FLEUR PELLERIN ET LES INTERMITTENTS


Quelle sera l’attitude de la nouvelle Ministre de la Culture et de la Communication vis à vis des attentes des professionnels du spectacle et de leur lutte ?



En succédant à Aurélie Filippetti à la rue de Valois, Fleur Pellerin hérite du difficile dossier des conditions d’indemnisations des intermittents du spectacle. Ces derniers restent vent debout contre le fameux protocole d’accord du 22 mars (la nouvelle convention UNEDIC d’assurance-chômage), ratifié – malgré ses promesses électorales – par le ministre du Travail François Rebsamen.



Après les grèves de l’été qui ont perturbé le déroulement des festivals, notamment celui d’Avignon, les intermittents n’entendent pas relâcher la pression. Le syndicat Sud Culture demande à la nouvelle ministre de la Culture d’obtenir la suppression de la mesure polémique. Et si elle ne l’obtient pas, de démissionner.

 « Le mouvement n’est pas terminé », insiste Denis Gravouil, leader de la CGT-spectacle, d’autant plus décidé à « maintenir la pression » qu’il craint que « le gouvernement Valls II sera encore plus enclin à ne pas fâcher le Medef » . Le syndicat annonce des assemblées générales de rentrée à partir du 15 septembre, soit trois jours avant la reprise de la concertation sur l’avenir du régime.

Le trio de médiateurs nommé par Matignon, emmené par le député PS Jean-Patrick Gille, ambitionne toujours de rendre ses conclusions d’ici à la fin de l’année mais reste flou sur les pistes qui pourraient retenir son attention.



Ce qu’en dit la presse :

Article sur LE POINT “Culture”
Fleur Pellerin entre virage numérique et impasse des intermittents   La nouvelle ministre a, tout comme Aurélie Filippetti, défendu “l’ambition de la gauche” pour la culture, mais ni l’une ni l’autre n’a fait référence aux intermittents du spectacle, en lutte contre la nouvelle convention chômage du 22 mars qui durcit leurs règles d’indemnisation.
La bombe d’un conflit fatal pour certains grands festivals de l’été avait été désamorcée in extremis en juin par le Premier ministre, contraint de voler au secours de sa ministre de la Culture. Manuel Valls a lancé une concertation qui a tenu une première série de réunions en juillet, tandis que les festivals en question se tenaient sans trop de perturbations. Mais la concertation est au milieu du gué : certes, toutes les propositions sont sur la table et personne n’a claqué la porte, mais il reste à formuler des “propositions concrètes d’ici la fin de l’année”, comme l’a demandé le Premier ministre.

“Le combat continue” (CGT Spectacle) 


Les travaux reprennent le 18 septembre, et le fossé entre les intermittents, qui réclament une renégociation de la convention chômage, et le Medef et les partenaires sociaux qui n’envisagent pas de rouvrir la négociation avant l’échéance prévue de 2016 risque de se creuser. Faute de consensus, il reviendra aux trois médiateurs de faire des propositions. “Pour nous, le combat continue, peu importe le changement de gouvernement”, a souligné mardi la CGT Spectacle dans un communiqué. Grèves et annulations de spectacles risquent de perturber la rentrée. Fleur Pellerin devra aussi s’assurer que les promesses de Manuel Valls de “garantir le budget de la culture pour les trois années à venir” sont bien tenues, dans un contexte budgétaire serré.  

Article de l”EXPRESS L’ENTREPRISE, publié le 27/08/2014 à 13:41, mis à jour à 13:41



La CGT Spectacle “très vigilante” sur le dossier des intermittents



Paris, 27 août 2014 – La CGT Spectacle, fer de lance de la lutte des intermittents du spectacle, est “très très vigilante” sur le dossier, alors que “le gouvernement a l’air encore moins enclin à chagriner le Medef”, a indiqué à l’AFP Denis Gravouil, son secrétaire général.

La concertation ouverte en juin par le Premier ministre Manuel Valls sur le régime des intermittents doit reprendre ses travaux le 18 septembre en vue de faire des propositions d’ici la fin de l’année. 



Or, “le gouvernement a l’air encore moins enclin à chagriner le Medef avec la nouvelle composition, donc à la fin de la concertation, il va falloir prendre des décisions qui seront un peu compliquées si n’apparaît pas un consensus, qui me paraît un peu difficile à trouver entre nous et le Medef”, observe-t-il. Les intermittents souhaitent renégocier la convention chômage, tandis que le Medef s’en tient à l’échéance prévue de 2016. 



La nouvelle ministre de la Culture Fleur Pellerin “n’a pas suivi le dossier”, constate Denis Gravouil, qui estime que “ça va être plutôt suivi par Matignon”, qui a “pris en main le sujet” au mois de juin, en mettant en place une concertation. 



“On verra bien si on est soutenu (par la nouvelle ministre) comme Aurélie Filippetti tentait de le faire”, avance Denis Gravouil, qui note “qu’elle a essayé de faire en sorte que le gouvernement n’agrée pas l’accord (sur la convention chômage) du 22 mars”. 



Pour la CGT Spectacle, largement majoritaire dans le secteur du spectacle vivant, “la question de fond c’est de savoir quel va être le poids de la ministre de la Culture et s’il va y avoir une politique culturelle un peu ambitieuse”.  



“On a quelques grosses inquiétudes sur l’audiovisuel public et sur quelques gros opérateurs comme l’Opéra, l’austérité budgétaire continue de s’appliquer, même si elle est moins lourde compte tenu des annonces” (du Premier ministre Manuel Valls a garanti le budget de la Culture, hors communication, sur 3 ans). 



Denis Gravouil espère également “très vite” des réponses sur le sort de la future loi sur la création, “qui est repoussée à chaque session parlementaire”. 

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