Pierre FRANCK


Metteur en scène et directeur du Théâtre Hébertot à Paris, Pierre Franck s’est éteint mercredi 13 novembre 2013, à l’âge de 91 ans

Par Nathalie Simon sur lefigaro.fr (13/11/13)

Cet amoureux des beaux textes avait côtoyé Jean Anouilh, Félicien Marceau, François-Régis Bastide ou Paul Valéry dont il avait fait connaître lOeuvre à un large public. Passeur à sa façon, Pierre Franck était très aimé des jeunes metteurs en scènes et comédiens. Il n’hésitait pas à donner un coup de pouce dès que l’occasion lui en était offerte. Jean-Laurent Silvi, metteur en scène de La Conversation, la première pièce de Jean d’Ormesson, et Maxime d’Aboville, son interprète, s’en souviennent encore. «Monsieur Franck» leur a fait confiance pour la monter au Théâtre Hébertot. «Lui-même avait soixante dix mises en scène à son actif», rappellent ses deux admirateurs.

Pierre Franck a d’abord été un vrai «patron» qui a défendu le spectacle vivant toute sa vie. Dès 1960, il avait tenu les rennes de plusieurs grandes salles parisiennes. A commencer par le Théâtre de lOeuvre avec Georges Herbert jusqu’en 1973. Dans la foulée, il avait repris le bail du Théâtre de l’Atelier avec Michel Fagadau, Jean-Claude Houdinière et Loïc Volard, avant de le diriger avec son épouse, Danièle, jusqu’en 1998.
Toujours soucieux de se battre pour un théâtre de qualité
Tous deux présidaient aux destinées du Théâtre Hébertot depuis 2003. Ils avaient créé le «Petit Hébertot» en 2009. Après Xavier Jaillard, Arthur Jugnot, encore un jeune talent, en assure aujourd’hui la direction artistique. Pierre Franck regrettait le temps où une critique de Jean-Jacques Gauthier dans Le Figaro garantissait un succès public. S’il se moquait des tendances, il restait attentif et ouvert à toute proposition originale et exigeante. «Au début des années soixante-dix, il y avait 150 spectacles par an dans Paris, aujourd’hui, il y en a 1000!» s’exclamait-il, toujours soucieux de se battre pour un théâtre de qualité.
Pour lui, seuls comptait la viabilité du texte et la nécessité de le servir au mieux. «J’ai eu la chance que les plus grands me fassent confiance», observait Pierre Franck. Modeste et généreux, metteur en scène recherché, il avait mis en scène les œuvres des plus grands auteurs comme Shakespeare, Balzac, Claudel, George Bernard Shaw, Giraudoux, Tchekhov ou Obaldia. Avec des noms qui laissent rêveur: Pierre Fresnay, Danièle Delorme, Pierre Dux, Emmanuelle Riva, Michel Bouquet, Judith Magre, … La jeune Isabelle Carré décrocha le prix Arletty pour sa prestation dans Le Malcourt d’Audiberti que Pierre Franck mis en scène en 1993. Sa dernière mise en scène date de 1998 avec une pièce d’Anouilh, Adèle ou la Marguerite. «À une époque, le nom de l’auteur suffisait à déplacer le public, on allait voir une pièce de Marcel Achard ou de Jean Cocteau», regrettait-il.
En 2009, Pierre Franck avait accueilli avec un enthousiasme juvénile Robert Hirsch pour La Serva amorosa, de Goldoni, mise en scène par Christophe Lidon, puis pour Le Père, une pièce de Florian Zeller.

Hommage d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, à Pierre Franck

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