François NOURISSIER


L’écrivain français François Nourissier, membre de l’Académie Goncourt, critique de cinéma à L’express (1970-1972), critique dramatique au Figaro (1975-1977), est mort mardi 15 février 2011. (Vidéo)

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François Nourissier, décédé mardi à l’âge de 83 ans, «est mort exactement comme pouvait mourir un des personnages de ses livres», mais «peut-être qu’il meurt un peu tard», a estimé Jean d’Ormesson, évoquant la maladie de Parkinson dont souffrait l’écrivain.

«Miss P, c’était la maladie de Parkinson, il faut dire que pour moi cette mort qui est un grand chagrin, est un grand soulagement», a confié l’Académicien mercredi sur RTL.
«Il était malade depuis des années. Il souffrait énormément et la fin de sa vie a été extrêmement cruelle. Peut être qu’aujourd’hui il meurt un peu tard, il a connu une gloire littéraire extraordinaire, il était le Pape de l’édition et le Pape de la littérature française.»

«Ses articles, ses livres étaient très importants. On peut dire qu’avec Pivot, il était celui qui décidait du destin d’un livre et d’un auteur. Un des thèmes de Nourissier c’était sa déchéance physique», a rappelé l’écrivain.

François Nourissier «était un peu un malade imaginaire, pas si imaginaire que ça d’ailleurs. Il mettait en scène sa décrépitude, ses personnages étaient toujours un peu atteints de maux différents, étaient mal à l’aise», a-t-il souligné.
«C’était un romancier du malaise de la bourgeoisie française. La réalité a rattrapé l’écrivain. Il est mort exactement comme pouvait mourir un des personnages de ses livres», a conclu Jean d’Ormesson.

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Bernard Pivot, sur BFMTV,
a également tenu à honorer la mémoire de l’écrivain:

«Depuis 3 ans son corps était en souffrance et son esprit malheureusement en déshérence.» 

«Il a écrit un livre de chef d’œuvre, c’est un livre de souvenirs. “A défaut de génie” est un livre absolument extraordinaire, admirable du début à la fin, dans lequel il expose à la fois ses bonheurs et ses chagrins. Cet homme habitait dans un hôtel particulier du 16eme arrondissement mais sa véritable demeure ça a été les livres. Les livres qu’il écrivait et les livres qu’il lisait. Il n’était pas seulement membre de l’Académie Goncourt, il était critique littéraire. Il a été éditeur, journaliste bien avant de devenir écrivain. C’est un homme dont la plume a couru tout au long de sa vie. Il a vécu pour la littérature, il a vécu de la littérature.»

«C’était l’homme qui par sa connaissance, par son engagement et sa passion des livres  exerçait une influence très grande sur l’Académie Goncourt et sur les votes. Il y avait ce rayonnement auquel nous étions tous très sensibles. Quand il défendait un livre on peut dire que ce livre l’emportait… »

«C’était un personnage qui avait une très forte personnalité et qui savait parler des livres, qui avait cet engagement, cette passion. Très souvent on était ébranlés. Quand on avait des doutes sur certains livres il savait lever ces doutes. Certains l’ont accusé d’avoir trop de pouvoir, on l’a accusé d’une sorte de despotisme. Je ne crois pas du tout. Simplement il avait des goûts et il savait les faire partager à d’autres, c’était ça sa grande passion. Je n’ai jamais vu un homme aussi engagé dans la défense de la bonne littérature.»

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