Georges WOD


Le comédien et metteur en scène Georges Wod est décédé, le 28 juillet 2010, à 74 ans, à Paris. (Vidéo)

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Fougueuse personnalité du théâtre romand, il s’est notamment illustré au Théâtre de Carouge (GE). Il en a été le directeur de 1981 à 2002.

Georges Wod avait mené le Théâtre de Carouge au succès avec, certaines années, plus de 10’000 abonnements et 80’000 spectateurs par saison. «C’était alors unique en Europe», relève Jean Liermier, le directeur actuel du Théâtre de Carouge. L’institution a confirmé l’information du décès du comédien parue jeudi dans «Le Temps».

«Georges Wod était outrageusement passionné. Ses coups de gueule ont fait son aura», relève le metteur en scène qui rend hommage à un «très grand acteur» qui avait «une grande sensibilité». Il a défendu un théâtre populaire à Carouge et soutenu de nombreux jeunes comédiens, souligne M.Liermier.

De son côté, Raoul Pastor, comédien et directeur du Théâtre des amis à Carouge, garde de Georges Wod un souvenir «ému, touchant et joyeux». Au début des années 90, les deux hommes ont été très proches, avant que leurs liens ne se distendent. «C’était un homme tout d’une pièce, péremptoire et définitif dans ses jugements. Une belle nature», se rappelle Pastor. «Sur scène, le comédien apparaissait truculent. Notamment dans «Cyrano de Bergerac», où il était formidable.» Davantage que leurs rapports professionnels, parfois empreints d’«homériques engueulades», le fondateur du Théâtre des amis garde en mémoire la «grande chaleur humaine» de Wod. «On a partagé de vraies crises de rire, de même que des moments de détresse. C’était quelqu’un d’excessif, qui aimait avec passion et détestait de même.»

Ce que confirme sobrement le comédien genevois Maurice Aufair, complice de Wod dans de nombreuses pièces: «C’est un homme que j’ai beaucoup adoré et beaucoup détesté.»

Georges Wod s’appelait en réalité Georges Wodzicki. Polonais né dans une famille de diplomates, il arrive en 1940 dans le sud-ouest de la France où sa mère vient de rejoindre un époux engagé volontaire et résistant.

Georges Wod grandit à Toulouse et y entreprend des études de Lettres. Dans cette ville, il entre au conservatoire puis entame sa carrière au théâtre. Il est engagé durant cinq ans au Centre dramatique national. En 1960, il arrive à Carouge où il joue «Capitaine Karagheuz» de Louis Gaulis.
Georges Wod travaille alors sous la direction de François Simon et Philippe Mentha et multiplie les activités tant sur scène que dans les coulisses. En 1962, il entre au comité directeur du théâtre genevois.

Notoriété internationale

Carouge le rapproche de la Télévision suisse romande pour laquelle il tourne une quarantaine de téléfilms et de dramatiques, notamment avec Michel Soutter, Raymond Vouillamoz, Yvan Butler et José Giovanni. En 1973, il signe sa première mise en scène pour le Nouveau Théâtre de Carouge.

Parallèlement, Georges Wod mène sa carrière à Paris. La télévision française l’apprécie, la scène aussi. De 1978 à 1981, il joue au Théâtre de la Ville et au Carré Silvia-Montfort. On le voit au cinéma. «Le Haut-Mal» de Louis Grospierre, où Georges Wod tient le rôle principal, est sélectionné pour le Festival de

Cannes de 1974.

Sa filmographie comprend notamment «L’Escapade» de Michel Soutter, «Le Gitan» de José Giovanni, «Lumière» de Jeanne Moreau et «Le Shérif» d’Yves Boisset. En 1981, Georges Wod quitte Paris et reprend la direction du Théâtre de Carouge. En quelques années, il en fait une scène d’envergure internationale.

Directeur de théâtre

Dès lors, Georges Wod ne cesse de surprendre son public par la variété et l’ouverture de sa programmation. Il monte les créations de Monique Lachère, sa femme, récits de grands destins comme «Don Quichotte», «Raspoutine», «Freud» ou «Catherine de Médicis».

Le répertoire classique est largement servi avec Marivaux, Molière ou Musset. Les jeunes auteurs sont programmés dans «la petite salle», une scène qui leur est réservée au 57 de la rue Ancienne.

Des récompenses

Homme d’action à la carrure impressionante, Georges Wod ne se contente pas de son bureau de directeur. Il brûle les planches dès qu’il le peut, endossant des personnages comme Cyrano, Dom Juan, Monsieur Jourdain, Henri IV. Il est également très actif en tant que président de l’Union des théâtres romands.
Cet homme passionné qui était aussi professeur de diction et de théâtre a reçu plusieurs distinctions. En 1992, la Ville de Carouge lui attribue le Mérite carougeois et, deux ans plus tard, Jacques Toubon alors ministre français de la culture et de la francophonie le fait Chevalier des Arts et Lettres.
Genève retrouve le comédien à la voix grave et puissante en 2006. Il joue alors au Théâtre Pitoëff dans la pièce «L’habilleur».

 

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