Le 15 janvier 2022
par Rue du Conservatoire
- Commentaires (4)
C’est avec beaucoup de peine que nous apprenons le décès de la grande comédienne et chanteuse Catherine BERRIANE. Rue du Conservatoire adresse ses plus sincères condoléances à toute sa famille et ses proches avec une pensée particulièrement chaleureuse à son frère Daniel Mesguich membre fondateur de notre association.
Elle était discrète et très talentueuse. Comédienne, elle chantait à la perfection et était une lectrice précise et harmonieuse. Elle s’est éteinte il y a quelques jours.
On l’avait connue dans les premiers spectacles signés par son frère, Daniel Mesguich. On se souvient d’elle, encore au conservatoire et jouant dans Candide, dans Le Prince travesti. Elle se nommait Catherine Berriane. Sa famille a annoncé sa mort dans les colonnes du carnet du Monde il y a quelques jours. Chagrin. Elle avait beaucoup de talents et des dons. Ses professeurs, Marcel Bluwal, Pierre Debauche, appréciait ce grand tempérament.
Portrait récent. Photo Unifrance.
Elle avait pris ses premiers cours à Marseille, auprès d’Irène Lamberton. Et, alors qu’elle était entrée au CNSAD, elle avait pris des cours de chant lyrique avec Bernadette Val.
Ses premiers spectacles datent de 1974. Son premier récital de 1984, au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis. Longtemps, elle a chanté. Avec Francesca Solleville, avec Colette Magny, au Tourtour ou à la Fête de l’Huma, à Monte Carlo ou à la Vieille Grille, à l’Espace Rachi. Sur le plateau de la Comédie-Française : lorsque son frère monta La Vie Parisienne ou, un peu plus tard, La Tempête. Elle chanta du Monteverdi. De la chanson réaliste au plus délicates des compositions lyriques, son timbre, sa discipline, sa sensibilité faisaient merveille.
LE BEL INDIFFERENT – SUIVI DE LA CHARLOTTE DE JEHAN RICTUS – De Jean COCTEAU – Mise en scene : Daniel MESGUICH – Avec : Catherine BERRIANE, Florent FERRIER – Le Lucernaire – Le 05 janvier 2010 – Photo : Pacome POIRIER/WikiSpectacle (avec nos remerciements)
Un chemin à la télévision, au cinéma, notamment auprès de Jean-Pierre Mocky, qui aimait les fortes personnalités. Au théâtre, son chemin s’est souvent confondu avec celui de Daniel Mesguich qui admirait sa personnalité, sa présence, sensuelle, tendre, spirituelle, capable de dessiner des femmes plus âpres. Racine et plus tard Corneille, Wedekind, Shakespeare, Pirandello, Kleist, Tchekhov, Clarisse Nicoïdski, entre autres. Avec Jean-Claude Penchenat, elle joua du Goldoni et avec Myriam Tanant, du Buzzati.
Elle aura énormément joué et chantait, lu pour la radio ou des spectacles. On ne l’oubliait pas.
Après un passage au conservatoire de Marseille avec pour professeur Irène Lamberton, Catherine Berriane entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris dans les classes de Marcel Bluwal et Pierre Debauche.
Parallèlement, elle suit des cours d’opéra avec Bernadette Val.
Au théâtre
Elle participe régulièrement aux mises en scène de Daniel Mesguich depuis 1974 : Candide, Le prince travesti, Andromaque, Scédase ou l’hospitalité violée, Hamlet, Linceul, Remembrances d’amour, Le grand macabre, Le roi Lear, Platonov, La dévotion à la croix, Le désespoir tout blanc de Clarisse Nicoïdski, Médée d’Euripide, Electre de Sophocle, Rouen la 31ème nuit, Antoine et Cléopâtre, Le dibbouk, Le Prince de Hombourg.
Lulu, m.e.s. Claude Régy Comme tu me veux, m.e.s. Lieury Antigone, m.e.s. Georges Lafaye Margarita, m.e.s. Jean-Claude Penchenat Une des dernières soirées de carnaval, m.e.s. Jean-Claude Penchenat Visages connus, sentiments mêlés, m.e.s. Jos Ver Bist Agamemnon d’Eschyle, m.e.s. Xavier Maurel Des saisons en enfer, Rimbaud et Verlaine, m.e.s. Laurent Petit-Girard Tohu-bohu, m.e.s. William Mesguich La vie parisienne d’Offenbach
Parallèlement, Catherine Berriane mène une carrière de chanteuse et se produit dans de nombreux récitals.
Au cinéma
Catherine Berriane a joué notamment sous la direction de réalisateurs tels que Patrick Shulman, Annick Lanoé, Brian Gilbert et Jean-Pierre Mocky.
A la télévision
Elle a joué dans des téléfilms comme P.J., Le commissaire Moulin et Messieurs les jurés. En 2004, elle a également participé à un documentaire sous la direction de Nils Tavernier.
Au théâtre de l’Epée de Bois, LILI propose un témoignage poignant sur la différence et nous invite à changer de regard, à faire évoluer les mentalités …
Une adaptation du magnifique texte de Clarisse Nicoïdski intitulé « le désespoir tout blanc », sublimé par la mise en scène de Daniel Mesguich et la prestation bouleversante de Catherine Berriane.
Voici un lien vidéo avec des extraits de la pièce : youtube. Ils vous permettront de mieux appréhender la puissance de son propos, et vous convaincront de la plus value qu’elle aurait à être largement diffusée auprès du plus grand nombre.
Au sein de son association ( en second rang à gauche ) où elle ne manquait aucun rendez-vous tant elle avait ce besoin de rencontres, de chaleur humaine et …de rires ! God bless You Catherine Berriane !
Chère Catherine,
Je vais contrarier Verlaine pour la première fois…Les voix chères ne se taisent jamais et la vôtre est un chant d’amour pour toujours…
Que Dieu vous accueille au Gan Éden et vous rende votre maman.
Martine Amsili
Tristesse, tristesse…Ma chère Catherine, j’appréciais beaucoup ta façon si originale d’être au monde. Toutes mes condoléances à ta famille.
Au revoir Catherine.
Catherine, la grande, la merveilleuse, que nos rires, nos partages et nos souvenirs conjugués t’accompagnent. ♥️
Chère Catherine,
Je vais contrarier Verlaine pour la première fois…Les voix chères ne se taisent jamais et la vôtre est un chant d’amour pour toujours…
Que Dieu vous accueille au Gan Éden et vous rende votre maman.
Martine Amsili