Quelle(s) place(s) pour les femmes dans la création théâtrale ?


Rencontre Lundi 2 décembre 2013 à 20h30 au théâtre de la Colline. Entrée libre sur réservation.


Quelle(s) place(s) pour les femmes dans la création théâtrale ? Rencontre
Lundi 2 décembre 2013 à 20h30
au théâtre de la Colline

avec

  • Ariane Mnouchkine, metteuse en scène, fondatrice du Théâtre du Soleil,
  • Marie-José Malis, metteuse en scène, directrice du Th. de la Commune d’Aubervilliers (à partir de 01/14),
  • Caroline Guiela Nguyen, metteuse en scène,
  • May Bouhada, auteure, metteuse en scène, présidente H/F Île-de-France,
  • Emmanuel Wallon, professeur de sociologie politique à l’Université Paris Ouest-Nanterre, Raphaëlle Doyon, chercheuse au LabEx Création, Arts et Patrimoines,
  • Anne-Françoise Benhamou, dramaturge, professeure en Études théâtrales à l’ENS

Rencontre animée par Anne Quentin, journaliste spécialiste des questions de politique culturelle

Les femmes sont singulièrement absentes des scènes françaises : 82% de ce que nous voyons ou entendons se décline au masculin. Femmes invisibles, femmes sans génie? L’art, lieu d’éveil des consciences, ne serait-il qu’un repaire d’archaïsmes machistes? Que faire? S’agit-il d’imposer un art féminin, au risque d’en exclure la portée universelle? Ou faudrait-il admettre que cet universel ne manque de rien s’il n’est porté que par le masculin? Comment lutter contre les représentations à l’œuvre et réduire les inégalités?



En partenariat avec l’association H/F Île-de-France www.hf-idf.org 



Entrée libre sur réservation au 01 44 62 52 00 ou contactez-nous@colline.fr   



Réactions

  1. 03/12/2013 – Hier, lundi 2 décembre, j’étais au théâtre de la Colline pour écouter ce débat organisé en partenariat avec H/F île de France. J’y suis allée, je l’avoue, en traînant un peu la jambe : je suis assez âgée pour avoir connu et vécu nombre de débats sur la condition féminine… Un de plus, m’étais-je dit. Et bien, non, ce n’était pas “un de plus”. Sur le plateau, sept femmes aussi brillantes les unes que les autres et un homme dont on connaît de longtemps l’esprit aigu d’analyse et la pertinence. Quel bonheur de les entendre apporter leur témoignage, sans hargne aucune, de situer exactement les problèmes et de se prononcer sur les solutions à apporter pour que simple “justice” soit rendue et observée pour les femmes dans leurs actes créateurs – et ailleurs, bien évidemment. Il y a longtemps que je n’ai plus vécu une soirée aussi constructive qu’apaisante, même si la lutte s’avère indispensable, mais le combat mené par l’intelligence est un combat qui comble les deux parties, si la bonne foi habite chacune des parties.
    Merci, merci à Ariane Mnouchkine, à Anne-Françoise Benhamou, à May Bouhada, à Marie-José Malia, à Raphaëlle Doyon, à Caroline Guiela Nguyen, à Emmanuel Wallon et à Anne Quentin qui a animé de main de maître cette rencontre, qu’elle avait préparée avec conscience et brio. Merci pour ce moment qui m’a redonné confiance en l’avenir et la justice.
    Et vous toutes, amies de la Rue du conservatoire (et vous aussi, amis), je vous engage à soutenir l’association H/F île de France, fondée par une “ancienne”, une remarquable bonne femme, May Bouhada (promo 1997)

