ROI DU SILENCE


ROI DU SILENCE

GÉNÉRIQUE

Un spectacle de et avec Geoffrey Rouge-Carrassat

Collaboration artistique Emmanuel Besnault

Lumières Emma Schler

Coréalisation La Reine blanche – Les Déchargeurs & Cie La Gueule ouverte
Production Cie La Gueule Ouverte
Le spectacle est labélisé par Rue du Conservatoire, association des élèves et anciens élèves du CNSAD

Représentations

LES DÉCHARGEURS – PARIS – SALLE VICKY MESSICA

4 au 22 février, mardi au samedi à 21h

LE SPECTACLE

De retour des funérailles de sa mère, un jeune homme pose l’urne sur la table de la salle à manger pour lui adresser une dernière fois la parole. Aujourd’hui, il va rompre le pacte qu’il a signé avec lui-même il y a quinze ans : garder le secret sur son homosexualité. Face aux cendres muettes, il redonne corps et voix à sa mère pour jouer la réaction qu’il avait toujours redoutée et qui justi ait son mutisme. Pendant ce temps, le bruit des pas du voisin du dessus se fait de plus en plus présent, les souvenirs avec.

A PROPOS

On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu’on n’oserait con er à personne. Cioran

Au début, Roi du silence était une a aire personnelle : je voulais faire de mon coming-out un spectacle. J’avais gardé le secret plus de dix ans et le dévoiler simplement me semblait une perte. Je voulais que ça fasse du bruit.

J’ai retrouvé ma chambre d’adolescent et j’y ai récupéré quelques souvenirs à partir desquels j’allais pouvoir écrire : le journal intime de mes désirs inavouables, le pacte de silence que j’avais signé avec moi-même, et quelques textes bien gardés qui semblaient déjà écrits pour ce spectacle.
Durant l’écriture, j’étais plongé dans plusieurs lectures éclairantes – notamment Le Livre des hontes de Jean- Pierre Martin, King Kong Théorie de Virginie Despentes, La Conversion de James Baldwin, Passion simpled’Annie Ernaux, En nir avec Eddy Bellegueule d’Édouard Louis…

Il s’agissait d’écrire d’abord et d’organiser ensuite. Ecrire beaucoup jusqu’à ce que certaines thématiques se répètent et donc se dégagent : celle de l’orgueil dans la honte, du travail comme compensation, de la haine plus que de l’amour…

Je ne voulais pas faire un énième spectacle sur l’homosexualité. Avant tout, je voulais raconter une histoire d’amour. Mais je devais aussi trouver la manière, répondre au comment aborder le sujet du coming-out. Alors j’ai choisi de répondre à ces questions : Pourquoi le silence est-il gardé si longtemps ? Qu’est-ce que cette place autour de la tablée familiale a de si précieuse ? Pourquoi l’enfant ne fugue pas ? Et surtout, n’y a-t-il pas une volupté dans la culpabilité ? Le coming-out ne serait-il pas une perte autant qu’une libération ?

Une fois la matière textuelle réunie, il restait un dernier acte d’écriture : le montage. Pour ce faire, il fallait que j’éprouve chaque texte au plateau – pour la première fois, à haute voix – devant mon premier spectateur et collaborateur artistique : Emmanuel Besnault.

Comme décor, une salle à manger après un banquet funéraire… Mais ce lieu réaliste se transforme bientôt en espace onirique – capable d’invoquer l’absent, voire les morts : nous voici dans la chambre mentale du personnage.

EXTRAIT

“voilà maman

aujourd’hui
je t’offre l’opportunité de mettre à l’épreuve

la confiance que tu m’accordes les beaux discours que tu fais ce lien si fort dont tu parles

et tout ce que tu promets

il y a quinze ans
j’ai regardé pour la première fois une vidéo pornographique

c’était dans un bureau y’avait l’patron sa secrétaire un scénario original

mais c’est pas ça le plus important on voyait qu’elle
la secrétaire
tout l’temps dans l’champ

j’avançais
je cherchais un moment où l’on voit le moment où on l’voit
son moment

mais non
la secrétaire c’est c’qui semblait intéressant

elle était nulle cette vidéo alors j’ai changé”

PARCOURS

GEOFFREY ROUGE-CARRASSAT / AUTEUR, METTEUR EN SCÈNE, INTERPRÈTE

Geoffrey entre au Conservatoire de Lyon, puis au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique de Paris, à l’âge de 17 ans, où il travaille avec Daniel Mesguich, Xavier Gallais, Georges Lavaudant, Stuart Seide, Dieudonné Nianguna…

En 2014, il présente sa première création, La Sangria de Sanguille, un spectacle chorégraphique pour 15 acteurs. En 2015, son texte Y’a pire, faut pas s’plaindre ! est primé par le Centre National du Théâtre. En 2016-2017, il est artiste en résidence au Collège Cesária Évora de Montreuil (93), soutenu par la DRAC Île-de-France, les Fondations Rothschild et Paris Research University. Il écrit et met en scène Imagine une cabane avec 11 adolescents au Nouveau Théâtre de Montreuil. Suite à cette expérience, il crée Conseil de classe (Théâtre de Belleville). En 2017, il joue plus de 100 fois Scapin dans Les Fourberies de Scapin, mise en scène d’Emmanuel Besnault (Théâtre du Lucernaire). En 2018, il crée Roi du silence (Festival de Villerville) et obtient le Diplôme d’État de professeur de théâtre avec les félicitations du jury. Après un Master de Création Littéraire à l’Université Paris 8, il est actuellement doctorant au CNSAD.

EMMANUEL BESNAULT / COLLABORATEUR ARTISTIQUE

Emmanuel Besnault a été formé au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique de Paris dans les classes de Sandy Ouvrier, Nada Strancar et Xavier Gallais. En tant que metteur en scène, il fonde la compagnie de L’Éternel Été à 19 ans, devient artiste associé du Théâtre de Noisy le Grand de 2015 à 2017, puis du Théâtre de Montbrison en 2017/2018.

Il compte 12 mises en scène à son actif, dont A Contrario, une création collective présentée au festival international de Spoleto en italie, 60° Nord de Lucie Digout, avec 12 acteurs du Cnsad, et Novecento d’Alessandro Baricco, avec Julien Frison. Il anime également de nombreux stages et ateliers : Programme Education et Proximité à la Colline, option théâtre du Lycée Victor Hugo, école des Enfants Terribles… En tant que comédien, il joue notamment dans les créations de Wajdi Mouawad (Notre Innocence, à la Colline) et Olivier Py (Le Cahier Noir, au Centquatre). Il joue plus de 400 fois le rôle-titre d’Arlequin valet de deux maîtres de Goldoni à la Comédie Italienne de Paris, mais aussi dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière mise en scène par Jean-Pierre Raffaelli pour une tournée en Europe de l’Est, et dans Carmen, écrit et mis en scène par Lucie Digout au Théâtre 13.

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