Parrainage et marrainage : Principe et témoignages


Dans bon nombre de grandes écoles, tant en France qu’à l’étranger, le parrainage est établi depuis longtemps.

Nous avons décidé, avec l’actuel directeur du Conservatoire Daniel Mesguich, de remettre ce système en place cette année.

Qu’est ce que le parrainage ?

Lorsqu’un élève entre au Conservatoire, il quitte souvent sa famille, la région dans laquelle il vivait (car tous les élèves ne sont pas parisiens !) Il doit faire face à une organisation de vie différente et peut se retrouver seul et parfois perdu. Le rythme de travail au Conservatoire est intense. Il peut avoir besoin d’aide, de partage, d’une personne qui peut répondre à ses questions alors qu’il entre dans un métier particulièrement difficile. Il peut avoir également l’envie d’échanger sur des moments de bonheur, sur des décisions à prendre. Le parrain ou la marraine est là. Ce ne sont pas forcément des référents, mais des interlocuteurs privilégiés. Lors, le parrainage étant un échange entre humains, il est ce que ces humains en feront !

Nous arrivons à la fin de la saison, à la fin de l’année scolaire et je vous enjoins vivement, non seulement à aller voir les journées de juin de nos jeunes futurs anciens élèves (…), mais aussi à poser vos candidatures le plus rapidement possible pour le parrainage, trente élèves entrent au Conservatoire en octobre. Il est important que ces jeunes gens aient un parrain ou une marraine en entrant dans l’école.

Vous pouvez adresser vos candidatures par mail à yvelinehamon@rueduconservatoire.fr
Témoignages (saison 2008/2009 :
  • Bérengère Dautun, marraine de Delphine Hecquet.
    La première fois que Delphine, ma filleule est venue me voir, je suis allée l’accueillir en descendant mon escalier. Nous nous sommes rencontrés au milieu. Elle a levé ses yeux, bleus et immenses.  Vous avez l’âme au bord des yeux lui ai-je dit. Un sourire ému a été sa réponse. Autour d’un café, nous avons commencé à nous connaître, nous avons échangé nos photos. Je regarde souvent son portrait rayonnant. Et elle regarde cette marraine qui lui a été donnée. Nous  nous téléphonons souvent. Nous partageons des déjeuners avec tendresse entre questions graves et fous rires où j’ai vingt ans comme elle. Je vis son Devenir.Elle se rassure avec mon chemin abouti et conforme à l’espoir de mes années de conservatoire car elle commence les siennes. Cette relation intergénérationnelle est un trésor partagé. Une cassette avec justes deux clés !

     

  • François Clavier, parrain de Maxime Proust.
    […] J’ai donc pris contact avec Maxime Raoust par courriel d’abord puis par téléphone. Professeur, moi même au conservatoire municipal du XIII arrondissement de Paris, j’ai demandé à Maxime pour notre premier rendez-vous ensemble, de venir passer une petite heure dans ma classe pour parler avec mes élèves de ses premières semaines d’études au conservatoire et répondre à beaucoup des questions que les uns et les autres se posaient. Cet échange a été vécu par mes élèves comme un moment très fort qui correspondait à une véritable attente de leur part. Nous sommes ensuite allés  Maxime et moi dans un café où nous avons longuement parlé de nos expériences  d’études au C.N.S.A.D., nous avons parlé des gens que nous connaissions, lui comme formateurs, moi comme camarades comédiens ou collègues formateurs, nous avons essayé de définir quel type de relation nous pourrions continuer à entretenir.
    Peu avant le premier tour du concours d’entrée au C.N.S.A.D. j’ai appelé Maxime pour obtenir un certain nombre de renseignements à l’attention de mes élèves. Quelques jours plus tard Maxime m’a appelé pour me demander de l’aider car il devait présenter une scène d’ “Andromaque” et qu’il se sentait un peu perdu. Sachant que je suis en train d’effectuer une nouvelle traduction de ce qui est improprement intitulé “La formation de l’acteur” de Constantin Stanislavski (dont le véritable titre serait : ” Le travail de l’acteur sur lui même”) Maxime me demandait de lui ré-expliquer ce qu’était la notion d'”objectif” et en particulier ce que l’on nomme en français  : le “super objectif” car il souhaitait savoir s’il l’appliquait correctement dans son travail sur la scène d'”Andromaque”. Effectivement il faisait une confusion entre “super objectif” et “objectif primaire”. Sans vouloir interférer sur les indications que lui avaient fournies son professeur, j’ai essayé de rassurer Maxime sur ses angoisses et surtout de lui dire qu’il devait avant tout se fier à ses sensations, que c’est à partir des sensations que l’on peut diagnostiquer une erreur (ce qu’a fait Stanislavski). Depuis un mois nous n’avons pas eu l’occasion de nous parler car j’ai été un peu débordé par mes activités d’acteur et de professeur, mais je ne cesse de penser à Maxime jusqu’à utiliser son prénom et le principe de notre relation dans un spectacle ” de recherche” qui sera prochainement présenté à la Maison de la Poésie.
    Voilà en quelques mots racontés les débuts de cette expérience de parrainage qui pour ce qui me concerne me touche beaucoup plus que je ne l’avais envisagé et je tiens d’ailleurs à en remercier Rue du Conservatoire.

