’est lui qui avait traduit La Trilogie de la Villégiature pour la mise en scène de Giorgio Strehler. Il s’est éteint hier.

C’était un homme de commerce agréable mais dont le passé n’était pas sans zone trouble. Il était né belge en 1913 et était depuis 1959 un des plus délicieux des écrivains français. Il avait été élu en 1975 à l’Academie Française succédant au 21ème fauteuil à son ami Marcel Achard. Son élection n’avait pas été sans secousse au sein de la belle compagnie. Dans sa jeunesse, en Belgique, Félicien Marceau avait dû répondre de ses activités pendant la guerre. Pierre Emmanuel avait démissionné en novembre 75, protestant contre l’élection de Félicien Marceau condamné en janvier et octobre 1946 après avoir été jugé par le Conseil de Guerre de Bruxelles. Il avait été déchu de la nationalité belge.

Ici, nous n’évoquerons que le théâtre de Félicien Marceau grand écrivain de roman avec dès 1952 le prix de la Fondation Del Duca pour L’Homme du roi, en 55 le prix Interallié pour Les Elans du coeur, en 1969 le prix Goncourt pour Creezy.

Mais le théâtre avait encore élargi son cercle avec des comédies “sociétales” pleines d’alacrité. L’Oeuf créé en 1956   dans une mise en scène d’André Barsacq au Théâtre de l’Atelier et qui fut un succès phénoménal. Le propos de la pièce passionna les spectateurs. La pièce entra au répertoire de la Comédie-Française en 1979. Elle se situe un peu, pour dire vite, entre Marcel Aymé et Eugène Ionesco. Une reprise de la pièce il y a quelques saisons, dans une mise en scène de Christophe Lidon, avec Bernard Malaka,  devait montrer que ces comédies, drôles et acides tenaient le coup !

Félicien Marceau, de son vrai nom Carette, avait composé Caterina, en 1954, pièce qui lui vaudra le prix Pellman. Il disait en avoir eu l’idée en Venise, lors d’un voyage, en découvrant la vie de Caterina Cornaro (1454-1510). Il avait éprouvé la liberté que permet l’écriture théâtrale.

Mais répétons-le, c’est L’Oeuf qui le rend très célèbre et très aimé du public. Il compose dans la foulée La Bonne Soupe créée en 1958, tout un programme.

Viennent ensuite, à raison dune pièce par an, quasiment, jusqu’en 1969, L’Etouffe-Chrétien, Les Cailloux, La Preuve par quatre, Madame Princesse, Un jour j’ai rencontré la vérité et enfin Le Babour, en 1969.

De très grands théâtres ont accueilli les pièces de Félicien Marceau, de grands acteurs les ont jouées. Citons par exemple, pour la seule Bonne Soupe : Marie Bell et Nicole Courcel à la création (dans les deux partitions d’une même femme à deux âges). Avec elles citons de la distribution de la création, en 1958 au Gymnase, donc, Alfred Adam, Daniel Ceccaldi.

Adaptée au cinéma par Robert Thomas, La Bonne Soupe réunit Annie Giradot et toujours Marie Bell.

La pièce fut reprise des années plus tard, en 1979, aux Célestins de Lyon. C’est la merveilleuse Danielle Darrieux qui jouait alors avec la jeune Nathalie Juvet et, entre autres, Patrick Préjean. C’est Jean Meyer qui signait la mise en scène.

Citons également Claude Brasseur qui créa A nous de jouer en 1979 avec Philippine Pascal au Théâtre des Arts-Hébertot. C’était un peu une pièce “pirandellienne”. Un représentant obscur loue une salle de théâtre…Et au fur et à mesure, se construit, autour de lui, la pièce que nous, spectateurs, voyons.

Mais c’est également en traduisant de grands textes que Félicien Marceau avait imposé sa plume vive, fine, élégante et subtile. Il traduisit Luigi Pirandello et le cher Carlo Goldoni. C’est lui qui avait signé la première mouture de La Trilogie de la Villégiature. Et si l’on aime beauocup celle jouée actuellement, celle de Myriam Tanant, avouons que celle de Félicien Marceau était excellente elle aussi.

De tous les metteurs en scène qui avaient aimé l’univers de Félicien Marceau, il faut évidemment citer à nouveau André Barsacq (1909-1973). Il s’était pris d’amitié et pour l’homme et pour son style brillant et tenu en même temps. Il monta Caterina (55), L’Oeuf (56), La Bonne Soupe (58)  Les Cailloux (62), Un jour j’ai rencontré la vérité (67), à la Comédie des Champs-Elysées et Le Babour (69).

Ils formèrent, grand “régisseur” et “dramaturge” un de ces duos d’artistes qui font du théâtre qui a du sens, qui touche et que les comédiens adorent jouer.

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