Thérèse QUENTIN


Elle nous a quitté ce vendredi 20 février, quelques semaines après Marcel Cuvelier, son époux. Ses obsèques auront lieu vendredi 27 février à 14h30 au cimetière de Montmartre.


Adieu à Thérèse Quentin, comédienne sensible

Par Armelle Héliot le 24 février 2015

Elle s’est éteinte vendredi quelques semaines après son mari, Marcel Cuvelier. Au théâtre, elle demeure associée à la famille de la Huchette. Mais sa carrière est bien plus large, sur les planches comme au cinéma ou à la télévision. Ses obsèques ont lieu vendredi au cimetière de Montmartre à 14h30.

Marcel Cuvelier s’est éteint le 6 janvier dernier. Sa femme de toute une vie, Thérèse Quentin, l’a suivi de quelques semaines. Thérèse Quentin était née le 5 juillet 1929 à Ixelles en Belgique. C’est à Paris, chez Tania Balachova, qu’elle étudia l’art dramatique. Si au théâtre, elle a joué un répertoire de création, de recherche, jouant les pièces d’Eugène Ionesco et notamment à la Huchette dont elle était une figure ardente, elle a été rendue populaire par des dramatiques télévisuelles, des télé films, et au cinéma son parcours n’est en rien négligeable.

Elle était très jolie, avec un visage aux pommettes larges, un nez court, un regard profond. Il y avait quelque chose de slave dans ce visage et sa voix mélodieuse faisait merveille dans la comédie comme dans des registres plus graves, et même tragiques.

Elle a donc joué beaucoup d’auteurs de son temps et, en plus d’Eugène Ionesco  (La Cantatrice chauve, La Leçon, Le Roi se meurt), elle a joué Perec (L’Augmentation), Michel Vinaver (Iphigénie Hôtel), Jean-Claude Grumberg (Demain une fenêtre sur rue, Histoire de on, et plus récemment Votre maman).

Elle appartenait donc à cette belle famille de la Huchette et à la galaxie qui comptait des hommes de haute culture qu’étaient Jacques Mauclair, Nicolas Bataille, son mari Marcel Cuvelier, plutôt du côté du théâtre privé et, du côté du théâtre public, Antoine Vitez, Roger Planchon, notamment.

Elle était excellente dans le registre russe et elle avait une sensibilité qui aurait pu la conduire à jouer toutes les héroïnes de Tchekhov. Elle l’a parfois joué, comme elle a été remarquable dans Oblomov de Gontcharov. Sa prédilection allait à la création et elle a incarné des personnages d’Arthur Miller (Je ne me souviens plus de rien), de Claude Valabrègue (Elle, elle et elle).

On n’en finirait pas de citer des rôles : elle a été soixante ans durant au travail, discrète, fine, lumineuse.

Au cinéma, cette femme très jolie, a tourné avec de grands réalisateurs, dans des films qui ont marqué tels Le Grand Meaulnes par Jean-Gabriel Albicoco, Les Aventuriers de Robert Enrico, Je suis Pierre Rivière de Christine Lipinska, Voyage en Tartarie de Jean-Claude Tachella, Diabolo Menthe de Diane Kurys.

Les réalisateurs des années 80 ne l’oubliaient pas et elle est ainsi au générique de L’Ombre des femmes de Louis Garrel ou encore de Ainsi soient-elles de Rodolphe Tissot..

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