Michelangelo ANTONIONI


Michelangelo ANTONIONI, l’un des plus célèbres cinéastes italiens, est décédé lundi 30 juillet 2007, à Rome, à l’âge de 94 ans.

Le cinéaste italien Michelangelo Antonioni est décédé lundi, a annoncé mardi l’agence Ansa. Sa mort est survenue le même jour que celle d’Ingmar Bergman. Les deux hommes étaient considérés comme les derniers monstres du cinéma.

Il avait 94 ans. Le metteur en scène était le cinéaste de l’incommunicabilité, du mal de vivre, de l’amour impossible.
Avec une vingtaine de films, il a connu la consécration internationale: Lion d’or à La Biennale de Venise en 1964 pour “Désert rouge”, Palme d’or au festival de Cannes en 1967 pour “Blow-up”, Prix spécial du jury à Cannes pour “Identification d’une femme” en 1982, Oscar à Hollywood pour l’ensemble de sa carrière en 1995 et Lion d’or pour la carrière à Venise en 1997.
D’abord critique de cinéma
Né à Ferrare, dans le nord de l’Italie, le 29 septembre 1912, Antonioni était issu d’une famille bourgeoise et avait fait de brillantes études d’économie à l’université de Bologne. Il avait d’abord été critique de cinéma dans une revue locale avant de venir à Rome suivre les cours du Centre expérimental du cinéma et de collaborer à la revue Cinéma, considérés comme des centres de résistance au fascisme.

En 1942 à Paris, il est l’assistant de Marcel Carné qui tourne “Les visiteurs du soir”. Il devient ensuite le co-scénariste de “Le retour d’un pilote” de Roberto Rossellini. L’année suivante en 1943, il tourne son premier documentaire “Les gens du Pô” et réalise son premier long métrage “Chronique d’un amour” en 1950.
Monica Vitti, sa muse
Son style s’affirme dans sa trilogie “L’Avventura” en 1960, “La notte” (La nuit, 1961) et “L’eclisse” (L’éclipse, 1962), interprétée par Monica Vitti, son actrice fétiche, sa compagne et sa muse pendant une dizaine d’années.

“L’Avventura” est considéré comme la naissance d’un cinéma introspectif. Antonioni a choisi de raconter la difficulté des rapports humains et la fragilité des sentiments. Il atteint la consécration avec “Blow-up” qui raconte l’histoire d’un photographe de mode qui découvre sur ses clichés qu’il a été témoin d’un assassinat à Londres.
Des films difficiles d’accès
Le public se détournera pourtant peu à peu de ses films, considérés comme difficiles d’accès même s’ils sont parfaitement aboutis sur le plan esthétique.
A moitié paralysé par une attaque cérébrale en 1985, Antonioni avait reçu l’hommage de tout le cinéma italien lors d’une soirée à Rome pour ses 90 ans, en septembre 2002.

Ces dernières années, très diminué par la maladie, il s’était réfugié dans le monde de la couleur, réalisant des collages et des mobiles qui avaient été exposées à Rome en octobre 2006.

Article paru sur tsr.ch le 31/07/07

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