SAMUEL CHURIN : UN JOUR HISTORIQUE….. Nous avons enfin pu faire chiffrer nos modèles d’indemnisation : l’Unedic admet que nos propositions ne sont pas plus coûteuses que la réforme imposée depuis 2003


UN JOUR HISTORIQUE

Le combat pour les droits sociaux est constitué d’étapes. Certaines  sont décourageantes et d’autres ouvrent des perspectives possibles. La dernière journée des tables de concertation du 17 décembre a été consacrée au chiffrage par l’Unedic des propositions alternatives de la CGT, du Syndeac et de la CIP. Pour rappel c’est la première fois que nous avons la possibilité de faire chiffrer nos modèles d’indemnisation. Jusqu’à présent, nous avancions que ces alternatives étaient crédibles. Mais les chiffrages que nous avions étaient tous réalisés à partir des données de la caisse des congés spectacle, et étaient pour le moins contestés par nos « adversaires ». Aujourd’hui, ce débat est clos. L’Unedic admet que nos propositions ne sont pas plus coûteuses que la réforme imposée depuis 2003. Le retour à la date anniversaire sur 12 mois évaluée à 35 millions d’euros supplémentaires est largement compensé par un plafonnement des hauts revenus. Il augmenterait le nombre d’allocataires de 3000 personnes jusqu’à présent exclues. Et il éviterait beaucoup de ruptures de droits temporaires chez les actuels ayant droits. Cela conduirait à une bien plus grande continuité de revenu.  Ainsi, tout ce que nous disons depuis 11 ans a été confirmé : une réforme juste est possible sans aucun surcoût. Oui ce jour est historique parce que cette affirmation est maintenant incontestable. Plus personne ne pourra nous répondre « prouvez le nous » : C’EST FAIT. Certes, nous avons manqué de temps pour affiner les paramètres et nos propositions pourront être encore améliorées. Il ne s’agit pas de revanche, encore moins d’esprit triomphant. Il s’agit de mettre en avant ceci : la preuve est faite que le choix est bel et bien politique et pas économique. Quel modèle de société voulons-nous ? Le conseil national de la résistance avait pensé des droits sociaux solidaires : les actifs cotisent pour les retraités, les bien-portants pour les malades. La solidarité et la redistributivité sont les bases de toute la protection sociale. L’enjeu est là : celui du choix entre un modèle assuranciel, celui dont les exclus du régime financent les assedics versés aux salariés à haut revenus, ou un modèle redistributif, solidaire et juste.

A partir du cas particulier des intermittents du spectacle et notre démonstration maintenant actée et partagée, nous pouvons affirmer que tous les choix sont politiques et qu’il est possible de penser le monde autrement. Toute la convention d’assurance chômage est à revoir. A l’heure où 86% des embauches se font en CDD, où le nombre de chômeurs à activités réduites explose, il est urgent d’adapter la protection sociale en générale et l’assurance chômage en particulier à la discontinuité. Le dossier des matermittentes a mis en avant un fait : toutes les règles sont pensées pour l’emploi stable et sont inadaptées à l’emploi discontinu. A droit ouvert égal, être enceinte un jour de l’année plutôt qu’un autre a des conséquences énormes : dans un cas le congé sera couvert par la sécurité sociale, dans l’autre non. Comment continuer de supporter cette injustice ?

Oui nous le rappelons sans cesse : 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Cela peut paraître un slogan. C’est une réalité terrible pour ces millions de pauvres dont on ne parle pas. Face à cette situation, on nous vend des recettes de plein emploi toutes aussi mensongères et farfelues les unes que les autres. Nous pouvons faire autrement, il y a des solutions possibles. Ces réformes aussi ne sont pas économiques mais politiques : imposer la précarité généralisée afin d’avoir une main d’œuvre à pas chère, des petits boulots de misère, et des droits sociaux inexistants.

Enfin, il faut rendre hommage à la lutte. Grâce à la mobilisation, ces tables de concertations auront pour la première fois permis de prouver de manière incontestable ce que nous affirmons depuis le début. La balle est maintenant dans le camp de ceux qui décident. Nous avons maintenant tous les arguments pour les faire changer de cap. Le mouvement devra être à la hauteur si nous voulons transformer ce jour historique en jour de justice pour tous.

Samuel Churin

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