Isabelle Janier & Pierre-Alain Chapuis exposent du 2 au 14 Mars 2021 de 11h à 17 h


Peindre tout comme monter sur scène c’est pour moi ouvrir la brèche dans laquelle s’engouffre la vie et s’impose le théâtre, l’acte de peindre. C’est un miracle ! Isabelle Janier 

 

 

 

Mes dispositions soufflées par Belinda canonne

« Parfois le silence règne, nous sommes paisibles et concentrés. La lumière est belle et notre regard vigilant. Alors l’émerveillement nous saisit. D’où vient ce sentiment fugitif ? Il ne résulte pas forcément de la nature grandiose de la situation ou du spectacle. Souvent, c’est un état intérieur favorable qui nous permet de percevoir une dimension secrète et poétique du monde. Soudain, on vit pleinement, ici et maintenant, dans le pur présent. Cette disposition intime est une conséquence du désir de vivre et de la faculté de joie. »

 

Site de la galerie le génie de la Bastille

http://www.legeniedelabastille.com/exposition/jexpose-copain-ine-isabelle-janier-pierre-alain-chapuis/?fbclid=IwAR09OyblgOS4_dEyLVuP3_wAGo3kzWMYuzsLv9M9b8yMryf62fPwlTKWRjQ

Depuis 1982 Isabelle Janier est comédienne, metteuse en scène, écrivaine et artiste peintre. Ses pratiques du théâtre et de la peinture s’entrelace et s’entrecroisent, notamment sur la question du ‘’présent’’. L’acte de jouer sur scène et celui de peindre sont un jeu sur « ici et maintenant » qui relève d’une simultanéité: capturer des ‘’merveilles’’ en les créant.

Elle a commencé à peindre à la peinture acrylique sur des fonds de couleurs claires et transparentes, des formes abstraites traversées par des corps qui transformés sont à la limite du figuratif. Maintenant avec la même technique, elle crée sur des fonds noirs une nouvelle abstraction en mélangeant sa peinture avec des numéros, des lettres et des signes. Sur un noir profond et silencieux, les traits de couleurs apparaissent comme des lumières vibrantes, ils se métamorphosent en étant raturés, attachés ou compressés. Ces couleurs se croisent et se rencontrent dans le noir, parfois se superposent comme des vacillements et des murmures, parfois elles s’écrasent l’une contre l’autre puis se collètent dans un champ de bataille. Selon l’artiste  « le silence est un dispositif à entendre », le noir est ainsi un silence qui exacerbe les frémissements des couleurs.

Son travail est un mélange de peintures, de dessins et d’écritures, qui sollicite en permanence un regard actif, le spectateur éprouve des changements de modes visuels entre lecture attentive et contemplation.

L’artiste s’inspire du peintre espagnol Antoni Tàpies dont les oeuvres s’inscrivent dans l’art abstrait et dans l’art informel. Elle expérimente différentes matières pour peindre: la peinture à l’huile, l’acrylique et le Caparol, jouant sur leur friction sur la surface peinte, permettant ainsi une transparence des couleurs. Ces griffonnages, ces hachures, voire des effacements font surgir des effets inattendus comme la sensation de profondeur qui exalte le mystère énigmatique de ses tableaux. L’effacement donne à son oeuvre une fonction palimpseste, peindre en effaçant, pour repeindre dessus.  Ce qui bascule le rapport entre la trace et l’invisible. Elle vit l’expérience de sa création comme un « accident »,  prenant des risques, elle dessine, écrit, et peint sans jamais se laisser emprisonner par des prévisions. Ainsi elle découvre les sensations et les émotions qui se révèlent à chaque instant.

Travaillant en grand format, la gestuelle de son corps joue un rôle important, c’est comme une chorégraphie qui influe dans l’expression de ses peintures. Chaque mouvement de pinceau est mis en scène à travers des lignes ‘’primitiviste’’, que l’on trouve aussi dans l’oeuvre de Cy Twombly, notamment dans ses séries de Blackboard painting. Cela provoque chez le spectateur l’envie de suivre du regard ses actions de peindre en se laissant porter par ses différents rythmes gestuels.

Comme elle a cité dans une oeuvre un extrait de l’ouvrage « Les vagues » de Virginia Woolf, « Pour de tels gestes, on peut tomber amoureux pour la vie ».  Lou XU

 

Pierre-Alain Chapuis pratique la peinture depuis 30 ans en parallèle de son activité professionnelle de metteur en scène de théâtre.

Il ne cesse d’affuter son langage pictural en mêlant des recherches sur l’expression inconsciente et émotive et des recherches à travers le mélange de techniques et de matières: acrylique, aquarelle, fusain, pastel sèche, etc. Son œuvre explore des nuances créées par la transparence et par la stratification des couleurs.

Dans ses tableaux la surface est souvent divisée et structurée par des formes de cellules vivement colorées, suggérant un espace en expansion, animé par des êtres organiques.
Ses végétaux préhistoriques, ses animaux unicellulaires ou probablement des cellules du corps humain, occupent tumultueusement leur habitat poétique, puis ils en débordent librement. L’artiste tente de pourchasser les hasards et les surprises cachées dans ce chaos. Il établit un « désordre soigneux » de couleurs innocentes et tremblantes, venant de sensations réelles pour créer une composition rythmée par couleurs et lignes, composition qui relève d’une expression directe et intuitive.

Différemment des peintures de grand format qu’il fait d’habitude, ce sont là des tableaux à petite échelle, mêlant traits de pinceau, raclements et taches. L’artiste donne à voir une palpitation chromatique, ainsi qu’une vitalité sauvage et débordante révélée par une profusion de couleurs qui exalte la joie. Lou XU 

Le MOT des artistes

Isabelle Janier

« Parfois le silence règne, nous sommes paisibles et concentrés. La lumière est belle et notre regard vigilant. Alors l’émerveillement nous saisit. D’où vient ce sentiment fugitif ? Il ne résulte pas forcément de la nature grandiose de la situation ou du spectacle. Souvent, c’est un état intérieur favorable qui nous permet de percevoir une dimension secrète et poétique du monde. Soudain, on vit pleinement, ici et maintenant, dans le pur présent. Cette disposition intime est une conséquence du désir de vivre et de la faculté de joie. »

Travailler sur du noir travailler dans le noir et chercher la lumière.

Isabelle Janier

Pierre-Alain Chapuis

“Dans Moby-Dick du génial H.Melville il est dit « qu’en certaines entreprises, un désordre soigneux est le meilleur moyen d’atteindre son but ».
Je n’ai jamais pourchassé la baleine, même en rêves. Mais ce désordre soigneux je l’attends en peignant. La volonté n’y peut rien, je le croise rarement. On ne commande pas au hasard.
On attrape quelques accidents heureux de temps en temps. Ici ce ne sont pas des baleines, plutôt des papillons par la taille.”  Pierre-Alain Chapuis

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