Jean GILLIBERT (promo 1945)


La disparition ce 2 novembre 2014, à 89 ans, d’un géant du théâtre, psychanalyste, acteur, metteur en scène, poète, dramaturge et romancier

Voici sa biographie, telle que la donne Première.fr

Né en 1925, Jean Gillibert est un homme de théâtre français doublé d’un spécialiste en psychiatrie et en psychanalyse.

Dès sa jeunesse, il éprouve de la fascination pour le monde du spectacle, sentiment qu’il développe en admirant les comédiens de passage dans la maison de retraite des artistes dramatiques à Pont-aux-Dames. Jean Gillibert passe la plupart de son temps libre dans cet établissement fondé par Constant Coquelin en 1905 qui concrétise alors son rêve d’offrir un espace de repos aux anciens acteurs de théâtre. Le jeune homme y rencontre aussi bien des artistes inconnus que des vedettes de la scène telles que la chanteuse Mistinguett (1875-1956) ou l’ancien compagnon de celle-ci Maurice Chevalier. C’est également à cette époque qu’il fait la connaissance du metteur en scène Charles Dullin, fondateur de la troupe de l’Atelier et dont le chemin qui le mène quotidiennement vers les quartiers de sa compagnie croise celui qu’emprunte Jean Gillibert pour se rendre à la maison de retraite des comédiens. C’est ainsi qu’il décroche ses premiers rôles de figurant dans des pièces de Charles Dullin, inspirées pour la plupart d’oeuvres classiques (Shakespeare, Aristophane).

En 1942, Jean Gillibert se présente au concours d’entrée au Conservatoire de Paris. Il réussit l’épreuve et entame une formation qu’il achève en 1943, le temps de côtoyer des artistes de la trempe de Serge Reggiani ou de Michel Auclair.

A la fin de la guerre, il reprend des études en commençant par une formation littéraire qu’il termine sur une licence, pour s’orienter ensuite vers la médecine tout en poursuivant sa jeune carrière de comédien amateur.

Jean Gillibert mène donc de front deux parcours parallèles, oscillant entre le théâtre et la psychiatrie, animé d’une passion qui se voit décupler suite à un événement qui le marque au plus profond de son âme. Le 13 janvier 1947, le comédien-psychanalyste entre au Théâtre du Vieux-Colombier qui abrite ce jour-là une conférence tenue par le dramaturge et poète Antonin Artaud. Son discours mémorable éblouit l’assistance, près de neuf cents présents parmi lesquels se trouvent Albert Camus, Pablo Picasso, André Gide, ou encore Arthur Adamov. Jean Gillibert en ressort avec une certitude : il consacrera sa vie à chercher à comprendre l’autre, que ce soit à travers le théâtre ou par le biais de la science.

  Voir dans le Figaro.fr, le récit que donnait Jean Gillibert de cette fameuse conférence d’Artaud.

À partir de là, il donne un nouveau départ à sa carrière artistique, mais toujours en tant qu’amateur, suivant ainsi les conseils de son maître Jacques Copeau. Il se joint à Maurice Jacquemont et contribue à donner un second souffle au Groupe de théâtre antique de la Sorbonne avec lequel il sillonne le Vieux Continent.

Se refusant toujours à devenir acteur professionnel, il gagne sa vie grâce à son métier de psychiatre, mais aussi grâce à sa plume, qu’il met au service du journal Combat d’Albert Camus. Il entre par la suite au Théâtre des Mathurins où il continue d’apprendre au contact de Marcel Herrand.

Au début des années soixante, Jean Gillibert apparaît pour la première fois à l’écran en jouant dans La Meule de René Allio aux côtés de Malka Ribowska, Henri Serre et Jean Bouise, ainsi que dans le film de Robert Bresson intitulé Le Procès de Jeanne d’Arc, où il incarne Jean de Châtillon en 1962.

Quelques années plus tard, il fonde le Festival de Châteauvallon qui est devenu rapidement l’un des points de chute de groupes d’étudiants révoltés de mai 68. Jean Gillibert, bien qu’âgé de quarante-trois ans à l’époque, manifeste alors un état d’esprit qui se rapproche à plus d’un égard de celui qui anime les jeunes leaders du mouvement protestataire, caractérisé par un désir croissant d’indépendance, un refus des conventions et une certaine marginalité qu’il revendique depuis ses débuts. Ces qualités sont largement reflétées dans l’oeuvre du dramaturge qui signe par la suite une quinzaine de pièces et de traductions ainsi que des ouvrages traitant du théâtre et de la psychanalyse : L’Oedipe maniaque publié entre 1978 et 1979, Le psychodrame de la psychanalyse en 1985, Moeurs de nuit : Versets hérétiques en 1992, L’esprit du théâtre en 2000 ou Phèdre et l’inconscient poétique en 2003.

 
Voir son site : www.jeangillibert.fr

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