Jean DELANNOY


Décès du réalisateur Jean Delannoy, pilier du cinéma populaire d’après-guerre, à l’âge de 100 ans. (Vidéo)

Voir un extrait de LES AMITIES PATICULIERES de Jean Delannoy

PARIS (AFP) — Le cinéaste Jean Delannoy, décédé mercredi (18 juin) à l’âge de 100 ans, a réalisé quelques-uns des grands succès populaires du cinéma français d’après-guerre, avec Jean Marais, Jean Gabin ou Michèle Morgan.

“Je suis le dernier survivant d’une partie de l’histoire du cinéma français”, déclarait-il en 2004 à la sortie d’un livre de mémoires.

En plus de 60 ans, Jean Delannoy a réalisé une cinquantaine de films, avec une préférence pour les reconstitutions historiques, les adaptations littéraires et, en fin de parcours, les oeuvres d’inspiration religieuse.

Personnage affable à la haute silhouette de notable, Delannoy fut au milieu des années 1950 la cible idéale des jeunes cinéastes de la Nouvelle vague qui lui reprochaient l’académisme et la froideur de ses réalisations.

“La symphonie pastorale” (1946) avec la jeune Michèle Morgan, Micheline Presle dans “Les jeux sont faits” (1947), Gina Lollobrigida dans “Notre-Dame de Paris” (1957)… La plupart des monstres sacrés d’après-guerre ont tourné avec Delannoy, qui leur a donné quelques un de leurs grands rôles.

Né le 12 janvier 1908 à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), cet homme simple avait débuté dans le cinéma comme acteur. Mais c’est par la technique qu’il parvint à s’imposer, comme réalisateur de courts métrages, puis comme monteur.

Il aborde le long métrage en 1938 avec “Paris Deauville”, une comédie musicale, et connaît le succès en 1942 avec “Pontcarral, colonel d’empire”, un film parfois interprété comme une dénonciation du régime de Vichy.

En 1943, “L’éternel retour”, d’après un scénario de Jean Cocteau, avec Jean Marais et Madeleine Sologne, le consacre. Et “La symphonie pastorale”, d’après une nouvelle d’André Gide, obtient trois ans plus tard l’un des Grand prix du festival de Cannes.

Passionné de littérature, Jean Delannoy enchaîne les adaptations et les films historiques : “Les jeux sont faits” (1947), d’après Jean-Paul Sartre, “La route Napoléon” (1953) avec Pierre Fresnay, “Marie-Antoinette” (1956), “Notre Dame de Paris” (1957) d’après Victor Hugo…

Mais son oeuvre éclectique compte aussi des films policiers (“Obsession”, 1954) ou de critique sociale (“Chiens perdus sans colliers”, 1955, “Les amitiés particulières” 1964).

A la fin des années 1950, il dirige Jean Gabin dans deux Maigret, “Maigret tend un piège” (1957) et “Maigret et l’affaire Saint-Fiacre” (1958), qui comptent parmi les meilleures adaptations de l’oeuvre de Georges Simenon.

Cinéaste multiprimé, à Cannes, Venise ou Berlin, Delannoy est alors, avec Julien Duvivier ou Claude Autant-Lara, la cible des cinéastes de la Nouvelle vague (Godard, Truffaut, Chabrol…) à l’assaut du “cinéma de papa”.

Delannoy n’en tourne pas moins très régulièrement, au cinéma et à la télévision, jusque dans les années 1980. Dans des genres très différents, de “La princesse de Clèves” (1960) aux films à la gloire de Gabin, “Le baron de l’écluse” (1960) ou “Le soleil des voyous” (1967). Filmographie qu’il boucle avec deux films d’inspiration chrétienne, “La passion de Bernadette” (1987) et “Marie de Nazareth” en 1995, réalisé au Maroc à l’âge de 87 ans.

Pour le président Nicolas Sarkozy, qui lui a rendu hommage, “l’oeuvre entre toutes, c’est +Notre-Dame de Paris+, film bouleversant d’émotion qui réunissait d’immenses acteurs et révélait les futurs grands”.

Hommage également de la ministre de la Culture, Christine Albanel, pour qui les films de Delannoy “incarnaient le pur style classique français”.

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