     

  • Viola Graziosi, marraine de Louiza Bentoumi.
    Je trouve très intéressante l’initiative de “parrainage” mise en place par l’Association des anciens élèves du Conservatoire. Un parrainage entre anciens et nouveaux, entre acteurs plus ou moins confirmés et aspirants comédiens. Le métier de comédien étant extrêmement difficile, l’entreprendre de nos jours n’est pas une mince affaire. Contrairement à un métier dit “normal” beaucoup de questions tendent à se mélanger surtout lorsqu’on est jeune. D’abord car il s’agit la plupart des fois d’une passion, pas toujours facile à gérer au quotidien, ensuite car à 18/20 ans on est entrain de se construire soi-même alors qu’en entreprend de construire d’autres personnages plus ou moins proches de nous, dans des vies “parallèles” (les chemins pouvant parfois se confondre), et enfin car le taux de “réussite” est très faible, les places valent cher surtout dans la continuité, et l’on vit avec l’angoisse permanente “d’y arriver”.
    La solidarité intergénérationnelle me semble à ce niveau là primordiale. Car un jeune comédien qui débute dans le milieu n’a pas seulement besoin d’affiner une technique ou des connaissances, mais de découvrir quel est son rapport à ce travail si particulier. Le fait d’avoir un contact privilégié avec un “parrain” ou une “marraine” qui auraient déjà parcouru un bout de chemin, peut être à mon sens d’une grande richesse. D’une part cela peut aider à estomper quelques doutes, d’autre part le parrain ou la marraine ne sont pas là pour apprendre quoi que ce soit au filleul mais pour être un interlocuteur privilégié, pour être à l’écoute, pour bavarder, échanger, partager des expériences.
    Je soutiens vivement cette initiative.
     
  • Jean-Luc Porraz parrain de Anthony Audoux.
    Quand cette initiative de parrainage a été lancée je me suis tout de suite dit que c’était une idée formidable.  N’ayant pas toujours la disponibilité pour participer aux nombreuses activités  proposées par l’association, je me suis dit qu’il y avait peut être là quelque chose à ma portée, de surcroît quelque chose de concret, dont je pouvais maitriser le timing. Et après une année d’expérience, je peux dire que les choses se sont déroulés comme je l’imaginais. Je fis la connaissance d’ Antony mon filleul lors du pot de rencontre parrains filleul(e)s et les choses se sont déroulées très simplement. Il est venu  ensuite me  voir jouer au théâtre ,  nous avons déjeuné ensemble et j’ai assisté à ses prestations aux Journées. Tous nos échanges ont été très riches pour moi et je l’espère pour lui.
    A tous ceux qui ont peur de se lancer, parce qu’ils ont le sentiment de n’avoir peut être pas grand chose à transmettre ou parce que ce métier est si difficile qu’ils n’auraient pas le coeur de prodiguer des encouragements, faites un effort, jetez vous à l’eau! Cette relation sera celle que vous inventerez à deux et je suis sûr que l’enthousiasme, la jeunesse, balayeront vos doutes et vous permettront de prendre beaucoup de plaisir à échanger. Puisque, et les professeurs le savent bien , même si nous avons l’expérience et deux trois trucs à transmettre, nous avons aussi beaucoup à recevoir.
    Et puis qui sait , un jour votre filleul sera peut être une star qui vous mettra sur des coups, un grand metteur en scène qui vous proposera le rôle de votre vie ou un directeur de théâtre qui ne saura programmer une saison sans vous…
    Bonnes bises  à tous, bonnes vacances et bons parrainages.

 

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