LUTTE INTERMITTENTS : GREVE DE LA FAIM de Franck de Bourgogne



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30 avril : depuis 52 jours, Franck de Bourgogne poursuit sa grève de la faim contre le projet d’accord Unedic.

En grève de la faim contre la mort du spectacle

Il a arrêté de s’alimenter depuis 52 jours. Le metteur en scène dijonnais Franck Halimi proteste contre la réforme de l’assurance-chômage, qui menace notamment le statut des intermittents du spectacle. Il interpelle directement l’ancien maire de la ville, François Rebsamen, fraichement nommé ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social, à qui (entre autres) il a fait signer il y a peu, alors que la campagne des Municipales battait son plein, la Tribune du Comité de suivi de la réforme de l’assurance-chômage des intermittents.

Le samedi 12 avril, Franck Halimi, « metteur en zen » connu aussi sous le nom de Franck de Bourgogne, annonçait dans les locaux de la Direction régionale des Affaires culturelles (Drac), à l’occasion de la marche pour la Culture: « Depuis dimanche 9 mars à 22 heures, j’ai cessé de m’alimenter et je ne bois plus que de l’eau. Et cela durera tant que les négociateurs de l’Unédic n’opéreront pas sur une base juste, telle que préconisée par la plate-forme du comité de suivi de la réforme de l’assurance-chômage des intermittents. » (télécharger le discours complet)

« Le monde n’est pas en crise financière mais en crise sociétale. Ce qui, à un moment, était une barrière est devenu une fracture, qui s’agrandit. C’est lié au fait que ceux qui décident n’ont pas conscience des réalités. Le fossé se creuse, et plus le fossé est creusé, plus le creuset est faussé. On a des marionnettistes qui sont en train de comprimer le monde du travail, faisant en sorte qu’il y ait de moins en moins de droits sociaux collectifs, pour pouvoir l’utiliser à leur guise. »

Par « on », le metteur en scène vise directement et nommément les instances nationales (« parce que dans les antennes régionales, ils ne connaissent pas les premiers mots de notre dossier ») du Medef: « Le problème de l’intermittence du spectacle est qu’elle représente un grave danger, non pas économique mais idéologique, philosophique: avec l’intérim, il est le dernier endroit un tantinet protégé par un statut. » Un point de vue que partage Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires, qui, dans une récente interview à Libération, affirmait sans détour: « Le Medef est inquiet et ne veut pas que nous servions de modèles pour les autres. » (lire l’interview intégrale)

A l’origine, la grève de la faim devait « peser sur les négociations » qui ont eu lieu dans la nuit du 21 au 22 mars et qui ont abouti sur un accord entre les partenaires sociaux, que le comité présente comme une mascarade. Dans son document « Conciliabules en vestibule » (télécharger le pdf complet), il dénonce une suspension de séance de 11 heures pour 15 minutes de « négociations » effectives. « En fait de négociations, ce ne sont qu’interruptions interminables de séance leur permettant des conciliabules de couloirs et des arrangements bilatéraux hors de la salle, par tous les syndicats à l’exception de la CGT restée, elle, à la table des négociations sans voir personne ! »

Aucune raison pour Franck de s’arrêter, « tant que les choses n’auront pas bougé ». Hasard du calendrier, « divine surprise », le maire de Dijon François Rebsamen, réélu pour un troisième mandat, a entre-temps été appelé au poste de ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. « Je compte bien en profiter pour lui rappeler qu’il y a quelques jours de cela, il signait la Tribune du Comité de suivi de la réforme de l’assurance-chômage des intermittents (télécharger le pdf). Il faut maintenant qu’il assume cette signature. » Le gréviste salue au passage l’engagement du député Laurent Grandguillaume, « qui est dans une position pas évidente puisqu’il est au PS, mais qui prend ses responsabilités ».

La suite ? Le lundi 14 avril, François Rebsamen devait s’entretenir avec son homologue à la Culture Aurélie Filippetti. « On m’a dit qu’elle avait pris de mes nouvelles. J’attends une déclaration à l’issue de cette rencontre. » … Le résultat ? Ce 30 avril, Franck en arrive à son 52éme jour de grève de la faim.

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