LOIN DE CHINE de Serge DUCHER (Durand-Raucher)


014-05-15
Serge DUCHER (Durand-Raucher)

Pas d’image

Serge DUCHER (Durand-Raucher) signe LOIN DE LA CHINE, biographie familiale romancée où, à la façon d’un polar, quelques énigmes émaillent la narration.
Je suis l’imprévisible, le cadet,
l’eau qui dort, l’attente inattendue. J’ai vécu trop longtemps loin de la Chine. Il aura donc fallu que je vienne y vivre pour savoir la liberté d’être maudit. Car si nous avons été élevés en Occident selon une conception évolutionniste du monde, dans l’empire du milieu c’est la sagesse des anciens qu’il faut suivre, il faut mettre son pas dans ceux de ses ancêtres qui remontent jusqu’au ciel, et transmettre leur mesure d’eau claire, en évitant de la troubler. Les temps intéressants deviennent alors équivalents à des temps de dérèglements et de discordes. Moi c’est plutôt un chemin sans traces que je dois suivre, ou plus exactement submergés de pas qui s’embrouillent les uns les autres. Et pour me retrouver dans leurs restes me voilà donc contraint de les écrire.

Mon livre, une biographie familiale romancée, vient de sortir et devrait être disponible en librairie. Il pourrait se lire comme un roman, car j’ai enroulé le récit de mes souvenirs, et de souvenirs entendus, qui dépassent les générations à la façon d’un polar, où quelques énigmes, j’espère plaisantes, et assez rocambolesques, viennent émailler la narration. Ceux qui ont eu le privilège de lire mes mails chinois verront qu’il se situe dans le droit fil de mes divagations chinoises.
Comme certains le savent, j’ai terminé ma carrière en tant qu’enseignant de psycho dans une université chinoise.

Vous vous en doutez,  je suis un jeune auteur, et j’ai besoin de vous pour en faire la promotion, ce qui veut dire l’acheter dans votre librairie habituelle, plus exactement le commander, car j’ai le léger doute qu’il  se trouve d’emblée sur les comptoirs. Il devrait aussi être disponible sur Amazon et à la Fnac.
Il est signé de mon nom patronymique, Serge Durand-Raucher, et est édité chez Paulo-Ramand. Son numéro ISBN est 9782754303422. Si vous prenez plaisir à sa lecture n’hésitez pas à en faire la promotion autour de vous.

Pour vous mettre en appétit, je vous en livre les premières lignes, à vous d’en découvrir, je l’espère avec plaisir et amusement, les suivantes :

Tout le monde n’a pas eu la fortune de naître sous les bombardements, ni d’avoir un père paranoïaque.
Paris est à feu et à sang. Quelques mois plus tôt nous avons aujourd’hui des images de la rafle du Vel d’Hiv. Les déportations battent son plein et ma mère est enceinte jusqu’aux dents. Maman avait coutume de dire qu’elle était enceinte des fesses. Formule appétissante qui tendait à faire entendre qu’elle ne grossissait pas tant du ventre que de son arrière-train. Mon père est au travail, c’est tout juste l’aurore d’un lundi matin qui dans ces temps de guerre pourrait ressembler à un autre.
Les sirènes hurlent de leur stridence interminable, dont je me souviens encore comme le souvenir d’un souvenir plus ancien, qui s’interrompent pour reprendre souffle, le taxi affolé veut se mettre aux abris, et ma mère de sa voix calme et impérieuse ordonne : « Vous m’amenez jusqu’à la clinique ou j’accouche dans votre taxi ». On bombarde la Porte de La Chapelle, les obus sifflent, peu importe, ma mère n’est pas femme à se laisser mener pour si peu et au bout du compte sa volonté est la plus forte.
On arrive donc à la clinique tous les deux, son utérus déjà bien dilaté, le taxi a pris ses jambes à son cou et ma mère accouche ce lundi matin à huit heures quarante-cinq disent les registres à l’heure où les enfants rentrent à l’école.
Par chance je ne suis que le cadet, l’enfant paradoxal, celui qui doit s’adapter et qui apprend très tôt l’art de l’esquive, ma mère a déjà eu un fils quinze mois auparavant, qu’elle a conçu pendant l’exode quand l’hôpital de Dinard a dû être évacué. Elle toute jeune diplômée était infirmière en chef et mon père officier gestionnaire, il voulait une fille, pas question que le ciel renonce à ses ordres. Il l’avait d’ailleurs prévenue : « Dans un couple il y en a toujours un des deux qui porte le pantalon : ce sera moi.» Bon an mal an il s’est fait une raison pour l’aîné mais cette fois pas question de transiger : « C’est une fille et point final. » Déjà bien avant que je sois né elle me fait son confident, elle me parle, elle me raconte mon histoire dans les creux de la sienne, elle fait de moi l’imprévisible.
L’enfant venu on décroche le téléphone et on passe par l’opératrice. On dérange mon père pour lui annoncer l’heureux événement, « Est-ce que tout s’est bien passé, comment vas-tu, comment va ma fille ? » Manque de chance c’est encore un garçon, alors mon père sort une de ces phrases lapidaires dont il est coutumier: « Qu’elles regardent bien, de toute façon les bonnes sœurs n’y connaissent rien ! » La nature à beau faire son ouvrage c’est lui qui tranche.
 En vous souhaitant bonne lecture, amicalement,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *