Le Malade imaginaire ou le silence de Molière
D’après la pièce Le Malade imaginairede MOLIÈRE
et le livre Il Silenzio di Molière
de GIOVANNI MACCHIA
Mise en scène et adaptation
ARTHUR NAUZYCIEL
Assistanat la mise en scène
RAPHAËL HABERBERG THÉO HEUGEBAERT
Scénographie
CLAUDE CHESTIER
Costumes
CLAUDE CHESTIER PASCALE ROBIN
Lumières
3 MARIE-CHRISTINE SOMA
Création sonore
XAVIER JACQUOT
Régie générale
JEAN-LUC BRIAND
Régie plateau
QUENTIN VIANDIER
Régie son
FLORENT DALMAS
Régie lumière
CHRISTOPHE DELARUE
Habillage
CHARLOTTE GILLARD
Avec
HINDA ABDELAOUI, AYMEN BOUCHOU, VALENTIN CLABAULT, MAXIME CROCHARD, ARTHUR NAUZYCIEL LAURENT POITRENAUX, ARTHUR RÉMI, RAPHAËLLE ROUSSEAU, SALOMÉ SCOTTO, CATHERINE VUILLEZ
Création en résidence au TNB
Arthur Nauzyciel met en scène Le Malade imaginaire de Molière dans lequel il intègre Le Silence de Molière de Giovanni Macchia. Il réunit ainsi sur scène Molière et sa fille Esprit-Madeleine dans un geste réparateur et testamentaire.
En 1999, Arthur Nauzyciel crée à Lorient Le Malade imaginaire ou le silence de Molière. Son spectacle insère dans la pièce de Molière la confession de sa fille Esprit-Madeleine Poquelin imaginé par le dix-septièmiste Giovanni Macchia dans la continuité de ses recherches sur cette figure énigmatique. En la convoquant aux côtés d’Argan et des protagonistes du Malade imaginaire, la représentation éclaire d’une lueur intime la dernière pièce de Molière qui prend alors des allures de confession voilée. Elle raconte un monde où le passé hante le présent et l’art tente de réparer les blessures du réel.
© Philippe Chancel, 2023
24 années ont passé depuis la création de ce tout premier spectacle d’Arthur Nauzyciel avec Laurent Poitrenaux et Catherine Vuillez. Il y jouait alors aux côtés de son père dont il reprend le rôle aujourd’hui avec ses 2 acteurs complices de l’origine et 7 de leurs anciens élèves issus de la promotion 10 de l’École du TNB.

DISPONIBLE EN TOURNÉE
CRÉATION
Théâtre National de Bretagne, Rennes
03 05 – 16 05 2023 2
TOURNÉE 23/24
Pau, Le Foirail
13 12–14 12 2023
Reims, Comédie de Reims – CDN
17 01–19 01 2024
Nanterre, Théâtre Nanterre-Amandiers – CDN
26 01–10 02 2024
Bourges, Maison de la Culture –
Scène nationale
21 02–21 02 2024
Caen, Comédie de Caen – CDN de Normandie
13 03–14 03 2024
Cergy, Points Communs – Scène nationale
03 04–05 04 2024
Dunkerque, Le Bateau Feu – Scène nationale
11 04–12 04 2024
Paris, La Villette
24 04–27 04 2024
PRESSE
Arthur Nauzyciel: « Comme réveiller une belle endormie »
Vingt-quatre ans après sa création, Arthur Nauzyciel reprend Le Malade imaginaire ou le Silence de Molière avec des acteurs issus de l’Ecole du Théâtre national de Bretagne.
D’où est née l’envie de reprendre cette mise en scène du Malade imaginaire, votre tout premier spectacle créé en 1999 à Lorient ?
