Née en 1914, d’un père compositeur chef-d’orchestre et d’une mère harpiste, Gisèle Casadesus est prédisposée à développer ses talents artistiques. Très tôt, elle se destine à une carrière de comédienne et ses prestations remarquées lui valent de recevoir, à seulement 20 ans, le Premier Prix de Comédie au Conservatoire d'Art Dramatique de Paris. La jeune femme multiplie alors les représentations et incarne les plus grands personnages classiques dans des pièces de
Molière,
Marivaux,
Jean Anouilh ou encore d'
Eugène Ionesco, ce qui lui ouvre les portes de la Comédie Française dont elle devient Sociétaire (1939-1962). Très vite, l'actrice est courtisée par le cinéma et décroche son premier rôle aux côtés de
Jean Marais dans
L'aventurier (1934) de
Marcel L'Herbier.
Le septième art lui fait les yeux doux et Gisèle Casadesus se fait petit-à-petit un nom dans la profession.
Pierre Billon la dirige à deux reprises, dans
Vautrin (1943) tout d'abord, où elle a pour partenaire
Michel Simon, puis dans (1946), où elle donne la réplique à
Raimu. En 1948, elle fréquente de nouveau des partenaires prestigieux dont
Louis Jouvet, dans
Entre onze heures et minuit et
Louis De Funès dans
Du Guesclin.
La comédienne se consacre pendant un temps davantage à la télévision et au théâtre (et surtout à ses enfants), avant de revenir en 1974 dans
Le Mouton enragé de
Michel Deville, où elle côtoie
Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Cassel et
Romy Schneider. Elle interprète l'épouse de
Jean Gabin dans
Verdict (1974) d'
André Cayatte, et enfile le costume de la Marquise de Lapalmmes dans
Une Femme fidèle (1976) de
Roger Vadim, avant de jouer pour la première fois sous la direction de
Pascal Thomas dans Un oursin dans la poche (1977). Ce dernier la dirigera à nouveau dans
La Dilettante (1998) puis dans
Le Grand appartement (2006).
Très prolifique à la télévision, Gisèle Casadesus apparaît dans des séries à succès telles que
P.J., Docteur Sylvestre ou encore
Maigret, ainsi que dans de nombreux téléfilms. Souvent cantonnée aux rôles de mères ou de grand-mères au cinéma, elle a pour fils
Bernard Tapie dans Hommes, femmes : mode d'emploi (1996) de
Claude Lelouch, ou encore
André Dussollier dans
Aïe (2000). On la retrouve également en grand-mère lucide et sarcastique dans la comédie de
Valérie Lemercier :
Palais royal ! (2006) et en matriarche arménienne dans
Le Premier cercle de
Laurent Tuel, aux côtés de
Jean Reno.
Devant la caméra de
Jean Becker, Gisèle Casadesus campe Madame Mercier dans
Les Enfants du marais (1999) aux côtés de
Jacques Villeret, André Dussollier et
Michel Serrault. Près de dix ans plus tard, le cinéaste lui offre le rôle de Marguerite, une vieille dame très érudite qui fait découvrir la magie des livres à
Gérard Depardieu dans
La Tête en friche (2010) et tourne la même année dans
Elle s'appelait Sarah aux côtés de
Kristin Scott Thomas. Après un petit rôle dans
Ces amours-là de
Claude Lelouch, dans lequel elle reprend le personnage d'
Audrey Dana, Gisèle Casadesus porte
Sous le figuier, l'histoire émouvante d'une femme sur le point de mourir, mais qui redonne de l'espoir à
Anne Consigny et
Jonathan Zaccaï. À 100 ans, l'actrice avait tourné dans
Week-ends, avec
Karin Viard,
Noémie Lvovsky et
Jacques Gamblin.