Virna LISI


Aussi belle que talentueuse, cette actrice – femme remarquable qui osait se montrer intelligente et intransigeante – qui a tourné avec les plus grands, vient de s’éteindre à 78 ans

 

Lu dans le Parisien.fr

L’actrice italienne Virna Lisi, primée à Cannes pour son rôle dans La Reine Margot de Patrice Chéreau, est morte ce 18 décembre dans son sommeil, des suites d’une maladie incurable. Elle avait 78 ans.

Née à Ancône en 1936, Virna Peralisi, de son vrai nom, a tourné dans près de 80 films pour le grand écran et une quarantaine pour la télévision, en Italie, en France mais aussi à Hollywood.

Elle a donné la réplique aux plus grands acteurs de sa génération, d’Alain Delon à Richard Burton en passant par Marcello Mastroianni.

Elle avait débuté sa carrière très jeune, à 16 ans, lorsque le chanteur Giacomo Rondinella, un ami de ses parents, les convainc de la laisser jouer à ses côtés dans une petite comédie musicale, E Napoli canta (Armando Grottini). Elle poursuit avec de petits rôles d’ingénue jusqu’à La femme du jour de Francesco Maselli (1956) puis des dramatiques sur petit écran.

80 films et une carrière internationale

Virna monte aussi sur les planches grâce à Vittorio Gassman, qui la présente à Georgio Strelher, directeur du Piccolo Teatro de Milan. Au printemps 1956, le metteur en scène lui fait interpréter Lucile Desmoulins dans Les Jacobins de Federico Zardi, au côté de Serge Reggiani en Robespierre.

Après son mariage en avril 1960 avec l’architecte romain Franco Pesci, elle privilégie sa vie personnelle mais retrouve les plateaux pour Eva, sous la direction de Joseph Losey, avec Jeanne Moreau (1962) puis La tulipe noire (Chistian Jacque, 1963) et Les poupées (Dino Risi, 1964). Appelée à Hollywood, elle y emmène son mari et son fils Corrado (2 ans), signe un contrat de sept ans avec la Paramount et tourne entre autres Comment tuer votre femme (Richard Quine, 1965), avec Jack Lemmon. Mais refusant d’être cantonnée dans des rôles de blonde sexy, elle dédaigne Barbarella de Roger Vadim – qui sera un immense succès pour Jane Fonda – et rompt son contrat après seulement trois ans.

Sa carrière se poursuit de Rome à Paris, Londres ou Berlin, parfois dans des productions hollyoodiennes, comme L’arbre de Noé (Terence Young, 1969), Barbe-Bleue de Edward Dmytryk (1972) ou encore Le Serpent (Henri Verneuil, 1972). Ses films-phares comptent aussi Au-delà du bien et du mal (Liliana Cavani, 1977), La Cigale (Alberto Lattuada, 1980), Sapore di Mare (Carlo et Enrico Vanzina, 1982), Joyeux Noël… Bonne année (Luigi Comencini, 1990)…

En 1994, elle atteint la consécration en recevant à Cannes la palme de la meilleure actrice pour son rôle de Catherine de Médicis dans La Reine Margot. Pour ce même rôle, elle reçoit le César du meilleur second rôle féminin.

Sa carrière sur grand écran se termine avec Cristina Comencini, fille de Luigi, sous la direction de laquelle elle tourne Va où ton coeur te porte (1996) et Le plus beau jour de ma vie (2002). Elle marque aussi le petit écran dans Balzac, téléfilm de Josée Dayan (1999) aux côtés de Gerard Depardieu, Jeanne Moreau et Fanny Ardant.

En Italie, après six Nastri d’Argento de la Meilleure actrice, un prix David de Donatello couronne en 2009 l’ensemble de sa carrière, qu’elle poursuit à la télévision où elle a travaillé jusqu’à ses derniers jours.

La mort de son mari en septembre 2013 l’avait laissée veuve après une histoire d’amour de 53 ans, entourée de son fils et de trois petits-fils.

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