Quelques chiffres pour comprendre le combat des intermittents


Qu’en dit la presse ? Ci-après quelques chiffres et articles qui donnent un aperçu plus précis de la situation de nos professions artistiques.


Il suffit de regarder les chiffres, publiés dans des rapports officiels, pour se dire que cette obstination contre les intermittents n’a d’autre fondement que la recherche de boucs émissaires, comme toujours choisis parmi les plus fragiles. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ils ne se montreront pas les plus faibles.



Avant tout, cette image qui en dit plus que les mots… (merci Marcia)



  3 minutes pour tout comprendre


Bon à savoir


Et, lu dans “Libération”
:

La question à un milliard d’euros


René SOLIS 6 juin 2014 à 20:16



ANALYSE

Trop coûteux, injuste… si l’image du régime a évolué, les clichés ont la vie dure. Tout comme les intermittents.



Si le mouvement actuel ressemble à un remake de celui de 2003 , l’image des intermittents a considérablement évolué ces dix dernières années. A l’initiative des intéressés eux-mêmes, mais aussi d’élus de tous bords conscients du dynamisme économique généré par les manifestations culturelles – notamment les festivals – et du rôle clé de l’intermittence dans ce domaine.



Ce changement s’est fait progressivement. Au départ, le système était confronté à deux critiques majeures. D’abord, son coût : des années durant, le milliard d’euros de déficit des annexes 8 et 10 (lire page 7) a été brandi comme un symbole des aberrations de la protection sociale à la française, et les 100 000 intermittents considérés in fine comme des profiteurs aux crochets de la société. Un chiffre d’autant plus parlant qu’il est simple à comprendre. Le fameux milliard correspond à la différence entre les cotisations chômage versées chaque année par les intermittents – environ 200 millions d’euros – et les allocations reçues – plus de 1, 2 milliard d’euros. Cette approche comptable a été régulièrement relayée par la Cour des comptes. Et battue en brèche par le comité de suivi mis en place à l’issue du conflit de 2003 par la Coordination des intermittents et précaires, plusieurs syndicats et des parlementaires de droite et de gauche.



Solidarité. Selon le comité, réactivé en 2013, le chiffre du milliard n’a pas de sens, puisqu’il ne prend pas en compte le coût généré par l’indemnisation des intermittents s’ils étaient reversés dans le régime général. Si l’on rajoute cette donnée, le vrai «surcoût» de l’intermittence n’est pas d’un milliard, mais d’environ 320 millions d’euros. Un chiffre repris notamment dans le rapport sur les métiers artistiques remis en avril 2013 par le député (PS) d’Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille*, et adopté à l’unanimité par les membres de la commission des affaires sociales et de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale.



Cité dans ce même document, Michel Sapin, alors ministre du Travail, défend le statut particulier des intermittents et relève «l’incompréhension» de la Cour des comptes quant à «la logique même du régime assurantiel».



L’autre critique majeure adressée au régime des intermittents concernait son bien-fondé. Est-ce à l’assurance chômage – donc à l’ensemble des salariés – d’assumer une part du financement de la culture ? Pourquoi l’Etat ne prendrait-il pas le relais des partenaires sociaux ? Cette interrogation, dont le Medef et la CFDT – entre autres – se font régulièrement l’écho, est toutefois moins virulente qu’il y a dix ans. La «logique» du régime, évoquée par Michel Sapin, est fondée sur la solidarité entre catégories de salariés. Et sortir les intermittents du système – via, par exemple, la création d’une caisse spécifique abondée par l’Etat et les collectivités – pourrait constituer un dangereux précédent.



Levier. Quand la nouvelle négociation de l’Unédic s’est engagée, au début de l’année, la nécessité de conserver les annexes 8 et 10 semblait donc faire à peu près l’unanimité. Seul le Medef a agité le chiffon rouge de leur suppression, mais sans en faire un casus belli. D’autant moins qu’il sait bien que le système de l’intermittence participe de la bonne santé économique du secteur culturel. Un autre rapport, publié en 2013 par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale des affaires culturelles, dissèque «l’apport de la culture à l’économie en France» : 58 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2011, 670 000 emplois dans les entreprises culturelles… L’intermittence servant en la matière de levier.





Source du graphique : ministères de l’économie et de la culture



D’où un paradoxe : les intermittents estiment qu’ils sont en danger de mort, alors que tout le monde ou presque célèbre les vertus de leur régime. Plusieurs facteurs expliquent ce décalage. Et d’abord le sentiment de paupérisation vécu par beaucoup, particulièrement dans le spectacle vivant. Depuis 2003, il est plus difficile d’obtenir un nombre suffisant de cachets (dont le montant est par ailleurs en baisse). Cette «sous-rémunération des artistes» est pointée par le rapport Gille* : «En 2011, le salaire annuel moyen de l’ensemble des salariés intermittents du spectacle s’est élevé à 8 503 euros.» C’est peu, moins qu’en 2002 (8 713 euros) et, en euros constants, cela représente une baisse de 25%.


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