Soirée dédiée à la mémoire de Colette BERGÉ, par Emmanuel de Sablet


Projection du film LES ABYSSES de Nico Papatakis au Studio des Ursulines le lundi 13 octobre 2008 à 20h

LES ÉCRANS CITOYENS
Cycle : LE CINÉMA DE L’INSURRECTION
Séance inaugurale du lundi 13 octobre 2008 à 20 h
LES ABYSSES (France, 1963)
de Nico Papatakis,
avec Colette BergéFrancine Bergé et Pascale de Boysson
En présence de Nico Papatakis et de Francine Bergé

Soirée dédiée à la mémoire de Colette Bergé

« Magnifique et étrange film où la raison est du côté de la folie, le paradis au plus profond de l’enfer, où l’amour est peint sous la figure de la haine. Il montrela révolte nue. Papatakis a réussi la prouesse de sauver l’horreur par la beauté sans jamais la trahir :sans qu’elle cesse d’être horrible. Un des plus grands films que j’aie jamais vus. » Simone de Beauvoir Les Écrans citoyens sont fiers d’inaugurer leur cycle annuel avec ce film extraordinaire, archétype du cinéma de l’insurrection, très peu diffusé depuis sa sortie, et dont la violence, la « révolte nue », l’exceptionnelle puissance de subversion n’ont peut-être jamais été égalées à l’écran. La trame du film est inspirée des Bonnes de Jean Genet, qui lui-même s’était inspiré du fait divers des sœurs Papin : ces « bonnes » qui assassinèrent leur patronne et sa fille, d’atroce façon et sans mobile apparent, au Mans, en 1933, et qui inspirèrent à plusieurs intellectuels — dont Jacques Lacan — des interprétations où s’imbriquaient philosophie, politique et psychanalyse. Jean Genet, dont Papatakis avait produit Un chant d’amour, estimait sa pièce démodée et ne souhaitait pas que Papatakis l’adapte ; Papatakis passa outre et inversa la donne : ce ne sont plus les patrons qui ici tyrannisent leurs domestiques, mais ces dernières qui tyrannisent leurs patrons. Métaphore voilée de la guerre d’Algérie finissante, les Abysses est un des derniers cris d’une histoire du cinéma qui en sera bien avare par la suite. C’est aussi le premier film qui fit l’objet d’un manifeste collectif, signé par des intellectuels de premier plan (Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, André Breton, parmi d’autres),  intitulé « Le cinéma nous donne sa première tragédie », et qui fut publié à la une du Monde.

Nico Papatakis et Francine Bergé ont accepté de rehausser de leur présence cette projection, qui sera suivie d’un débat.
La soirée sera dédiée à la mémoire de Colette Bergé, interprète d’un des deux rôles principaux, et qui nous a quittés en mars dernier.

Date : lundi 13 octobre 2008, 20h.
Lieu : Studio des Ursulines, 10 rue des Ursulines, 75005 Paris (bus 21 et 27 (Feuillantines), 38 et 82 (Auguste Comte), 84 (Panthéon) — RER B, station Luxembourg, sortie rue Abbé de l’Épée — M ° Censier-Daubenton).
Tarifs : 5 € (tarif plein) et 4 € (tarif réduit).
Réservation recommandée : 01 77 13 78 84 / 06 87 82 78 84
lesecranscitoyens@laposte.net
Les places réservées devront être retirées au plus tard à 19 h 45.

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