    Marie-Luce Bonfanti (promo 1978)   lui écrire
     
  2. 03/12/2013 – Un chat, un chat
    Trop d’hypocrisie.
    Si comme le disait Anne Françoise, c’était encore mal-vu il y a peu de consacrer le numéro d’un journal à des femmes (à propos on a oublié de citer Anne-Marie Choisne qui depuis des années et sous les quolibets n’a ouvert le théâtre du Chaudron qu’à des artistes femmes, à 2 pas de Ariane Mnouchkine qui se fout bien des femmes artistes puisqu’elle ne leur accorde aucune visite), c’est toujours aussi tabou aujourd’hui de parler de ce qui fait la spécificité d’une vie de femme, pour ne pas dire spécificité féminine, et qui est la maternité.
    Gros froid dans la salle à la question « y a-t’il des crêches dans les théâtres ? »
    Je me souviens d’avoir croisé Valérie Dréville au square Burcq avec sa toute petite fille, j’étais moi-même avec ma fille je crois, vivant un de ces moments invisibles où on n’est plus que regard, bras, amour. Elle regrettait de n’avoir pu allaiter sa fille car elle avait dû reprendre des répétitions avec Claude Régy, très peu de temps après son accouchement, et sincèrement, je l’ai plainte même si elle arborait son adorable sourire. Combien de fois dans sa vie, on vit ce moment ? Et combien de spectacles ? Allaiter un bébé, c’est tabou. Tabou le bonheur de milliers de personnes. A cacher, comme une maladie honteuse, la maternité. Je sais ce que cet argument peut avoir de dangereux , mais les féministes ont fait une belle connerie en dévalorisant un acte –sous prétexte que les femmes étaient réduite à cela et tenues ainsi en esclavage- qui est crucial dans la vie des femmes : porter un enfant, le mettre au monde, l’allaiter (si elles le souhaitent).
    René Loyon lui m’a autorisée à allaiter mon fils pendant les répétitions de « l’émission de télévision » de Vinaver. Combien de fois l’ai-je remercié pour cela ? Trop.
    Alors, les quotas, oui je suis pour, mais s’il s’agit de nommer des femmes qui agissent comme des hommes, c’est à dire en ignorant cette part importante et primordiale de la vie : mettre au monde des enfants, les élever, en faire des hommes et des femmes, des citoyens, et que lorsqu’une voix s’élève timidement pour évoquer cette question, le mot « crêche » immédiatement suive, non. Car si il y a moins de femmes artistes, metteur-en-scène, c’est parce que les hommes quand ils ont des enfants, ils ont une femme pour s’en occuper. On ne les entendra pas parler de crêche, ou si peu.
    Doit-on en 2013 choisir entre avoir des enfants et travailler ?
    Je pose la question, est-il possible de mener une vie d’artiste et d’avoir une famille, des enfants ? Pour moi ça ne l’a pas été. Je suis l’exemple parfait : ma bibliothèque a « une très bonne tête » : Virginia Woolf, Carson Mc Cullers, Doris Lessing, Dorothy Parker, Lorrie Moore, Joy Williams, Emily Dickinson, Alison Lurie, Siri Hustvedt, Katherine Mansfield, Clarice Lispector, Yourcenar, Sarraute, Beauvoir, Sand, Camille Laurens…. Etc… etc…, je suis entrée très jeune « en théâtre », pleine de passion et d’espoir, et j’ai fait le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, le « national » comme disent les jeunes d’aujourd’hui,je n’avais pas mon Bac, et j’avais des tas de projets, mais les pères (aussi) artistes de mes enfants n’ont jamais annulé un dîner, un rendez-vous parce que le petit était malade.
    Et la crêche, ça ferme à 18h !
    Je viens de faire une mise-en-scène au Théâtre Rive-gauche, où même si je dirigeais sans assistant, 5 acteurs (plus moi-même), 2 techniciens et 1 déco, on m’appelait« ma petite Odile », « mon petit »,« la môme » , c’est gentil CA…mais à 50 ans on sait ce que ça veut dire.
    Alors, la question que je me pose : ai-je été sans cesse dévalorisée, infantilisée, prise en défaut du fait que j’étais une femme , ou bien l’ « ennemi intérieur » –  comme l’a évoqué la dame au débat- m’a mis des bâtons dans les roues, ou les deux ? ¨C26C Ou bien, ai-je toujours cherché obstinément à conserver ma spécificité – que je ne retrouve ni chez Ariane, ni chez Marie-José Malis- de ne revendiquer aucun sérieux, ni savoir universitaire à l’instar de « ces messieurs les directeurs de la culture » , de ne tenir aucun discours militant politico-démago, mais ETRE simplement avec mon expérience, avec ma pratique, ma sensibilité et ma propre vision de la vie, une Femme et une Artiste.
    ¨C27C Odile Roire (comédienne et metteur-en-scène, créatrice de la compagnie « Histoire d’Amour », promo 1984)¨C28C ¨C29C lui écrire

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