Il y a cette scène clef entre Louison et Argan sur laquelle j’avais travaillé avant même de monter la pièce avec des élèves de l’école Claude Mathieu, puis avec des amateurs. À force de la travailler, cette scène délivrait un secret : l’histoire, comme occultée, enfouie sous le texte de Molière voulant mettre en scène sa propre fille, laquelle finalement refuse d’être actrice. C’est autour de ce moment déterminant de la pièce que s’était construit Le Malade imaginaire ou le Silence de Molière. Depuis que je dirige le Théâtre national de Bretagne à Rennes, je reviens régulièrement à cette scène avec les élèves de l’Ecole. J’ai remarqué que c’était une bonne façon d’aborder mon travail sur la langue au théâtre, et aussi une bonne entrée dans l’œuvre de Molière. Je trouvais aussi intéressant de partager avec eux ces premiers pas dans ma démarche de metteur en scène, qui envisage le théâtre comme un lieu de la parole et de la réparation. Sur ce, Eric Vigner, qui m’avait déjà encouragé à monter la pièce en 1998, m’a proposé de la reprendre dans le cadre du festival Molière qu’il organisait à Pau. J’ai d’abord hésité. Puis on s’est dit avec Laurent Poitrenaud qui dirige l’Ecole du TNB (et qui interprétait Argan dans le spectacle), que cela coïncidait avec l’entrée dans la vie active de la 10e promotion de l’Ecole et que ça serait une bonne idée de reprendre cette mise en scène avec eux.
Pourquoi avoir intégré dans le spectacle le texte de Giovanni Macchia, Le Silence de Molière ?
Toujours à cause de cette scène entre Argan et Louison. En creusant au maximum le sens des mots, on finit par voir un homme qui essaie de mettre en scène une petite fille. Ce qu’elle refuse. Et elle finit par jouer la mort. Et quand elle joue la mort, il la pleure. Alors il y a une réconciliation. Moi je suis très factuel. Je me suis dit : c’est bizarre, on dirait que c’est Molière qui essaie de mettre en scène sa fille. Je ne connaissais pas le texte de Giovanni Macchia à ce moment-là. Mais j’ai fait des recherches sur la vie de Molière et je suis tombé sur ce livre dans lequel Macchia reconstitue une interview où un jeune homme interroge Esprit-Madeleine Poquelin et elle raconte comment son père avait écrit pour elle une scène dans Le Malade imaginaire, la scène de Louison ; scène qu’elle a refusé de jouer et que c’était une grande peine pour son père. Ce qui est troublant dans la pièce, c’est qu’à la fin de la scène, Argan dit : « Il n’y a plus d’enfants ». Ce qu’on peut interpréter comme « il n’y a plus d’enfants pour me succéder ». Ce qui veut dire qu’il n’y a personne pour succéder à Molière, car elle était sa seule enfant. Donc j’ai décidé d’intégrer le texte de Macchia sous la forme d’un monologue d’Esprit-Madeleine Poquelin. Cela produit quelque chose d’incroyable qui est que, se jouant du temps et de l’espace, le théâtre permet au père et à la fille de jouer une scène qu’ils n’ont jamais jouée de leur vivant.
Comment percevez-vous cette mise en scène avec le recul des années ?
Cela m’a reconnecté avec le contexte de l’époque où beaucoup d’amis mourraient du sida. On était dans une ambiance particulière où la question de la mort, de la transmission était assez concrète pour nous, bien qu’on soit jeunes. Avec cette idée que le théâtre peut sauver. Il y a une mélancolie dans la pièce. Et des résonances étranges quand Esprit-Madeleine dit : « J’ai voulu arrêter une chaîne de deuil ». Il y a eu quelque chose d’extraordinaire, c’est quand on est allé voir les costumes avec les comédiens. On aurait dit des fantômes endormis. Ils avaient gardé la forme de ceux qui les ont portés. C’est aussi une façon de lutter contre l’éphémère du théâtre. Depuis toujours je défends l’idée de répertoire.
Le Malade imaginaire ou le Silence de Molière, d’après Molière et Giovanni Macchia, mise en scène Arthur Nauzyciel. Théâtre national de Bretagne,Rennes, du 3 au 16 mai.
https://www.loeildolivier.fr/2023/05/a-rennes-le-retour-aux-sources-darthur-nauzyciel/