Un ailleurs théâtral utopique ? Editions Théâtrales


Nouveautés d’avril

Un ailleurs théâtral utopique ? 

Inventer, rêver, écrire d’autres mondes : ce procédé artistique a toujours permis de s’évader d’un réel décevant sur lequel on aurait peu de prise, pour tenter de reprendre le contrôle dans un ailleurs fantasmé et ouvrir en grand des fenêtres invisibles.

Depuis Aristophane et ses Oiseaux ou, enjambant les siècles, depuis Karel Čapek et son R.U.R., inventeur du mot « robot » (esclave), le théâtre a connu une tradition de science-fiction assez marginale. À l’heure où l’humanité est en péril face à l’urgence climatique, les dramaturges se penchent désormais sur ce genre qui permet le détour politique et métaphysique.

Ainsi Karin Serres, dans Nos fenêtres invisibles et Je suis le contrepoids du monde, chemine avec bonheur du côté de l’utopie et de l’espoir chez les nouvelles générations.

Chez Frédéric Sonntag et son vertigineux D’autres mondes, ce détour passe par la physique quantique : il s’intéresse à la théorie des mondes parallèles pour composer une fiction théâtrale totale.

Le théâtre étant définitivement l’art de l’esquive, ces deux auteur·rices parviennent avec brio à nous détourner d’une réalité trop complexe à appréhender, non pour la refuser, mais bien pour trouver des armes pour la décrypter, et, qui sait, chercher à en changer le cours.

L’invention d’autres mondes scéniques peut aussi naître des dialogues multiples entre les arts de la scène et les arts visuels, explorés dans le dossier du nouveau numéro de Théâtre/Public qui paraît ce printemps.

Belles lectures, prenez soin de vous et du collectif.

L’équipe des éditions Théâtrales

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Nos fenêtres invisibles / Je suis le contrepoids du monde, de Karin Serres

Deux histoires de rencontres opposant à la marche brutale du monde l’imagination, l’amour, la beauté et la solidarité.

Nos fenêtres invisibles. Dans un futur indéterminé, Kévina et Otis, 16 ans, attendent à l’hôpital d’être Reformatés car, aux yeux de la Milice des Gardiens de la Réalité, ils ont bugué. Sont-ils atteints d’un dysfonctionnement cognitif passager ou bien dotés d’un imaginaire plus riche que la moyenne des gens ? Dans un élan vital qui les dépasse, ils vont donner naissance à un mouvement de résistance.

Je suis le contrepoids du monde. Dans une usine abandonnée, la jeune Jessica tombe sur Samir, assis sur une chaise au milieu d’une pièce vide. Elle découvre que c’est un endroit spécial : tout instant de beauté créé ici fait contrepoids à la violence du monde. Jessica est-elle prête à rejoindre la confrérie planétaire des Veilleurs sensibles ? Cette histoire d’amour est aussi celle d’un engagement poético-politique.

Collection “Répertoire contemporain” – 96 p. – 14 euros – en librairie le 15 avril 2021. Cet ouvrage a été publié avec le concours du Centre national du livre.

Pour lire un extrait, c’est ici

Les actualités de Karin Serres

Bagarre, mise en scène Annabelle Sergent – Compagnie Loba (Angers) : les 14 et 15 avril au Festival Petits & Grands à Nantes et du 5 au 7 mai au Parvis, Scène nationale de Tarbes. Également à Avignon, du 7 au 28 juillet au Nouveau Grenier ; avec le projet Titus.

L’Écume des vents, projet participatif de territoire, mise en scène Camille Perreau, production Très Tôt Théâtre (Quimper) et Entre Chien & Loup (Saint-Vincent-des-Prés) : le 4 juillet à la Pointe du Raz

Les Mars Brothers, mise en scène Le Kollectif Singulier (Amiens) : du 7 au 31 juillet à La Scierie, Avignon

De l’autre côté, mise en scène Adeline Détée, Compagnie du Réfectoire (Bordeaux) : du 26 au 28 mai à MusiK à Pile, Lapouyade puis du 30 mai au 4 juin au CRAC, La Vallée.

© Bertrand Couderc

Pour connaître l’ensemble de son œuvre et lire sa biographie complète, c’est ici

 

D’autres mondes, de Frédéric Sonntag

Au début des années 1960, un physicien français au génie précoce et un auteur de science-fiction soviétique à l’imagination féconde travaillent sans le savoir sur le même concept : l’existence d’univers parallèles au nôtre, qui expliquerait la nature même de notre réalité.

Quelques décennies plus tard, leurs enfants – le leader d’un groupe de rock renommé et une futurologue médiatique – sont chacun hantés par l’héritage paternel et confrontés au même moment à d’étranges événements…

Frédéric Sonntag poursuit son exploration des mythologies de la culture pop, de l’histoire des idéologies et des mutations du capitalisme. À la fois fable sur le destin de nos existences, analyse de notre perception de la réalité et voyage à la frontière de nos fantasmes et de nos souvenirs, D’autres mondes sonde notre besoin d’imaginer des ailleurs plus habitables et de croire encore à l’existence de nouveaux possibles.

Ce texte à la construction vertigineuse se dévore comme un roman de SF et offre des enjeux de création infinis.

Collection “Répertoire contemporain” – 84 p. – 12 euros – en librairie le 15 avril 2021. Cet ouvrage a été publié avec le concours du Centre national du livre.

Pour lire un extrait, c’est ici

Les actualités de Frédéric Sonntag

D’autres mondes a été créé le 22 septembre 2020 au Nouveau Théâtre de Montreuil, dans une mise en scène de Frédéric Sonntag. Le reste de la tournée a été reporté.

Les prochaines dates prévues sont les 26 et 27 mai 2021 au Grand R – Scène nationale de La Roche-sur-Yon et les 1er et 2 juin 2021 à Points communs – Scène nationale de Cergy (Val d’Oise).

Cette production sera reprise en tournée en 2022.

Pour plus d’informations, c’est ici et ici.

© Jean-Louis Fernandez

Pour connaître l’ensemble de son œuvre et lire sa biographie complète, c’est ici

 

Théâtre/Public n°239 : Faire scène – Arts de la scène et arts visuels

Coordination Laure Fernandez.

Le dossier de ce numéro s’intéresse aux relations qu’entretiennent les arts du spectacle et les arts visuels, à l’aune de la scène actuelle. Il réunit des paroles d’artistes, des études d’œuvres et des analyses à la recherche de ce que le « théâtral », le « performatif », le « plastique » inventent, déplacent, produisent. Il interroge les façons qu’ils ont de « faire scène ».

Le numéro s’ouvre par un entretien avec l’autrice et dramaturge Marie NDiaye. Il est consacré à la part théâtrale de son œuvre : l’écriture, les représentations, les inspirations, les enjeux de ses pièces.

Enfin, les miscellanées proposent un récit d’anticipation de Thibaud Croisy, une réflexion sur une expérience de théâtre militant, Le Chœur d’Ali Aarrass, par la metteuse en scène Julie Jaroszewski, ainsi qu’un hommage à la cinéaste, comédienne et traductrice Hélène Châtelain.

Entretien avec Marie NDiaye, réalisé par Clare Finburgh Delijani, « Lectrice plutôt que spectatrice »

Théâtre/Public n°239 – 112 p. – 16,90 euros – disponible en librairie le 15 avril 2021.

Pour lire le sommaire de ce numéro, c’est ici

Cet email a été envoyé à info@rueduconservatoire.fr, cliquez ici pour vous désabonner.

47, avenue Pasteur 93100 Montreuil FR

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