Sophie CHAUVEAU


On y est tout de même pas entré par hasard, au Conservatoire !
Le 30 mai 2005, à 19 heures, quelque deux cents personnes franchissent les portes du Conservatoire. Intimidés, hésitants, enjoués, contents ou inquiets mais surtout follement curieux.Première surprise : la joie de se revoir, de se revoir comment dire “en l’état”. La joie et la vanité : on s’est tous reconnus. On n’a pas changé. Ou si peu. Quelque chose d’assez miraculeux qu’on peut appeler l’art, la prise de risque, la perpétuelle remise en question, en jeu, en scène, en danger, la quête de la Beauté, de ce si fragile instant poétique qu’ici, durant ces trois années, on était venus apprivoiser..

Deuxième surprise : le plaisir inouï d’échanger. Pourtant, oui, ce fut souvent dur, et ça l’est encore, mais au fond de tous ces regards, ça rêve toujours, et à haute voix, ça ne s’est pas résigné, ça n’est toujours pas tari, cette chose qui nous a, un jour, tous assemblés en ces lieux. On y est tout de même pas entré par hasard, au Conservatoire !

Ensuite ? Oh, il était l’heure de prendre place dans le théâtre de nos 20 ans. Pour écouter Yveline Hamon, Jean-Pierre Jacovella, Daniel Mesguich, Colette Nucci, René Mutappa, Catherine Gandois, et tous les autres “membres fondateurs”, grâce à qui nous étions là, nous raconter comment l’idée leur était venue, et pourquoi, et comment faire association ensemble

Tard dans la nuit d’été, l’on se sépara.

Dans la joie et l’émotion des retrouvailles, après réflexion, il y avait bien davantage que des souvenirs. La mémoire diffuse mais sûre d’avoir tenté ensemble d’atteindre l’art, de toucher à la beauté, de croiser la Merveille, et d’avoir parfois ensemble partagé un moment de grâce.

A la lisière de ce siècle, à la rupture des idéologies, à la fracture du monde d’aujourd’hui, à l’incertitude de celui de demain, quel avenir pour le comédien ? Quel rôle pour l’acteur ? Quelle place pour les artistes ” par ces temps de détresse “?

Ni Etat ni instances supérieures n’ont à déterminer le rôle des artistes à leur place et sans eux. Y réfléchir ensemble et assez fort pour intervenir et peser sur les décisions nous concernant, voilà bien une urgence pour notre association.

A cette action-réflexion politique sur notre existence au sein de la cité, s’ajoute celle, indispensable à qui veut travailler ensemble: la solidarité avec ceux qui partagent, ont partagé, partageront nos rêves.

Tout est à faire : trouver un lieu pour accueillir notre association, des financements, des talents pour mille choses urgentes, à commencer par une pensée fédératrice de tous ces désirs qui sont suffisamment concrets pour, du coup, très vite s’avérer indispensables !

Exiger, obtenir, réaliser, inventer les moyens de donner à l’art et à la culture de demain la force de contrer individualisme forcené, consumérisme de la médiocrité, et d’honorer les valeurs apprises en ces lieux, les transmettre et les faire rayonner.

Nous vous invitons à nous rejoindre, à nous soumettre vos idées et propositions et à faire part de l’existence de l¹Association..

Cette Association est la nôtre, elle sera ce que nous en ferons.

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