L’agression de la comédienne Rayhana


L’auteure et comédienne Rayhana a été aspergée d’essence, mardi 12 janvier, alors qu’elle se rendait à la Maison des métallos pour jouer “A mon âge, je me cache encore pour fumer”.

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La dramaturge algérienne Rayhana agressée à Paris

L’actrice et dramaturge féministe algérienne Rayhana a été insultée et aspergée d’essence, alors qu’elle se rendait à la Maison des Métallos, dans le 10e arrondissement de Paris. Rayhana joue actuellement, avec huit autres comédiennes, sa pièce, À mon âge, je me cache encore pour fumer, dans laquelle elle donne la parole aux femmes, premières victimes dans les années noires de l’Algérie.

Nous sommes dans un hammam. Louisa, Aïcha, Latifa, Nadia, Fatima s’y retrouvent et racontent des tranches de vie en pleine guerre. Attentats, viols, enlèvements, tortures. Les femmes sont en première ligne. Elles ne valent rien. Pour la matrone du hammam, voilée ou pas, elles sont toutes logées à la même enseigne. Fatima ne mâche pas ses mots : « Toi t’es une bâchée et toi une décapotable, bonnes à baiser toutes les deux ». Ce franc-parler a foncièrement déplu.

Rayhana a été agressée et aspergée d’essence en se rendant au théâtre où elle assure malgré tout la représentation.

L’auteure Rayhana, c’est son nom d’emprunt, 45 ans, est née à Alger dans le quartier de Bab el-Oued. Réfugiée politique en France depuis 2000, la comédienne, militante communiste, a dû quitter l’Algérie où elle est restée terrée pendant des années et où elle se sentait en danger. Aujourd’hui elle l’est aussi à Paris où elle vit sous protection policière.

Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand a exprimé « tout son soutien et sa sympathie » à la dramaturge ainsi que son « admiration » pour son courage.

Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la solidarité doit recevoir vendredi Rayhana pour lui exprimer son soutien.

La secrétaire d’Etat à la Ville, Fadela Amara, s’est également dite « révoltée par l’agression intolérable » de Rayhana.

L’association « Ni putes ni soumises » a appelé à un rassemblement samedi devant la Maison des Métallos.

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a demandé au ministre de la Culture de soutenir publiquement la pièce.

 À mon âge, je me cache encore pour fumer était à l’affiche jusqu’au 16 janvier à la Maison des métallos.

Réactions

  1. Solidarité totale et sans faille avec Rayhana. Son spectacle doit être repris d’urgence.
     Jean-Christian Grinevald 

 

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